Uvéite postérieure : définition, causes, manifestations et examens

L’uvéite postérieure est une inflammation dont le site initial est rétinien ou choroïdien. [1] Ce terme regroupe notamment les rétinites, les neurorétinites, les rétinochoroïdites, les choroïdites et les choriorétinites. [1] Il ne désigne donc pas une maladie unique, mais plusieurs formes dont les causes, les signes oculaires et l’évolution peuvent être très différents. [1] Certaines formes restent limitées à l’œil, tandis que d’autres sont liées à une infection, à une maladie inflammatoire générale, à une cause iatrogène ou à une affection qui imite une uvéite. [1]
Uvéite postérieure et panuvéite : quelle différence ?
Une uvéite postérieure peut s’intégrer dans une panuvéite, mais les deux termes ne sont pas synonymes. [1] Le terme panuvéite est réservé aux uvéites pour lesquelles aucun site d’inflammation ne prédomine. [1] À l’inverse, l’appellation uvéite postérieure indique que l’atteinte initiale prédominante se trouve dans la rétine ou la choroïde. [1]
Quelles peuvent être les causes ?
Les causes infectieuses comprennent des virus, des bactéries, des spirochètes, des parasites et des champignons. [1] La toxoplasmose, la tuberculose, la syphilis, la maladie de Lyme et certaines infections virales figurent parmi les exemples répertoriés. [1] Des maladies inflammatoires générales peuvent également être associées à une uvéite postérieure, notamment la sarcoïdose, la maladie de Behçet, la sclérose en plaques et la maladie de Vogt-Koyanagi-Harada. [1] D’autres formes, comme la rétinochoroïdopathie de Birdshot ou certaines maladies inflammatoires à taches blanches, sont limitées à l’œil et présumées d’origine auto-immune. [1] Des causes iatrogènes liées à certains traitements ou gestes médicaux sont aussi décrites, ainsi que des formes dont la cause reste inconnue. [1]
Certaines affections tumorales, dont des lymphomes, des leucémies ou des métastases, peuvent prendre l’apparence d’une uvéite postérieure sans être une inflammation de même nature. [1] Ces situations sont qualifiées de pseudo-uvéites ou de syndromes de masquerade. [1] La diversité de ces causes explique pourquoi l’aspect de l’œil ne suffit pas toujours à identifier immédiatement la maladie en cause. [1]
Quels signes peuvent être observés ?
Les manifestations varient selon la forme d’uvéite postérieure et ne constituent pas un tableau unique. [1] Dans la rétinochoroïdopathie de Birdshot, l’atteinte rétinienne peut provoquer une baisse progressive de l’acuité visuelle. [1] Le syndrome des taches blanches évanescentes multiples peut se manifester par une baisse soudaine de l’acuité visuelle associée à un scotome central, c’est-à-dire une zone manquante ou altérée au centre du champ visuel. [1] Dans la maladie de Behçet, l’atteinte postérieure peut prendre la forme d’une vascularite rétinienne artérielle occlusive, parfois associée à des infiltrats rétiniens, des hémorragies ou un œdème papillaire. [1] Certaines formes peuvent comporter peu ou pas d’inflammation visible dans la chambre antérieure de l’œil ou dans le vitré, malgré des lésions postérieures. [1]
Les signes oculaires peuvent s’accompagner de manifestations générales orientant vers une maladie particulière. [1] La maladie de Vogt-Koyanagi-Harada peut ainsi débuter par un syndrome méningé, une baisse de l’audition, des acouphènes ou des vertiges avant l’apparition d’une uvéite postérieure bilatérale. [1] Dans la maladie de Behçet, des ulcères de la bouche et des organes génitaux ainsi que des lésions cutanées participent au tableau clinique. [1]
Comment les différentes formes sont-elles caractérisées ?
Les formes décrites se distinguent notamment par la localisation, la couleur, la taille et la répartition des lésions observées au fond d’œil. [1] L’angiographie à la fluorescéine, l’angiographie au vert d’indocyanine, l’autofluorescence, la tomographie en cohérence optique et l’OCT-angiographie peuvent montrer des aspects différents selon la maladie. [1] Ces examens peuvent notamment documenter une inflammation vasculaire, un œdème maculaire, des anomalies de la choroïde, une atteinte de l’épithélium pigmentaire ou une néovascularisation choroïdienne. [1]
Le contexte clinique et les antécédents contribuent également à distinguer les diagnostics. [1] Un antécédent de traumatisme oculaire pénétrant ou de chirurgie vitréo-rétinienne est ainsi recherché devant une possible ophtalmie sympathique. [1] La présence du profil HLA-A29 peut contribuer à confirmer une rétinochoroïdopathie de Birdshot lorsque sa présentation clinique est typique. [1] Une atteinte ressemblant à une choroïdite serpigineuse peut être liée à la tuberculose, qui doit alors être recherchée. [1]
Quelle évolution et quelles complications sont possibles ?
L’évolution dépend fortement de la maladie responsable et ne peut pas être résumée par un pronostic commun à toutes les uvéites postérieures. [1] Dans le syndrome des taches blanches évanescentes multiples décrit dans la source, la baisse visuelle et le scotome central se résolvent spontanément en huit semaines en l’absence de traitement. [1] À l’inverse, une choroïdite serpigineuse non traitée peut s’étendre progressivement et laisser une zone d’atrophie choriorétinienne marquée. [1] La choroïdite multifocale avec panuvéite et la choroïdite ponctuée interne peuvent se compliquer d’une néovascularisation choroïdienne. [1] Dans la maladie de Vogt-Koyanagi-Harada non traitée, une phase tardive peut associer une inflammation oculaire chronique, une dépigmentation du fond d’œil et des manifestations cutanées. [1] Certaines atteintes postérieures, comme la vascularite rétinienne occlusive de la maladie de Behçet, peuvent menacer la vision lorsqu’elles touchent notamment la macula. [1]
Sources et références
[1] cdo
www.cahiers-ophtalmologie.fr · Consulté le 2026-09-15
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