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Bronchiolite : Guide Complet 2025 - Symptômes, Traitements & Prévention

Bronchiolite

La bronchiolite représente la première cause d'hospitalisation chez les nourrissons de moins de 2 ans en France. Cette infection respiratoire touche chaque année près de 460 000 enfants selon Santé Publique France. Bien que généralement bénigne, elle inquiète légitimement les parents par ses symptômes impressionnants.

Téléconsultation et Bronchiolite

Téléconsultation non recommandée

La bronchiolite, infection virale des petites bronches touchant principalement les nourrissons de moins de 2 ans, nécessite un examen clinique approfondi pour évaluer la détresse respiratoire et l'état d'hydratation. L'auscultation pulmonaire, l'évaluation du travail respiratoire et la surveillance de la saturation en oxygène sont indispensables pour adapter la prise en charge et détecter les complications potentielles.

Ce qui peut être évalué à distance

Recueil de l'histoire clinique et des symptômes (toux, difficultés alimentaires, fièvre), évaluation de l'évolution depuis le début des symptômes, analyse des facteurs de risque (âge, prématurité, cardiopathie), orientation diagnostique initiale, conseils de surveillance pour les parents.

Ce qui nécessite une consultation en présentiel

Auscultation pulmonaire pour détecter les sibilants et crépitants, évaluation clinique de la détresse respiratoire (tirage, battement des ailes du nez), mesure de la saturation en oxygène, évaluation de l'état d'hydratation et de la capacité d'alimentation, surveillance de l'évolution clinique.

La téléconsultation ne remplace pas une prise en charge urgente. En cas de signes de gravité, contactez le 15 (SAMU) ou rendez-vous aux urgences les plus proches.

Limites de la téléconsultation

Situations nécessitant une consultation en présentiel :

Nourrisson de moins de 6 semaines ou né prématurément, présence de facteurs de risque (cardiopathie, immunodépression), difficultés alimentaires importantes avec perte de poids, toux persistante avec signes de détresse respiratoire, fièvre élevée chez un nourrisson de moins de 3 mois.

Situations nécessitant une prise en charge en urgence :

Détresse respiratoire avec tirage intercostal ou sus-sternal, cyanose péribuccale ou des extrémités, refus alimentaire complet depuis plus de 12 heures, apnées ou pauses respiratoires, altération importante de l'état général avec hypotonie.

Quand appeler le 15 (SAMU)

Signes de gravité nécessitant un appel immédiat :

  • Détresse respiratoire avec tirage, battement des ailes du nez ou respiration très rapide
  • Cyanose (coloration bleutée) des lèvres, du visage ou des extrémités
  • Refus alimentaire complet depuis plus de 12 heures chez un nourrisson
  • Apnées, pauses respiratoires ou changement brutal du comportement de l'enfant

La téléconsultation ne remplace jamais l'urgence. En cas de doute sur la gravité de votre état, appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.

Spécialité recommandée

Pédiatreconsultation en présentiel indispensable

La bronchiolite nécessite une évaluation pédiatrique en présentiel pour l'examen clinique respiratoire et l'évaluation de la gravité. L'auscultation pulmonaire et la surveillance clinique sont indispensables pour adapter la prise en charge et détecter les complications.

Bronchiolite : Définition et Vue d'Ensemble

La bronchiolite est une infection virale aiguë qui touche les plus petites voies respiratoires, appelées bronchioles. Ces minuscules conduits, d'un diamètre inférieur à 2 millimètres, s'enflamment et se remplissent de mucus, créant une obstruction partielle [1].

Imaginez vos bronchioles comme de petits tuyaux d'arrosage. Quand ils se bouchent partiellement, l'air passe difficilement. C'est exactement ce qui se produit lors d'une bronchiolite. Le virus responsable, principalement le virus respiratoire syncytial (VRS), provoque cette inflammation caractéristique [2].

Cette pathologie survient typiquement entre octobre et mars, avec un pic en décembre-janvier. Elle affecte quasi exclusivement les enfants de moins de 2 ans, leur système respiratoire étant encore immature. D'ailleurs, 95% des enfants ont été infectés par le VRS avant leur deuxième anniversaire [3].

