Une rhinopharyngite de l'enfant guérit seule en moins de dix jours. La fièvre, modérée, ne dure pas plus de 3 jours, et le nez coule pendant deux à dix jours. Les antibiotiques sont inutiles, mais certains signes doivent faire consulter.
L'essentiel
- Les symptômes apparaissent 1 à 7 jours après la contamination et sont au plus fort en 2 à 3 jours.
- La fièvre reste modérée (moins de 39 °C) et ne dure pas plus de 3 jours.
- Le nez coule pendant deux à dix jours ; la toux peut durer jusqu'à 10 jours.
- Un nez qui devient jaune ou vert n'est pas le signe d'une infection bactérienne.
- Pas d'antibiotiques : la rhinopharyngite est due à un virus.
- Avant 3 mois, la rhinopharyngite est plus grave : un bébé de moins de 3 mois qui a de la fièvre doit être vu en urgence.
Combien de temps dure une rhinopharyngite chez l'enfant ?
La rhinopharyngite, ou rhume, est une infection virale du nez et du pharynx (l'arrière des fosses nasales). C'est la maladie infectieuse la plus fréquente chez l'enfant, surtout entre 5 mois et 8 ans, en automne et en hiver. Notre fiche rhinopharyngite décrit la maladie chez l'adulte.
Selon l'Assurance Maladie, chez l'enfant :
- incubation : 1 à 7 jours après la contamination ;
- début : une fièvre modérée, inférieure à 39 °C, avec le nez bouché, puis qui coule ;
- fièvre : pas plus de 3 jours. L'enfant reste tonique et actif ;
- nez qui coule : deux à dix jours ;
- toux : elle peut durer jusqu'à 10 jours. Elle provoque parfois des vomissements ;
- pic des symptômes : en 2 à 3 jours, puis ils diminuent ;
- guérison : spontanée, en moins de dix jours.
Un mal de gorge est souvent présent. Chez le petit enfant, il peut se traduire par des difficultés à manger. Les éternuements sont fréquents.
Le nez jaune ou vert, est-ce une surinfection ?
Non. Les sécrétions du nez sont d'abord claires et transparentes, puis deviennent épaisses, jaunes ou verdâtres. C'est l'évolution naturelle de la rhinopharyngite. Pour l'Assurance Maladie, la fièvre et un nez « purulent » ne sont pas synonymes d'infection bactérienne.
Les antibiotiques ne soignent pas les maladies dues à un virus. Ils sont donc inutiles contre la rhinopharyngite. Les donner sans raison rend les bactéries plus résistantes.
Pourquoi mon enfant enchaîne-t-il les rhumes ?
Chaque virus ne protège que peu de temps, et pas contre les autres virus. Un enfant peut donc attraper plusieurs rhinopharyngites au cours d'un même hiver. Le virus le plus souvent en cause est le rhinovirus ; d'autres virus peuvent la provoquer, comme le coronavirus, le virus respiratoire syncytial ou les virus de la grippe.
Le virus se transmet de personne à personne (postillons, baisers, mains) et par les objets touchés par la salive : jouets, couverts, linge de toilette. Il est normal qu'un enfant gardé en crèche soit malade plus souvent qu'un enfant gardé à la maison. Le tabagisme passif, la pollution, l'air sec ou une carence en fer favorisent aussi la rhinopharyngite.
Au-delà de 6 épisodes par an, on parle de rhinopharyngite récidivante. L'enfant semble avoir un « rhume perpétuel », un peu atténué l'été. Les végétations peuvent grossir, l'enfant respire par la bouche et peut mal dormir. Rassurant : un enfant souvent malade avant 3 ans le sera de moins en moins, puis encore plus rarement après 6 ans.
Comment soulager mon enfant ?
Le nez : chez l'enfant, on ne donne pas de médicament contre le rhume.
- utilisez des mouchoirs jetables et du sérum physiologique ou de l'eau de mer en dosettes à usage unique ;
- lavez-lui le nez s'il est trop petit pour se moucher ;
- n'utilisez pas trop souvent le mouche-bébé, qui peut irriter ;
- évitez le climatiseur, qui assèche l'air et le nez.
