Diverticulite : symptômes, diagnostic, traitements et complications

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La diverticulite est l’inflammation d’un ou de plusieurs diverticules, de petites poches formées dans la paroi du gros intestin, le plus souvent au niveau du côlon sigmoïde. [2] Une infection peut être associée à cette inflammation, mais elle n’est pas toujours présente. [2] La diverticulite ne doit pas être confondue avec la diverticulose, qui désigne la présence de diverticules sans symptôme. [1] La prise en charge dépend surtout du résultat du scanner, qui permet de distinguer une forme non compliquée d’une forme associée à un abcès, une péritonite ou une autre complication locale. [1]
Quels sont les symptômes d’une diverticulite ?
Les manifestations typiques sont une douleur et une sensibilité dans la partie inférieure gauche de l’abdomen, souvent accompagnées de fièvre. [2] Des troubles du transit, tels qu’une constipation ou une diarrhée, peuvent également survenir. [1] [5] Certaines personnes présentent aussi des nausées ou des vomissements. [2] Ces manifestations ne sont toutefois pas spécifiques, car d’autres maladies abdominales ou pelviennes peuvent provoquer des symptômes proches. [2]
Comment le diagnostic est-il confirmé ?
En France, une diverticulite sigmoïdienne aiguë ne peut pas être affirmée à partir des seuls symptômes et résultats biologiques, même si la personne a déjà eu une diverticulite. [1] Le bilan sanguin recommandé comprend un hémogramme, un dosage de la protéine C-réactive, appelée CRP, et une mesure de la créatinine. [1] Le scanner abdomino-pelvien est l’examen d’imagerie recommandé en première intention pour confirmer le diagnostic et rechercher des complications. [1] [4] L’échographie abdominale peut être utilisée lorsque le scanner ne peut pas être obtenu, mais elle n’est pas recommandée comme premier examen dans la recommandation française de 2017. [1] La coloscopie précoce n’est pas recommandée pendant la phase aiguë. [1]
Diverticulite non compliquée ou compliquée : quelle différence ?
Une diverticulite non compliquée correspond à une inflammation localisée sans complication telle qu’un abcès ou une péritonite visible au scanner. [1] Une diverticulite compliquée peut comporter un abcès, une perforation avec péritonite, une fistule ou une sténose du côlon. [1] [2] Un abcès est une poche de pus qui peut s’accompagner d’une aggravation de la douleur et de la fièvre. [2] Une fistule est une communication anormale entre le côlon et un autre organe, notamment la vessie, où elle peut favoriser des infections urinaires. [2] La péritonite correspond à une infection de la cavité abdominale pouvant survenir lorsque la paroi d’un diverticule se rompt. [2] Des poussées répétées peuvent entraîner une cicatrisation et un rétrécissement du côlon susceptibles de gêner le passage des selles. [2]
Comment une forme non compliquée est-elle prise en charge ?
Une prise en charge ambulatoire est recommandée lorsque le scanner confirme une diverticulite non compliquée et qu’il n’existe ni comorbidité significative ni contexte social défavorable. [1] [4] Dans cette situation, un traitement des symptômes sans antibiotique est recommandé en l’absence de signe de gravité, d’immunodépression, de grossesse ou de maladie générale sévère correspondant à un score ASA supérieur à 3. [4] Une pression artérielle systolique inférieure ou égale à 100 mmHg, une fréquence respiratoire d’au moins 22 par minute ou une confusion font partie des signes de gravité cités par la HAS. [4] Une surveillance clinique accompagne le traitement ambulatoire. [1] Si le traitement symptomatique ne fonctionne pas, une antibiothérapie orale peut alors être prescrite selon la situation médicale et les allergies documentées. [1] [4] En présence de signes de gravité, d’une grossesse, d’une immunodépression ou d’un score ASA supérieur à 3, la HAS recommande une antibiothérapie intraveineuse plutôt qu’une prise en charge sans antibiotique. [4] Pour une diverticulite non perforée, une alimentation sans restriction particulière est recommandée pendant le traitement si elle est tolérée. [1]
Quels soins peuvent nécessiter les formes compliquées ?
La recommandation française publiée en 2017 décrit une prise en charge hospitalière des diverticulites compliquées. [3] Elle prévoit une antibiothérapie intraveineuse et recommande le drainage radiologique d’un abcès lorsqu’il est techniquement réalisable. [1] Certaines perforations limitées visibles au scanner peuvent être traitées par antibiothérapie sans drainage ni chirurgie lorsqu’il n’existe aucun signe clinique de péritonite, sauf en cas d’immunosuppression. [1] Une intervention chirurgicale peut être nécessaire en cas de péritonite, d’échec du traitement médical ou de complication telle qu’une fistule ou une sténose symptomatique. [1] [2]
Quand une chirurgie programmée est-elle discutée ?
Selon la recommandation française de 2017, une sigmoïdectomie programmée peut être proposée en cas de symptômes persistants ou de récidives fréquentes qui altèrent la qualité de vie. [1] Le seul nombre de poussées ne constitue pas une indication chirurgicale. [1] Chez une personne asymptomatique, un âge inférieur à 50 ans ne constitue pas non plus une indication à lui seul. [1] La décision peut notamment être discutée après une diverticulite compliquée, particulièrement en présence d’un abcès, ou chez une personne immunodéprimée ou atteinte d’insuffisance rénale chronique. [1] Cette discussion tient compte des symptômes, de la qualité de vie, des complications et des risques propres à l’intervention. [3]
Quel suivi est prévu après l’épisode ?
La recommandation française de 2017 ne préconise pas de bilan biologique ni de scanner de contrôle systématiques lorsque l’évolution clinique est favorable et qu’il n’existe aucun point d’appel. [1] Elle ne recommande pas non plus de coloscopie systématique après une diverticulite aiguë non compliquée, en dehors des indications habituelles de dépistage ou de prévention du cancer colorectal. [1] En revanche, elle recommande une coloscopie après un épisode de diverticulite aiguë compliquée. [1]
Peut-on prévenir une nouvelle crise ?
La HAS indique qu’aucun régime alimentaire particulier ne peut être recommandé pour prévenir les récidives après une diverticulite. [1] Les noix, noisettes, amandes, pistaches, cacahuètes, le blé, le maïs et le pop-corn ne doivent pas être interdits au seul motif d’une diverticulose. [1] Les probiotiques, la rifaximine et la mésalamine ne sont pas recommandés après une crise dans le but de prévenir une récidive, faute d’arguments scientifiques suffisants dans la recommandation française. [1]
Sources et références
[1] Haute Autorité de Santé - Prise en charge médicale et chirurgicale de la diverticulite colique
Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-11
[2] Diverticulite - Troubles digestifs - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[3] Haute Autorité de Santé - Diverticulite colique : de nouvelles règles de prise en charge
Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-11
[4] Haute Autorité de Santé - Choix et durées d'antibiothérapies : Diverticulite aiguë sigmoïdienne non compliquée
Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-11
[5] Acute Diverticulitis - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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