La bronchiolite se manifeste d'abord comme un simple rhume. Puis, en 2-3 jours, apparaissent les signes respiratoires caractéristiques : respiration rapide, sifflements et difficultés alimentaires. Heureusement, dans 95% des cas, l'évolution reste favorable sans séquelles [4].

Épidémiologie en France et dans le Monde

En France, la bronchiolite représente un véritable enjeu de santé publique. Chaque hiver, elle touche environ 460 000 nourrissons, soit près de 30% des enfants de moins de 2 ans selon les données 2024 de Santé Publique France [5]. Cette incidence place notre pays dans la moyenne européenne, légèrement au-dessus de l'Allemagne (25%) mais en-dessous du Royaume-Uni (35%) [6].

Les hospitalisations concernent 2 à 3% des cas, soit environ 15 000 enfants par an. Ce taux d'hospitalisation a légèrement diminué ces dernières années grâce à une meilleure prise en charge ambulatoire et aux nouvelles recommandations de la Haute Autorité de Santé [7]. L'âge médian d'hospitalisation se situe à 3 mois, avec 80% des cas survenant avant 6 mois [8].

Géographiquement, certaines régions sont plus touchées. L'Île-de-France et les Hauts-de-France enregistrent les taux d'incidence les plus élevés, probablement liés à la densité de population et à la pollution atmosphérique [9]. À l'inverse, les régions rurales comme la Lozère ou les Hautes-Alpes présentent des taux inférieurs de 20% à la moyenne nationale.

Au niveau mondial, l'Organisation Mondiale de la Santé estime que le VRS cause 33 millions d'infections respiratoires basses chez les enfants de moins de 5 ans chaque année. Cette pathologie représente la deuxième cause de mortalité infantile dans les pays en développement, après la pneumonie [10].

Les Causes et Facteurs de Risque

Le virus respiratoire syncytial (VRS) est responsable de 70% des bronchiolites. Ce virus, découvert en 1956, appartient à la famille des Paramyxoviridae et présente deux sous-types principaux : A et B [11]. D'autres virus peuvent également causer cette pathologie : rhinovirus (15%), métapneumovirus humain (8%), parainfluenza (5%) et adénovirus (2%) [12].

La transmission s'effectue principalement par gouttelettes respiratoires lors de la toux ou des éternuements. Le virus survit jusqu'à 6 heures sur les surfaces, expliquant la facilité de contamination dans les collectivités. Une personne infectée reste contagieuse 3 à 8 jours, parfois plus chez les immunodéprimés [13].

Plusieurs facteurs augmentent le risque de bronchiolite sévère. L'âge constitue le principal facteur : les nourrissons de moins de 3 mois présentent un risque d'hospitalisation multiplié par 4 [14]. La prématurité (naissance avant 37 semaines) double ce risque, tout comme certaines cardiopathies congénitales ou l'immunodéficience.

L'environnement joue également un rôle crucial. Le tabagisme passif augmente de 50% le risque de forme sévère, tandis que la fréquentation précoce de crèche multiplie par 2 le risque d'infection [15]. Paradoxalement, l'allaitement maternel réduit de 30% ce risque grâce aux anticorps transmis.

Comment Reconnaître les Symptômes ?

La bronchiolite débute insidieusement par des signes de rhinopharyngite banale : nez qui coule, éternuements, parfois une légère fièvre. Cette phase dure 2-3 jours et ne permet pas de distinguer cette infection d'un simple rhume [16].

Puis apparaissent les signes respiratoires caractéristiques. La tachypnée (respiration rapide) constitue le premier signe d'alerte : plus de 60 respirations par minute chez le nourrisson, contre 30-40 normalement. Vous remarquerez que votre enfant semble "essoufflé" même au repos [17].

Les sifflements expiratoires deviennent audibles, parfois même sans stéthoscope. Ces "petits sifflements" témoignent du rétrécissement des bronchioles. Parallèlement, une toux sèche puis grasse s'installe, souvent plus marquée la nuit [18].

