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Troubles du langage : repères sur le langage oral de l’enfant et les formes acquises

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Bilan orthophonique par ville

Les troubles du langage ne correspondent pas à une seule maladie : chez l’enfant, ils peuvent concerner l’articulation, le développement de la parole ou du langage et la fluidité, tandis que certaines lésions cérébrales peuvent provoquer des troubles acquis comme l’aphasie chez l’adulte. [1] [6] Cette distinction est importante, car les signes recherchés, le bilan et les objectifs de la rééducation ne sont pas les mêmes selon l’âge, l’origine et la nature des difficultés. [3] [4] [6] Chez l’enfant, le développement du langage varie d’une personne à l’autre, mais certaines difficultés persistantes, une stagnation ou une régression justifient une évaluation médicale. [1] [3]

Quels troubles du langage oral peut-on observer chez l’enfant ?

Un trouble de l’articulation correspond à l’impossibilité de prononcer certains sons, qui peuvent être supprimés, déformés ou remplacés de façon constante. [1] Dans le retard de parole, les mots sont raccourcis ou déformés et des sons peuvent être confondus ou inversés, mais les erreurs ne sont pas constantes et chaque son peut être correctement produit isolément. [1] Le retard de langage touche surtout l’expression, avec un vocabulaire pauvre, une syntaxe rudimentaire, des phrases très courtes et une compréhension relativement préservée mais parfois inférieure à celle attendue pour l’âge. [1]

Le bégaiement est un trouble de la fluidité associant des répétitions ou des prolongations involontaires de sons ou de syllabes, parfois accompagnées de blocages sans émission de son. [1] La dysphasie est décrite comme un trouble durable et sévère de la structure du langage oral, qui peut affecter à la fois l’expression et la compréhension. [1] Elle peut entraîner des difficultés dans les apprentissages scolaires, notamment lors de l’acquisition du langage écrit, et être associée à d’autres troubles des apprentissages, de la coordination ou de l’attention. [1]

Quels signes doivent conduire à demander un avis pour un enfant ?

À 6 mois, l’absence apparente de réaction aux bruits nécessite un bilan auditif afin de rechercher une baisse de l’audition. [3] À 18 mois, l’absence de tentative pour dire des mots, de babillage ou de pointage du doigt constitue un motif de repérage. [3] Entre 2 et 3 ans, une mauvaise compréhension de consignes simples, un vocabulaire très limité ou l’absence d’association de deux mots pour former une courte phrase doivent attirer l’attention. [3] À 3 ans, l’absence de phrase comportant un sujet, un verbe et un complément, les difficultés à trouver ses mots ou un langage compris seulement par l’entourage sont également des signes à signaler. [3]

À partir de 4 ans, un vocabulaire restreint, des phrases courtes ou mal construites, une difficulté à raconter un événement simple, une parole peu intelligible, des répétitions de sons ou des blocages justifient une consultation. [3] À partir de 5 ans, des difficultés persistantes à organiser la parole ou le langage et à comprendre doivent aussi être évaluées. [3] Quel que soit l’âge, un langage qui ne progresse plus ou qui régresse constitue un motif de consultation auprès du pédiatre ou du médecin généraliste. [3]

Comment le bilan est-il réalisé chez l’enfant ?

Le bilan cherche à préciser la nature et la sévérité du trouble, à rechercher une cause et à orienter la prise en charge. [3] Il doit notamment permettre de détecter une éventuelle anomalie auditive ou visuelle ainsi qu’une affection psychologique ou neurologique pouvant expliquer les difficultés. [3] Le médecin généraliste, le pédiatre ou le médecin scolaire peut prescrire un bilan orthophonique. [3] L’orthophoniste évalue notamment l’articulation, la répétition de sons, de syllabes et de mots, ainsi que la capacité de l’enfant à s’exprimer. [3]

Selon les constatations, le médecin peut demander un audiogramme, une évaluation psychologique, un bilan psychomoteur ou l’avis d’un neuropédiatre. [3] Un bilan pluridisciplinaire coordonné par un médecin est particulièrement indiqué lorsque des difficultés sévères persistent malgré une prise en charge bien suivie ou lorsque des décisions importantes concernant les soins ou la scolarité doivent être prises. [3]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Pour les troubles du langage oral de l’enfant décrits ici, la prise en charge repose principalement sur la rééducation orthophonique. [4] Ses objectifs sont d’aider l’enfant à corriger ses difficultés, à les contourner ou à mettre en place des stratégies de compensation. [4] La fréquence des séances et la durée du traitement sont individualisées à partir du bilan initial, des progrès observés et des besoins de l’enfant. [4] Les troubles simples répondent généralement bien à la rééducation, tandis que la dysphasie peut nécessiter une prise en charge plus complexe associant des professionnels de la santé et de l’éducation. [1] [4]

Le projet de soins est régulièrement réévalué et adapté en fonction de son efficacité, des progrès et des besoins de l’enfant. [4] Lorsque des troubles des apprentissages persistent malgré la rééducation, le projet peut associer notamment un médecin spécialisé, un orthophoniste, un psychologue, un ergothérapeute ou un psychomotricien. [4] Des aménagements scolaires simples, comme la reformulation des consignes, un travail en petit groupe ou des supports adaptés, peuvent compléter les soins selon les difficultés rencontrées. [5]

Comment accompagner l’enfant au quotidien ?

Il est utile de laisser à l’enfant le temps de répondre, de l’écouter sans lui couper la parole et de lui parler normalement avec des mots précis et des phrases correctement structurées. [5] Lorsqu’un mot est mal prononcé, l’adulte peut en donner la forme correcte ou reformuler la phrase sans obliger l’enfant à répéter. [2] [5] Les attitudes culpabilisantes ou humiliantes, les punitions liées aux difficultés de langage et les comparaisons avec d’autres enfants sont à éviter. [5] Le soutien de l’entourage familial et scolaire aide l’enfant à conserver sa confiance malgré les efforts supplémentaires nécessaires pour s’exprimer et apprendre. [4] [5]

Dès le plus jeune âge, parler avec l’enfant, nommer ce qui l’entoure, lire des histoires et favoriser les échanges contribuent au développement de son langage oral. [2] Les écrans non interactifs ne remplacent pas les échanges humains et leur usage peut nuire à l’acquisition du langage. [2]

En quoi les troubles acquis diffèrent-ils ?

L’aphasie est une perte partielle ou totale de la capacité à comprendre ou à exprimer des mots parlés ou écrits, le plus souvent en rapport avec un accident vasculaire cérébral ou une autre lésion touchant les zones cérébrales du langage. [6] La dysarthrie est une difficulté à articuler correctement les mots en raison d’une atteinte du système nerveux qui commande les muscles utilisés pour parler. [6] L’apraxie verbale correspond à une difficulté à organiser et enchaîner les mouvements musculaires nécessaires à la production des sons du langage. [6]

Dans ces troubles acquis, la rééducation vise à restaurer ou préserver les capacités possibles et à établir les moyens de communication les plus efficaces. [6] Selon la sévérité, la communication peut s’appuyer sur les gestes, les expressions du visage, des images, un tableau de lettres ou un dispositif électronique. [6] L’entourage d’une personne aphasique doit rester patient, lui parler normalement et utiliser si nécessaire des gestes ou des objets pour faciliter les échanges. [6]

Sources et références

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