Les médicaments vasoconstricteurs, qui « débouchent le nez », sont contre-indiqués avant 15 ans. L'utilité des corticoïdes, en comprimés ou en spray nasal, n'est pas démontrée.
La toux : elle aide l'enfant à dégager ses voies respiratoires. La toux d'une rhinopharyngite ne nécessite pas de traitement. Humidifiez les pièces, proposez-lui souvent de l'eau et fractionnez ses repas pour qu'il ne se fatigue pas. Ne lui donnez ni antitussifs, ni fluidifiants bronchiques. Avant 2 ans, les médicaments contre la toux (antitussifs), les expectorants et les fluidifiants sont contre-indiqués. Les antitussifs à la codéine ne sont pas recommandés avant 12 ans.
La fièvre : pas d'inquiétude si elle reste entre 38 et 39 °C. Mettez l'enfant dans une pièce fraîche (entre 18 et 20 °C), ne le couvrez pas trop et faites-le boire souvent. Évitez le bain à 2 °C en dessous de sa température : il peut le faire frissonner.
Un médicament n'est pas toujours nécessaire sous 38,5 °C. Le paracétamol est le médicament de référence, en l'absence de contre-indication (allergie, maladie du foie), si :
- la fièvre dure plus de deux jours ou dépasse 38,5 °C ;
- l'enfant a moins de 3 mois ;
- il supporte mal la fièvre (irritable, mange moins, ne fait plus ses activités habituelles) ;
- il a mal à une oreille ;
- il a un problème de santé particulier.
La dose dépend du poids : 60 mg par kilo et par jour au maximum, en quatre ou six prises. Donnez la plus petite dose efficace, le moins longtemps possible.
Comment éviter de la transmettre ?
- lavez-vous les mains au savon en frottant 30 secondes, et lavez celles de votre enfant ;
- si vous êtes enrhumé, portez un masque jetable, surtout près d'un bébé ;
- évitez d'embrasser l'enfant sur le visage ;
- ne partagez ni biberons, ni sucettes, ni couverts ; nettoyez souvent jouets et peluches ;
- aérez régulièrement le logement et n'exposez pas l'enfant à la fumée de tabac ;
- avant 3 mois, évitez les lieux publics et l'entrée en crèche.
Quand consulter ?
Consultez en urgence si votre enfant :
- a moins de 3 mois et de la fièvre ;
- a une fièvre de 40 °C ou plus, quel que soit son âge ;
- a des difficultés à respirer ;
- somnole, répond mal quand vous le stimulez et ses pleurs sont faibles ;
- est très pâle ou a des taches violacées sur la peau ;
- a des maux de tête violents, des vomissements, des pleurs inexpliqués, même sans fièvre ;
- a des diarrhées importantes ou des vomissements qui risquent de le déshydrater.
Avant 3 mois, le bébé ne sait respirer que par le nez (jusqu'à 12 semaines). Le risque de détresse respiratoire et de pauses respiratoires (apnées) est plus grand. Une surveillance à l'hôpital peut être nécessaire.
Consultez votre médecin si la rhinopharyngite s'aggrave, ou si :
- la fièvre dépasse 38,5 °C plus de trois jours ;
- une fièvre apparaît après 3 jours de rhume ;
- la toux ou le nez qui coule ne s'améliorent pas après dix jours ;
- il a mal à une oreille, ou son oreille a coulé ;
- il a une conjonctivite purulente ou les paupières gonflées ;
- il a du mal à manger, vomit ou a la diarrhée ;
- il change de comportement et cela vous inquiète.
La rhinopharyngite peut en effet se compliquer d'une otite, d'une sinusite ou d'une conjonctivite, le plus souvent dues à une bactérie. Elle peut aussi précéder une autre maladie due au virus, comme une bronchiolite, une bronchite ou une laryngite. Le médecin examine alors le rhinopharynx et les oreilles de l'enfant, et recherche ces complications.