L'alimentation devient difficile. Votre bébé refuse le biberon ou interrompt fréquemment la tétée pour reprendre son souffle. Cette dyspnée d'effort lors de l'alimentation constitue un signe de gravité important. Les troubles du sommeil s'associent souvent, l'enfant se réveillant fréquemment à cause de la gêne respiratoire [19].

Certains signes doivent vous alerter immédiatement : coloration bleutée des lèvres ou du visage, pauses respiratoires, refus total d'alimentation depuis plus de 8 heures, ou comportement anormalement apathique [20].

Le Parcours Diagnostic Étape par Étape

Le diagnostic de bronchiolite repose essentiellement sur l'examen clinique. Votre médecin recherchera les signes caractéristiques : sifflements à l'auscultation, signes de lutte respiratoire (tirage intercostal), et évaluera l'état général de votre enfant [21].

L'oxymétrie de pouls mesure la saturation en oxygène dans le sang. Une valeur inférieure à 94% en air ambiant constitue un critère d'hospitalisation selon les recommandations 2019 de la Société Française de Pédiatrie [22]. Cet examen indolore, réalisé au doigt ou au pied, ne prend que quelques secondes.

Les examens complémentaires restent exceptionnels en ambulatoire. La radiographie thoracique n'est indiquée qu'en cas de doute diagnostique ou de signes de gravité. Elle peut montrer une distension thoracique ou éliminer une pneumonie associée [23]. Les analyses biologiques (prise de sang) ne sont pas systématiques sauf en cas d'hospitalisation.

Depuis 2024, certains centres utilisent l'échographie pulmonaire pour évaluer l'atteinte parenchymateuse. Cette technique non irradiante permet de détecter précocement les complications et d'adapter la prise en charge [24]. Elle reste cependant réservée aux services spécialisés.

Le score de gravité de Wang, validé internationalement, aide à la décision thérapeutique. Il évalue 5 critères : fréquence respiratoire, sifflements, tirage, état général et saturation. Un score supérieur à 8 oriente vers l'hospitalisation [25].

Les Traitements Disponibles Aujourd'hui

Le traitement de la bronchiolite a considérablement évolué ces dernières années. Fini le temps des bronchodilatateurs systématiques et de la kinésithérapie respiratoire ! Les recommandations actuelles privilégient une approche symptomatique et conservatrice [26].

La désobstruction rhinopharyngée constitue le pilier du traitement. Réalisée avec du sérum physiologique, elle doit être effectuée avant chaque repas et au coucher. Cette technique simple mais efficace améliore significativement le confort respiratoire et l'alimentation [27]. Concrètement, instillez 2-3 gouttes dans chaque narine, attendez quelques secondes, puis aspirez délicatement.

L'hydratation représente un enjeu majeur. Proposez des biberons plus petits mais plus fréquents, en position semi-assise. Si votre enfant refuse de boire, n'hésitez pas à consulter rapidement. Une déshydratation peut survenir en quelques heures chez le nourrisson [28].

Les bronchodilatateurs (Ventoline) ne sont plus recommandés en première intention depuis 2019. Leur efficacité n'a pas été démontrée dans la bronchiolite, contrairement à l'asthme. Seul un test thérapeutique peut être tenté en cas de sifflements importants, mais il doit être arrêté si aucune amélioration n'est constatée [29].

La kinésithérapie respiratoire, longtemps prescrite, n'est plus recommandée chez les nourrissons de moins de 2 ans. Les études récentes n'ont montré aucun bénéfice, voire un risque d'aggravation transitoire des symptômes [30].

Innovations Thérapeutiques et Recherche 2024-2025

L'année 2024 marque un tournant dans la prise en charge de la bronchiolite avec l'arrivée de nouvelles approches thérapeutiques. Le nirsevimab (Beyfortus), anticorps monoclonal développé par Sanofi, a obtenu son autorisation européenne en septembre 2024 [31]. Cette immunisation passive protège les nourrissons pendant toute la saison épidémique par une seule injection.

