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Typhlite : symptômes, diagnostic, urgence et principes des soins

La typhlite, également appelée entérocolite neutropénique, est une inflammation intestinale grave qui survient chez des personnes ayant une neutropénie et des défenses immunitaires affaiblies. [2] Elle touche souvent le cæcum et le côlon droit, mais l’atteinte peut concerner d’autres segments de l’intestin. [1] [2] Une douleur abdominale qui s’aggrave, notamment lorsqu’elle est associée à une fièvre ou à une diarrhée après une chimiothérapie intensive ou une greffe de cellules souches, nécessite une prise en charge en urgence. [2]

Dans quels contextes la typhlite peut-elle survenir ?

La typhlite est surtout décrite après des chimiothérapies intensives responsables d’une neutropénie et d’une altération de la muqueuse digestive. [2] Elle complique particulièrement les chimiothérapies aplasiantes utilisées contre les maladies malignes du sang, mais elle peut aussi survenir pendant le traitement de tumeurs solides, notamment avec des taxanes. [1] Des cas sont également rapportés après une greffe de cellules souches ou chez des personnes recevant des médicaments immunosuppresseurs pour une maladie auto-immune. [2]

Le mécanisme exact n’est pas entièrement établi et paraît faire intervenir plusieurs facteurs. [2] Les traitements cytotoxiques peuvent fragiliser la barrière de la muqueuse intestinale, tandis que la neutropénie réduit la capacité de l’organisme à maîtriser le passage de microorganismes dans la paroi intestinale et parfois dans le sang. [2] Le cæcum pourrait être particulièrement exposé en raison de sa distensibilité et de son apport sanguin limité. [2]

Quels symptômes doivent alerter ?

Les manifestations habituelles associent une douleur abdominale, de la fièvre et une diarrhée. [2] La douleur peut être diffuse ou prédominer dans la partie inférieure droite de l’abdomen. [2] Une distension abdominale, un ralentissement ou un arrêt du transit et une diarrhée sanglante dans les formes graves peuvent également se produire. [2] La fièvre peut manquer lorsque la neutropénie est très profonde, de sorte que son absence n’exclut pas une typhlite. [2]

Après une chimiothérapie intensive ou une greffe de cellules souches, une douleur abdominale progressive accompagnée de diarrhée, de sang dans les selles, de fièvre, de faiblesse ou d’un malaise justifie une évaluation médicale en urgence. [2] Une rigidité de l’abdomen peut signaler une perforation intestinale, qui constitue une complication grave. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic ne repose pas sur les symptômes seuls, car ceux-ci peuvent ressembler à ceux d’autres maladies abdominales. [2] Il s’appuie sur l’association du contexte de neutropénie, des manifestations cliniques et des résultats de l’imagerie abdominale. [1] [2] Le scanner abdominal montre notamment un épaississement de la paroi intestinale, une dilatation de l’intestin, une inflammation des tissus voisins ou une pneumatose, c’est-à-dire la présence de gaz dans la paroi. [2] Dans la description française de la colite neutropénique post-chimiothérapie, la pneumatose pariétale est considérée comme un signe de gravité. [1] L’échographie peut aussi mettre en évidence un épaississement circulaire de la paroi, mais ses performances ont varié selon les études. [2]

L’évaluation doit notamment distinguer la typhlite d’une infection à Clostridioides difficile et d’une appendicite aiguë. [2] Selon le contexte, d’autres causes de colite ou de saignement intestinal peuvent être recherchées, comme une colite à cytomégalovirus, une réaction du greffon contre l’hôte, une infection à norovirus ou une colite ischémique. [2]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La typhlite est une affection critique qui nécessite une prise en charge hospitalière ; la source française de 2022 décrit une orientation en milieu de soins intensifs, tandis que la synthèse détaillant les traitements est signalée comme une référence historique susceptible d’être dépassée. [1] [2] Le traitement médical repose principalement sur une antibiothérapie intraveineuse à large spectre, la mise au repos de l’intestin et l’administration de liquides par voie intraveineuse. [2] Une aspiration par sonde nasogastrique ou une nutrition parentérale peut être utilisée lorsqu’elle est indiquée par l’état du patient. [2] Le choix des antimicrobiens doit tenir compte des traitements déjà reçus, des résultats microbiologiques et des résistances locales. [2] Les données comparant les différents schémas de traitement restent limitées, et le bénéfice de l’utilisation systématique de facteurs stimulant les globules blancs demeure incertain. [2]

Une évaluation chirurgicale précoce est recommandée dans la synthèse disponible, même si toutes les personnes atteintes ne sont pas opérées. [2] Une intervention peut devenir nécessaire en cas de perforation intestinale, d’air libre dans l’abdomen, de saignement digestif persistant ou d’aggravation malgré un traitement médical optimal. [2] La décision tient compte du risque infectieux, du risque de saignement et des difficultés de cicatrisation associés à l’état du patient. [2]

Quels sont les risques de la typhlite ?

Les principales complications sont la perforation intestinale, la péritonite, le sepsis et la formation d’un abcès. [2] Une baisse associée des plaquettes peut favoriser un saignement important, tandis qu’une diminution de plusieurs lignées de cellules sanguines peut retarder la cicatrisation. [2] Le pronostic peut être sévère, particulièrement lorsque l’inflammation traverse toute la paroi intestinale ou qu’une perforation survient. [1] [2] Une reconnaissance et un traitement précoces sont associés à une amélioration du pronostic et à une réduction du risque de complications. [2]

Sources et références

[1] https://www.fmcgastro.org/wp-content/uploads/2021/09/365_022_DESRAME.pdf

www.fmcgastro.org · Consulté le 2026-09-11

[2] Neutropenic Enterocolitis (Typhlitis) - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Chirurgie générale, digestive et de l’obésité
Gastro-entérologue et hépatologue