Fièvre de la Vallée du Rift : transmission, symptômes, diagnostic et prévention

La fièvre de la Vallée du Rift, ou FVR, est une maladie virale qui touche principalement les animaux mais peut aussi infecter l’être humain. [1] Il s’agit d’une zoonose, c’est-à-dire d’une infection pouvant passer de l’animal à l’être humain. [1] Chez l’être humain, la majorité des infections ne provoquent aucun symptôme ou entraînent une maladie bénigne, mais des complications oculaires, neurologiques ou hémorragiques peuvent survenir dans une petite proportion des cas. [1]
Comment la fièvre de la Vallée du Rift se transmet-elle ?
La plupart des infections humaines résultent d’un contact direct ou indirect avec le sang, les organes ou les tissus d’un animal contaminé. [1] L’exposition peut notamment se produire pendant l’abattage ou la découpe, une mise bas, une intervention vétérinaire ou l’élimination d’une carcasse ou d’un fœtus animal. [1] Les éleveurs, agriculteurs, employés d’abattoirs et vétérinaires font donc partie des groupes professionnels particulièrement exposés. [1] Une contamination après ingestion de lait cru ou non pasteurisé provenant d’un animal infecté semble également possible. [1] Le virus peut aussi être transmis par la piqûre de moustiques infectés, notamment des genres Aedes ou Culex, ainsi que par certaines mouches hématophages. [1]
À ce jour, aucune transmission interhumaine du virus de la FVR n’a été constatée. [1] Aucun cas de transmission à un soignant n’a été signalé lorsque les précautions habituelles de lutte contre les infections étaient appliquées. [1]
Quels sont les symptômes et leur délai d’apparition ?
La période d’incubation, comprise entre la contamination et l’apparition des symptômes, est habituellement de deux à six jours. [1] La forme bénigne ressemble à un syndrome grippal, avec une fièvre d’apparition brutale, des douleurs musculaires et articulaires et des maux de tête. [1] Une raideur de la nuque, une sensibilité à la lumière, une perte d’appétit ou des vomissements peuvent aussi être présents. [1] Au début de la maladie, cette présentation peut être difficile à distinguer d’une méningite ou d’autres infections. [1] Dans les formes habituelles, les symptômes durent généralement de quatre à sept jours. [1]
Quelles complications peuvent survenir ?
Les formes graves se répartissent principalement en atteintes oculaires, méningo-encéphalites et fièvres hémorragiques. [1] Les lésions oculaires concernent environ 0,5 à 2 % des cas et apparaissent généralement une à trois semaines après les premiers symptômes. [1] Elles peuvent provoquer une vision floue ou une baisse de l’acuité visuelle. [1] Certaines atteintes de la zone centrale de la rétine appelée macula peuvent entraîner une perte définitive de la vision. [1]
La méningo-encéphalite concerne moins de 1 % des cas et apparaît en général une à quatre semaines après les premiers symptômes. [1] Elle peut se manifester par des maux de tête intenses, des troubles de la mémoire, des hallucinations, une désorientation, une confusion, des vertiges, des convulsions, une somnolence profonde ou un coma. [1] Des complications neurologiques peuvent encore apparaître deux mois ou davantage après le début de la maladie. [1] La mortalité de cette forme est faible, mais des séquelles neurologiques parfois graves sont fréquentes. [1]
La forme hémorragique concerne moins de 1 % des cas et débute habituellement deux à quatre jours après le commencement de la maladie. [1] Après les premiers signes d’une atteinte grave du foie, des saignements peuvent apparaître sous forme de vomissements sanglants, de sang dans les selles, de saignements du nez ou des gencives, d’ecchymoses ou de saignements aux points de ponction. [1] Cette forme présente une létalité d’environ 50 %, le décès survenant généralement trois à six jours après l’apparition des symptômes. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Les symptômes ne suffisent pas à confirmer une fièvre de la Vallée du Rift, car ils peuvent ressembler à ceux du paludisme, de la fièvre typhoïde, de la shigellose, de la méningite ou d’autres fièvres hémorragiques virales. [1] La confirmation repose sur des analyses spécialisées, notamment la détection du matériel génétique viral par RT-PCR, la recherche d’anticorps IgM ou IgG par méthode ELISA, ou l’isolement du virus en culture cellulaire. [1] Les prélèvements non inactivés présentent un risque biologique très élevé et doivent être analysés et transportés selon des mesures de confinement strictes. [1]
Quels sont les principes du traitement ?
Il n’existe actuellement aucun traitement antiviral spécifique approuvé contre le virus de la fièvre de la Vallée du Rift. [2] Pour la plupart des formes humaines bénignes et de courte durée, aucun traitement spécifique n’est nécessaire. [1] Dans les formes graves, la prise en charge repose sur des soins de soutien précoces et intensifs, adaptés aux défaillances présentes. [1] [2] Ces soins peuvent comprendre la réhydratation ainsi que la prise en charge des troubles respiratoires, circulatoires, rénaux ou de la coagulation lorsqu’ils sont présents. [1] [2]
Aucun vaccin contre la FVR n’est actuellement homologué pour un usage humain. [2] Des vaccins humains candidats et plusieurs traitements expérimentaux sont en cours d’évaluation, mais ils ne constituent pas des traitements courants établis. [2]
Comment réduire le risque d’infection ?
La prévention individuelle repose sur la réduction des contacts non protégés avec les animaux malades, leurs tissus et leurs produits biologiques, ainsi que sur la protection contre les piqûres de moustiques. [1] Lors de la manipulation d’animaux malades ou de leurs tissus et pendant l’abattage, l’hygiène des mains, le port de gants et l’utilisation d’équipements de protection adaptés réduisent l’exposition. [1] Dans les régions touchées par une épizootie, le sang, la viande et le lait d’origine animale doivent être bien cuits avant leur consommation. [1] La protection contre les moustiques peut associer des moustiquaires imprégnées d’insecticide, des répulsifs lorsqu’ils sont disponibles, des vêtements clairs couvrant les bras et les jambes et la limitation des activités extérieures aux heures où les moustiques vecteurs piquent le plus. [1]
La prévention collective repose aussi sur la surveillance de la santé animale, car les flambées chez les animaux précèdent généralement les infections humaines. [1] La vaccination préventive des animaux peut limiter les flambées, mais l’OMS indique qu’elle ne doit pas être entreprise après le début d’une flambée avec des pratiques susceptibles de propager le virus, telles que la réutilisation d’aiguilles ou de seringues. [1]
Sources et références
[1] Fièvre de la vallée du Rift
Organisation mondiale de la santé · Consulté le 2026-09-11
[2] Opportunities and challenges for countermeasures against Rift Valley fever virus: A quintessential One Health pathogen
www.ebi.ac.uk · Version : 2026-08-17 · Consulté le 2026-09-16
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