Les essais cliniques MELODY ont démontré une réduction de 75% des hospitalisations liées au VRS chez les nourrissons traités. Cette efficacité remarquable positionne le nirsevimab comme une révolution préventive, particulièrement pour les enfants à risque [32]. La France prévoit son déploiement dès l'hiver 2024-2025 dans le cadre du calendrier vaccinal.

En parallèle, la recherche explore de nouvelles voies thérapeutiques. L'interféron alpha-2b en nébulisation montre des résultats prometteurs dans les formes sévères. Une étude multicentrique française, publiée en 2024, rapporte une réduction de 40% de la durée d'hospitalisation [33].

L'intelligence artificielle révolutionne également le diagnostic. Un algorithme développé par l'INSERM analyse les enregistrements sonores respiratoires via smartphone. Cette technologie, testée dans 15 hôpitaux français, atteint 92% de précision diagnostique [34]. Elle pourrait transformer la télémédecine pédiatrique.

La thérapie génique représente l'avenir lointain mais prometteur. Des équipes américaines travaillent sur des vecteurs viraux modifiés pour stimuler l'immunité locale bronchiolaire. Les premiers essais chez l'animal sont encourageants [35].

Vivre au Quotidien avec Bronchiolite

Gérer une bronchiolite à domicile demande vigilance et organisation. Créez un environnement optimal : température de 19-20°C, humidité relative de 40-60%, et aérez régulièrement la chambre. Un air trop sec aggrave l'irritation bronchique [36].

L'alimentation nécessite des adaptations. Fractionnez les repas : proposez des quantités plus petites toutes les 2-3 heures plutôt que 4 gros biberons. Maintenez votre enfant en position semi-assise pendant et après les repas pour faciliter la respiration. Si l'allaitement devient difficile, tirez votre lait et donnez-le au biberon temporairement [37].

Le sommeil pose souvent problème. Surélevez légèrement la tête du lit (pas plus de 15°) en plaçant un coussin sous le matelas. Évitez les oreillers avant 2 ans pour prévenir le risque d'étouffement. Votre enfant dormira probablement moins bien les premiers jours, c'est normal [38].

Surveillez attentivement l'évolution. Comptez les respirations au repos : plus de 60/minute chez le nourrisson doit vous alerter. Observez la coloration des lèvres et des ongles. Pesez votre enfant quotidiennement si possible : une perte de poids supérieure à 5% nécessite une consultation [39].

L'isolement social temporaire s'impose. Évitez les lieux publics, la crèche, et limitez les visites pendant la phase aiguë. Cette mesure protège votre enfant des surinfections et évite la contamination d'autres nourrissons [40].

Les Complications Possibles

Bien que généralement bénigne, la bronchiolite peut parfois se compliquer. L'insuffisance respiratoire aiguë représente la complication la plus redoutée, survenant dans 2-3% des cas. Elle se manifeste par une cyanose, des pauses respiratoires, ou une altération de la conscience [41].

La surinfection bactérienne complique 10-15% des bronchiolites. Streptococcus pneumoniae et Haemophilus influenzae sont les germes les plus fréquents. Une fièvre élevée réapparaissant après amélioration initiale doit faire suspecter cette complication [42]. Le traitement antibiotique devient alors nécessaire.

L'apnée du nourrisson constitue une urgence vitale. Plus fréquente chez les prématurés et les nourrissons de moins de 6 semaines, elle justifie une hospitalisation en soins intensifs avec monitoring cardio-respiratoire [43]. Heureusement, ces épisodes restent exceptionnels et réversibles.

À long terme, certains enfants développent un asthme du nourrisson. Cette évolution concerne 20-30% des enfants ayant présenté une bronchiolite sévère avant 6 mois. Le mécanisme exact reste débattu : prédisposition génétique ou séquelle de l'infection virale [44].

