Variole : maladie éradiquée, symptômes historiques et principes de prise en charge

La variole est une maladie infectieuse extrêmement contagieuse provoquée par le virus variolique, un orthopoxvirus qui n’a pour hôte naturel que l’être humain. [2] [3] Aucun cas n’a été signalé dans le monde depuis 1977 et l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré la maladie éradiquée en 1980. [2] [3] Les connaissances sur ses symptômes et sa prise en charge décrivent donc principalement une maladie historique et les mesures qui seraient nécessaires en cas de réapparition. [2]
Ne pas confondre la variole, la mpox et la varicelle
La variole proprement dite est causée par le virus variolique, tandis que la mpox est provoquée par le virus Monkeypox. [2] [1] La mpox, autrefois appelée variole du singe, est une maladie distincte qui continue de circuler et qui peut notamment se transmettre entre personnes par contact avec des lésions cutanées ou muqueuses. [1] La mpox et la variole appartiennent au groupe des orthopoxvirus, mais elles ne sont pas apparentées à la varicelle, qui est causée par le virus varicelle-zona. [4] Une éruption ressemblant à celle décrite pour la variole ne permet donc pas, à elle seule, d’identifier la maladie en cause. [3] [4]
Comment la variole se transmettait-elle ?
La transmission de la variole était exclusivement interhumaine. [2] [3] Elle se produisait principalement par inhalation de gouttelettes respiratoires provenant d’une personne infectée, généralement au cours de contacts rapprochés. [2] [3] Le contact avec des vêtements ou de la literie contaminés pouvait également transmettre l’infection, mais moins efficacement que la voie respiratoire. [2] [3] La contagiosité commençait après l’apparition de l’éruption et était maximale pendant ses sept à dix premiers jours. [2] [3] Elle diminuait ensuite à mesure que les lésions formaient des croûtes. [3]
Quels étaient les symptômes de la variole ?
Dans la forme majeure, les symptômes débutaient généralement entre sept et dix-sept jours après l’infection. [2] [3] La première phase associait pendant deux à trois jours une fièvre, des maux de tête, des douleurs lombaires, une fatigue intense et un profond malaise. [2] [3] Des douleurs abdominales sévères, des vomissements ou un délire pouvaient également survenir. [2] [3]
L’éruption commençait habituellement dans la bouche et sur le visage, puis s’étendait au tronc, aux jambes, aux mains et aux pieds. [2] [3] Les lésions débutaient sous forme de taches aplaties, devenaient des vésicules puis des pustules remplies de pus, avant de former des croûtes. [2] [3] Elles étaient généralement plus nombreuses sur le visage et les extrémités que sur le tronc et pouvaient toucher les paumes des mains. [2] [3] Contrairement aux lésions de la varicelle, celles de la variole se trouvaient au même stade de développement sur une même partie du corps. [3] Des cicatrices profondes et parfois défigurantes pouvaient persister après la guérison. [2] [3]
Formes graves, complications et évolution
La variole majeure était la forme la plus fréquente et la plus préoccupante, avec une létalité historique d’environ 30 %. [2] [3] Les décès survenaient habituellement pendant la deuxième semaine, notamment à la suite d’un choc et d’une défaillance de plusieurs organes. [2] [3] Une forme hémorragique rare provoquait des saignements de la peau, des muqueuses et du tube digestif et était presque toujours mortelle. [2] [3] Une autre variante grave, dite maligne ou plate, produisait des lésions confluentes, plates et non pustuleuses. [3] La variole pouvait aussi se compliquer d’atteintes pulmonaires, cérébrales ou osseuses et de surinfections bactériennes. [2] [3]
La variole mineure provoquait des symptômes comparables, mais moins intenses, avec une éruption moins étendue. [2] [3] Sa létalité historique était inférieure à 1 %, très en dessous de celle de la variole majeure. [2] [3]
Comment le diagnostic était-il confirmé ?
L’aspect de l’éruption pouvait faire évoquer la variole, en particulier dans un contexte d’exposition documentée ou d’épidémie, mais il ne suffisait pas à confirmer le diagnostic. [2] [3] La confirmation reposait principalement sur la recherche de l’ADN du virus par PCR dans un prélèvement provenant d’une vésicule ou d’une pustule. [2] [3] Une microscopie électronique ou une culture virale pouvait compléter l’analyse, dans des conditions de laboratoire hautement sécurisées. [2] [3] En dehors d’une exposition documentée ou d’une suspicion d’épidémie, les tests devaient être réservés aux situations répondant à une définition clinique précise afin de limiter les résultats faussement positifs. [3]
Principes de traitement et de contrôle
Le traitement décrit pour la variole est principalement un traitement de soutien destiné à maintenir les fonctions vitales et à soulager les symptômes. [2] [3] Il peut comprendre l’administration de solutés, une assistance respiratoire et des mesures destinées à maintenir la pression artérielle. [2] Des antibiotiques peuvent être utilisés lorsqu’une surinfection bactérienne est présente, mais ils ne traitent pas le virus lui-même. [3] Certains antiviraux sont considérés comme des options potentielles, mais leur efficacité contre la variole chez l’être humain demeure inconnue puisque la maladie était déjà éradiquée au moment de leur développement. [2] [3]
L’isolement des personnes atteintes constitue une mesure fondamentale pour interrompre la transmission en cas de réapparition. [2] [3] Les personnes exposées ne transmettent pas l’infection tant qu’elles ne sont pas elles-mêmes infectées et qu’elles n’ont pas développé d’éruption, mais elles doivent faire l’objet d’une surveillance étroite dans un dispositif organisé. [2]
Vaccination et éradication
La vaccination mondiale a permis d’interrompre durablement la transmission de la variole. [2] [3] Après l’éradication, l’Organisation mondiale de la Santé a recommandé l’arrêt de la vaccination antivariolique systématique. [2] [3] La vaccination préventive est désormais décrite comme sélective en raison des risques associés à certains vaccins vivants réplicatifs. [3] Ces vaccins peuvent notamment provoquer des complications graves chez les personnes immunodéprimées ou atteintes d’eczéma et sont également déconseillés dans plusieurs autres situations, dont la grossesse. [2] [3] Le choix d’un vaccin et l’évaluation de ses contre-indications dépendent donc du produit concerné et du contexte d’exposition. [2] [3]
Sources et références
[1] Variole B (Mpox) | Santé publique France
Santé publique France · Consulté le 2026-09-12
[2] Variole - Infections - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Variole - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[4] Mpox (Variole du singe) - Infections - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
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