Aller au contenu principal

Troubles des tics chez l’enfant et l’adolescent : signes, diagnostic et prise en charge

Un tic est un mouvement ou un son répété, soudain, rapide et non rythmé. [1] Les tics ne sont pas volontaires, même si certaines personnes peuvent les retenir brièvement au prix d’un effort conscient. [1] [2] Le syndrome de Gilles de la Tourette n’est qu’une forme de trouble des tics : il associe des tics moteurs et vocaux présents depuis plus d’un an. [1] Cette fiche concerne principalement les troubles qui commencent pendant l’enfance ou l’adolescence, car les données disponibles sur leur évaluation et leur traitement portent surtout sur cette population. [1] [3]

Quelles sont les principales formes de troubles des tics ?

Un trouble provisoire des tics correspond à un ou plusieurs tics moteurs et/ou vocaux présents depuis moins d’un an. [1] Un trouble persistant, aussi appelé trouble chronique, comporte des tics moteurs ou des tics vocaux depuis plus d’un an, mais pas les deux types à la fois. [1] Le syndrome de Gilles de la Tourette est défini par la présence de tics moteurs et vocaux pendant plus d’un an. [1] Dans cette classification, les tics commencent avant 18 ans et ne doivent pas être expliqués par une substance ou par une autre affection. [1]

Comment les tics se manifestent-ils ?

Les tics moteurs simples peuvent prendre la forme de clignements des yeux, de grimaces, de mouvements brusques de la tête ou de haussements d’épaules. [1] Les tics vocaux simples comprennent notamment les reniflements, les raclements de gorge, les grognements ou les sons brefs. [1] Les tics complexes durent plus longtemps et peuvent associer plusieurs mouvements ou prendre l’apparence d’un geste ou d’une parole ayant une signification sociale. [1] Cette apparence peut faire croire à tort que le comportement est intentionnel ou répréhensible. [1] [2] La coprolalie, qui consiste à prononcer involontairement des paroles obscènes ou socialement inappropriées, est possible mais reste rare et ne concerne pas la majorité des personnes ayant un syndrome de Gilles de la Tourette. [2] [3]

Certaines personnes ressentent avant le tic une envie difficile à contenir, suivie d’un bref soulagement après sa réalisation. [2] [3] Le type, l’intensité et la fréquence des tics peuvent beaucoup varier au fil du temps, avec des périodes d’aggravation et des périodes où ils deviennent presque absents. [1] Le stress et la fatigue peuvent les aggraver, tandis qu’ils peuvent diminuer lorsque l’enfant est concentré sur une activité. [1] Les tics ne surviennent habituellement pas pendant le sommeil et perturbent rarement la coordination motrice. [1]

Quelles sont les causes et l’évolution habituelle ?

La cause exacte des troubles primaires des tics n’est pas connue, mais leur tendance à se retrouver dans certaines familles indique qu’une composante héréditaire intervient. [1] [2] Des tics peuvent aussi être secondaires à une substance ou à une autre affection, mais ils ne sont alors pas classés parmi les troubles primaires des tics. [1] [2] Les tics commencent le plus souvent entre 4 et 6 ans, augmentent fréquemment jusqu’à un pic vers 10 à 12 ans, puis diminuent pendant l’adolescence. [1] La plupart disparaissent spontanément, mais ils peuvent persister à l’âge adulte chez une minorité des enfants concernés. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic est clinique : il repose sur l’histoire des symptômes, leur nature, leur durée et l’examen médical. [1] [3] Un suivi dans le temps peut être nécessaire pour distinguer un trouble provisoire, un trouble persistant et un syndrome de Gilles de la Tourette. [1] [2] Il n’existe pas de test biologique ou génétique spécifique permettant de confirmer un syndrome de Gilles de la Tourette. [3] Une imagerie cérébrale n’est généralement pas nécessaire lorsque l’histoire et l’examen neurologique sont compatibles avec des tics typiques. [3] Une modification des capacités cognitives, des mouvements constants ou des tics observés pendant le sommeil sont des éléments qui peuvent faire rechercher un autre diagnostic. [3]

Quels troubles associés faut-il rechercher ?

Les enfants ayant des tics peuvent aussi présenter un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, un trouble obsessionnel-compulsif, un trouble anxieux ou des difficultés d’apprentissage. [1] Ces troubles associés peuvent parfois avoir davantage de conséquences sur le développement, la scolarité et le bien-être que les tics eux-mêmes. [1] [3] L’évaluation ne doit donc pas se limiter au nombre de tics, mais prendre aussi en compte leur retentissement physique, scolaire, social et émotionnel. [3] Un enfant ayant des tics et des difficultés scolaires doit également être évalué à la recherche d’un trouble des apprentissages afin qu’un soutien adapté puisse être envisagé. [1] [2]

Quels soins peuvent être proposés ?

Un traitement destiné à réduire les tics est surtout envisagé lorsqu’ils perturbent nettement les activités, l’image de soi ou la qualité de vie de l’enfant. [1] [3] Lorsque les tics sont légers, l’explication du trouble, le soutien de la famille et une attitude scolaire compréhensive peuvent suffire. [1] [2] Punir un enfant pour ses tics ne peut pas les arrêter et risque de les aggraver. [2] Informer les proches, les enseignants et, lorsque cela est approprié, les camarades aide à faire comprendre que les tics ne sont pas intentionnels. [1] [3]

L’intervention comportementale globale pour les tics, appelée CBIT, peut aider certains enfants plus âgés à réduire le nombre ou la gravité de leurs tics. [1] Cette approche associe notamment une éducation sur les tics, des techniques de relaxation et l’apprentissage d’une réponse volontaire incompatible avec le tic. [1] [2] Les médicaments ne sont pas nécessaires dans tous les cas et leur choix doit tenir compte de la gravité des tics ainsi que des troubles associés. [1] Des agonistes alpha-adrénergiques peuvent être envisagés pour des tics légers à modérés, notamment lorsqu’un trouble déficit de l’attention avec hyperactivité est associé. [1] La clonidine peut provoquer de la fatigue et, plus rarement, une baisse de la pression artérielle. [1] Des antipsychotiques peuvent réduire des tics sévères ou difficiles à contrôler, mais leurs effets indésirables potentiels expliquent qu’ils soient considérés comme des options de deuxième intention dans la source pédiatrique. [1] Les antipsychotiques peuvent notamment entraîner une agitation motrice, une rigidité, des symptômes parkinsoniens ou une dyskinésie tardive. [1] [2]

Pourquoi le suivi doit-il considérer l’ensemble de la situation ?

La fluctuation naturelle des tics peut donner l’impression qu’un traitement est efficace alors que les symptômes étaient spontanément en train de diminuer. [1] Les traitements destinés à réduire les tics ne modifient pas nécessairement leur évolution naturelle. [1] Le suivi doit également prendre en compte les troubles associés, car leur traitement peut être aussi important que celui des tics. [1] [3] Les objectifs de prise en charge visent à rendre les symptômes plus tolérables et à réduire leur retentissement plutôt qu’à exiger leur disparition complète. [1] [3]

Sources et références

[3] Tourette Syndrome and Other Tic Disorders - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées

Professionnels pouvant intervenir

Psychologue