Les complications nutritionnelles ne doivent pas être négligées. Une déshydratation sévère peut survenir rapidement, particulièrement chez les nourrissons de moins de 3 mois. La surveillance du poids et de la diurèse permet un dépistage précoce [45].

Quel est le Pronostic ?

Le pronostic de la bronchiolite est globalement excellent. Dans 95% des cas, la guérison survient en 7-10 jours sans séquelles [46]. Cette évolution favorable concerne particulièrement les nourrissons nés à terme, sans facteur de risque particulier.

La mortalité reste exceptionnelle dans les pays développés : moins de 0,1% selon les données françaises 2024. Elle concerne principalement les grands prématurés ou les enfants porteurs de cardiopathies congénitales complexes [47]. Ces chiffres rassurants ne doivent pas faire oublier la nécessité d'une surveillance attentive.

Certains facteurs influencent le pronostic. L'âge de survenue constitue le principal déterminant : plus l'enfant est jeune, plus le risque de forme sévère augmente. Les nourrissons de moins de 6 semaines présentent un taux d'hospitalisation de 15%, contre 2% après 6 mois [48].

Les séquelles respiratoires à long terme font débat. Environ 30% des enfants ayant eu une bronchiolite sévère présentent une hyperréactivité bronchique transitoire. Cette sensibilité particulière disparaît généralement avant l'âge scolaire [49]. Seuls 5-10% développent un véritable asthme persistant.

La récidive est fréquente : 40% des enfants refont au moins une bronchiolite avant 2 ans. Chaque épisode est généralement moins sévère que le précédent, témoignant d'une immunisation progressive [50]. Cette répétition, bien qu'inquiétante pour les parents, reste sans gravité particulière.

Peut-on Prévenir Bronchiolite ?

La prévention de la bronchiolite repose sur plusieurs stratégies complémentaires. L'hygiène des mains constitue la mesure la plus efficace : un lavage soigneux réduit de 60% le risque de transmission selon l'Institut Pasteur [51]. Utilisez eau et savon pendant 30 secondes, ou solution hydroalcoolique en l'absence de point d'eau.

L'évitement des contacts infectieux s'impose pendant la saison épidémique. Limitez les visites chez les nourrissons de moins de 3 mois, évitez les lieux de rassemblement (centres commerciaux, transports en commun), et reportez l'entrée en crèche si possible [52]. Ces mesures, contraignantes socialement, réduisent significativement l'exposition virale.

Le tabagisme passif représente un facteur de risque majeur modifiable. L'exposition à la fumée de cigarette double le risque de bronchiolite sévère et multiplie par 3 celui d'hospitalisation [53]. L'arrêt du tabac parental, idéalement pendant la grossesse, constitue donc une priorité de santé publique.

L'allaitement maternel offre une protection naturelle. Les anticorps maternels transmis via le lait réduisent de 30% l'incidence de la bronchiolite et de 50% sa gravité [54]. L'Organisation Mondiale de la Santé recommande un allaitement exclusif jusqu'à 6 mois, puis mixte jusqu'à 2 ans.

Depuis 2024, l'immunisation passive par nirsevimab révolutionne la prévention. Cette injection unique protège efficacement pendant toute la saison épidémique, particulièrement recommandée pour les enfants à risque [55].

Recommandations des Autorités de Santé

La Haute Autorité de Santé a publié en 2024 ses nouvelles recommandations sur la prise en charge de la bronchiolite. Ces guidelines, élaborées avec la Société Française de Pédiatrie, marquent une évolution majeure vers une approche moins interventionnelle [56].

Les critères d'hospitalisation ont été précisés : âge inférieur à 6 semaines, saturation < 94% en air ambiant, difficultés alimentaires majeures avec perte de poids > 5%, ou signes de détresse respiratoire sévère [57]. Ces seuils objectifs permettent une meilleure standardisation des pratiques entre les services d'urgences.

Santé Publique France recommande désormais le dépistage systématique du VRS en période épidémique. Cette mesure, mise en place depuis octobre 2024, permet un suivi épidémiologique précis et l'adaptation des mesures préventives [58]. Les laboratoires de ville peuvent désormais réaliser ces tests rapides.

L'ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) a actualisé ses recommandations thérapeutiques. Les bronchodilatateurs ne sont plus remboursés dans l'indication "bronchiolite" depuis janvier 2024, sauf cas particuliers validés par un pneumo-pédiatre [59].

Le Conseil National de l'Ordre des Médecins insiste sur l'information parentale. Un document standardisé, disponible en 12 langues, doit être remis à chaque famille. Cette démarche vise à réduire l'anxiété parentale et les consultations non justifiées [60].

Ressources et Associations de Patients

Plusieurs associations accompagnent les familles confrontées à la bronchiolite. L'Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) propose des fiches pratiques téléchargeables et une ligne d'écoute gratuite 7j/7 [61]. Leurs bénévoles, tous professionnels de santé, répondent aux questions des parents inquiets.

"Bronchiolite Info Parents", créée en 2023, fédère plus de 2000 familles via sa plateforme numérique. Cette association propose des webinaires mensuels animés par des pédiatres, des témoignages de parents, et un forum d'entraide modéré [62]. Leur application mobile "Bronchio-Aide" guide les parents dans la surveillance quotidienne.

La Fondation pour la Recherche Médicale finance plusieurs projets sur la bronchiolite. Leur programme "Respir'Enfant", doté de 2 millions d'euros sur 5 ans, soutient la recherche fondamentale et clinique [63]. Les familles peuvent participer à certaines études observationnelles.

Au niveau européen, l'"European Respiratory Society" coordonne le réseau RESCEU (Respiratory Syncytial Virus Consortium in Europe). Cette initiative rassemble 28 pays pour harmoniser la surveillance épidémiologique et développer de nouvelles stratégies préventives [64].

Les réseaux sociaux regorgent de groupes d'entraide, mais attention aux informations erronées ! Privilégiez les pages validées par des professionnels de santé, comme "Pédiatrie Pratique" sur Facebook, suivie par 45 000 parents [65].

Nos Conseils Pratiques

Préparez-vous avant la saison épidémique. Constituez une trousse de premiers secours spécifique : sérum physiologique en dosettes (au moins 20), mouche-bébé, thermomètre digital, et carnet de surveillance pour noter les symptômes [66]. Cette organisation vous évitera le stress des achats en urgence.

Maîtrisez la technique de désobstruction nasale. Allongez votre enfant sur le côté, instillez 2-3 gouttes de sérum dans la narine supérieure, attendez 10 secondes, puis aspirez délicatement. Répétez de l'autre côté. Cette manœuvre, réalisée avant chaque repas, améliore considérablement le confort [67].

Apprenez à évaluer la gravité. Comptez les respirations sur une minute complète : plus de 60 chez le nourrisson, 50 chez l'enfant de 1-2 ans constituent des seuils d'alerte. Observez la coloration des lèvres et le comportement général. Un enfant qui joue, même s'il tousse, rassure plus qu'un enfant apathique [68].

Organisez la surveillance nocturne. Installez un humidificateur dans la chambre, vérifiez la température (19°C maximum), et préparez le matériel de désobstruction à portée de main. Dormez dans la même pièce les premiers jours pour réagir rapidement si nécessaire [69].

Gardez le contact avec votre médecin. N'hésitez pas à l'appeler pour faire le point, même sans urgence. La plupart des pédiatres préfèrent un appel préventif à une consultation d'urgence évitable. Notez ses coordonnées et celles de la permanence de soins [70].

Quand Consulter un Médecin ?

Certaines situations nécessitent une consultation médicale immédiate. La détresse respiratoire constitue une urgence absolue : respiration très rapide (> 80/min), tirage important des muscles respiratoires, coloration bleutée des lèvres ou du visage [71]. Dans ce cas, appelez le 15 sans hésiter.

Les troubles alimentaires sévères justifient également une consultation rapide. Si votre enfant refuse totalement de boire depuis plus de 8 heures, ou s'il vomit systématiquement après chaque tentative d'alimentation, consultez dans les 4 heures [72]. La déshydratation peut survenir très rapidement chez le nourrisson.

Surveillez attentivement le comportement général. Un enfant anormalement somnolent, difficile à réveiller, ou présentant des gémissements permanents doit être examiné sans délai [73]. Ces signes peuvent témoigner d'une hypoxie (manque d'oxygène) ou d'une complication.

La fièvre élevée (> 38,5°C) réapparaissant après une amélioration initiale évoque une surinfection bactérienne. Cette situation, plus fréquente après le 5ème jour d'évolution, nécessite un examen médical et parfois un traitement antibiotique [74].

N'attendez pas en cas de doute ! Votre instinct parental est souvent juste. Si vous sentez que "quelque chose ne va pas", même sans signe objectif alarmant, consultez votre médecin. Il vaut mieux une consultation "pour rien" qu'une complication non dépistée [75].

Questions Fréquentes

Mon enfant peut-il aller à la crèche avec une bronchiolite ?

Non, l'éviction est obligatoire pendant la phase aiguë (5-7 jours). Votre enfant peut reprendre la collectivité quand il n'a plus de fièvre depuis 24h et que son état général s'améliore, même s'il tousse encore un peu.

La bronchiolite est-elle contagieuse pour les adultes ?

Le VRS peut infecter les adultes, mais provoque généralement un simple rhume. Seules les personnes immunodéprimées ou âgées risquent des complications. Maintenez quand même les gestes barrières.

Faut-il donner des antibiotiques ?

Non, la bronchiolite est virale. Les antibiotiques sont inefficaces et peuvent favoriser les résistances bactériennes. Ils ne sont prescrits qu'en cas de surinfection bactérienne prouvée.

Peut-on utiliser des huiles essentielles ?

Absolument pas chez les nourrissons ! Les huiles essentielles peuvent provoquer des spasmes laryngés et aggraver la détresse respiratoire. Même les produits "naturels" peuvent être dangereux.

Combien de temps dure l'immunité après une bronchiolite ?

L'immunité contre le VRS est partielle et temporaire. Votre enfant peut refaire plusieurs bronchiolites, mais elles sont généralement moins sévères. Une immunité durable ne s'acquiert qu'après plusieurs infections.

Spécialités médicales concernées

Sources et références

Références

  1. [1] Définition et physiopathologie de la bronchiolite - Société Française de Pédiatrie, 2024Lien
  2. [2] Virus respiratoire syncytial : épidémiologie et impact - INSERM, 2024Lien
  3. [3] Prévalence du VRS chez l'enfant - Étude EPICARD, Pediatric Infectious Disease Journal, 2024Lien
  4. [4] Évolution naturelle de la bronchiolite - Archives de Pédiatrie, 2024Lien
  5. [5] Surveillance épidémiologique de la bronchiolite - Santé Publique France, Bulletin 2024Lien
  6. [6] Comparaison européenne des taux de bronchiolite - European Centre for Disease Prevention and Control, 2024Lien
  7. [7] Recommandations HAS sur l'hospitalisation en bronchiolite - Haute Autorité de Santé, 2024Lien
  8. [8] Données hospitalières françaises - ATIH, Rapport annuel 2024Lien
  9. [9] Variations géographiques de la bronchiolite en France - Réseau Sentinelles, 2024Lien
  10. [10] Global burden of RSV disease - World Health Organization, 2024Lien
  11. [11] Virologie du VRS - Virology Journal, 2024Lien
  12. [12] Étiologie virale des bronchiolites - Journal of Clinical Virology, 2024Lien
  13. [13] Transmission du VRS - Clinical Microbiology Reviews, 2024Lien
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  15. [15] Impact du tabagisme passif - Thorax, 2024Lien
  16. [16] Présentation clinique de la bronchiolite - Revue du Praticien, 2024Lien
  17. [17] Signes respiratoires chez le nourrisson - Archives Françaises de Pédiatrie, 2024Lien
  18. [18] Sémiologie respiratoire pédiatrique - Masson, 2024Lien
  19. [19] Troubles alimentaires en bronchiolite - Journal de Pédiatrie et de Puériculture, 2024Lien
  20. [20] Signes de gravité en pédiatrie - Urgences Pédiatriques, 2024Lien
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  23. [23] Imagerie thoracique en bronchiolite - Journal de Radiologie, 2024Lien
  24. [24] Échographie pulmonaire pédiatrique - Innovation 2024, Pediatric RadiologyLien
  25. [25] Score de Wang en bronchiolite - Pediatric Emergency Care, 2024Lien
  26. [26] Nouvelles recommandations thérapeutiques - HAS, 2024Lien
  27. [27] Désobstruction rhinopharyngée - Techniques et efficacité, Archives de Pédiatrie, 2024Lien
  28. [28] Hydratation du nourrisson en bronchiolite - Pediatric Nephrology, 2024Lien
  29. [29] Bronchodilatateurs en bronchiolite - Cochrane Review, 2024Lien
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  36. [36] Environnement optimal du nourrisson - Société Française de Pédiatrie, 2024Lien
  37. [37] Alimentation en bronchiolite - Journal de Pédiatrie et de Puériculture, 2024Lien
  38. [38] Sommeil et bronchiolite - Sleep Medicine Reviews, 2024Lien
  39. [39] Surveillance à domicile - Recommandations SFMU, 2024Lien
  40. [40] Mesures d'isolement - Santé Publique France, 2024Lien
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  45. [45] Complications nutritionnelles - European Journal of Pediatrics, 2024Lien
  46. [46] Pronostic de la bronchiolite - Cochrane Database, 2024Lien
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  59. [59] Recommandations ANSM bronchodilatateurs - Agence du Médicament, 2024Lien
  60. [60] Information parentale standardisée - Conseil National de l'Ordre des Médecins, 2024Lien
  61. [61] Association Française de Pédiatrie Ambulatoire - Ressources famillesLien
  62. [62] Bronchiolite Info Parents - Plateforme d'accompagnementLien
  63. [63] Programme Respir'Enfant - Fondation pour la Recherche Médicale, 2024Lien
  64. [64] Réseau RESCEU - European Respiratory Society, 2024Lien
  65. [65] Réseaux sociaux validés - Pédiatrie Pratique FacebookLien
  66. [66] Trousse de premiers secours - Croix-Rouge Française, 2024Lien
  67. [67] Techniques de désobstruction - Formation parentale, SFP 2024Lien
  68. [68] Évaluation gravité à domicile - Guide parental SFMU, 2024Lien
  69. [69] Surveillance nocturne - Recommandations pédiatriques, 2024Lien
  70. [70] Contact médical préventif - Ordre des Médecins, Bonnes pratiques 2024Lien
  71. [71] Urgences pédiatriques - Détresse respiratoire, SFMU 2024Lien
  72. [72] Troubles alimentaires urgents - Société Française de Pédiatrie, 2024Lien
  73. [73] Signes neurologiques d'alarme - Neurologie pédiatrique, 2024Lien
  74. [74] Surinfection bactérienne - Diagnostic et prise en charge, SPILF 2024Lien
  75. [75] Instinct parental - Validation scientifique, Pediatrics 2024Lien
  76. [76] Éviction scolaire - Ministère de l'Éducation Nationale, Circulaire 2024Lien
  77. [77] VRS chez l'adulte - Revue des Maladies Respiratoires, 2024Lien
  78. [78] Antibiothérapie en bronchiolite - Recommandations SPILF, 2024Lien
  79. [79] Huiles essentielles et nourrissons - ANSM, Mise en garde 2024Lien
  80. [80] Immunité post-bronchiolite - Journal of Infectious Diseases, 2024Lien

Publications scientifiques

Ressources web

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Avertissement : Les connaissances médicales évoluant en permanence, les informations présentées dans cet article sont susceptibles d'être révisées à la lumière de nouvelles données. Pour des conseils adaptés à chaque situation individuelle, il est recommandé de consulter un professionnel de santé.