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Troubles de l’alimentation : principales formes, signes et principes de traitement

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Médecine de la nutrition par ville

Les troubles de l’alimentation et de l’ingestion forment une famille de troubles caractérisés par une perturbation persistante de l’alimentation ou des comportements qui lui sont associés. [2] Cette perturbation modifie la consommation ou l’absorption des aliments et altère de façon importante la santé physique ou le fonctionnement psychosocial. [2] Cette famille ne se limite pas à l’anorexie mentale et comprend aussi la boulimie, l’hyperphagie boulimique, le trouble évitant ou restrictif de l’ingestion des aliments, le pica et le trouble de rumination. [1] [2] Ces troubles ont des critères propres et ne doivent pas être confondus avec de simples préférences alimentaires ou des comportements culturellement admis. [3] [4]

Quand une difficulté alimentaire devient-elle un trouble ?

Une variation ponctuelle de l’appétit ou une préférence alimentaire ne suffit pas à caractériser un trouble. [1] [3] Le comportement doit persister pendant la période prévue par les critères diagnostiques et entraîner un retentissement important sur la santé physique, la scolarité, le travail ou les relations avec les autres. [1] Les manifestations possibles comprennent une modification de la quantité ou du type d’aliments consommés ainsi que des comportements destinés à empêcher l’absorption de la nourriture, comme les vomissements provoqués ou l’usage de laxatifs. [1] La préoccupation pour le poids ou l’image corporelle est centrale dans certains troubles, mais elle est absente de la définition d’autres formes telles que le trouble évitant ou restrictif de l’ingestion des aliments. [1] [2]

Quelles sont les principales formes de troubles de l’alimentation ?

L’anorexie mentale associe une restriction des apports par rapport aux besoins, un poids significativement bas, une peur intense de prendre du poids et une perception déformée de l’image corporelle. [2] [4] La restriction peut compromettre la santé et s’accompagner ou non de crises alimentaires et de comportements de purge. [1] [2] Le mot anorexie peut évoquer une perte d’appétit, mais de nombreuses personnes atteintes d’anorexie mentale conservent leur appétit jusqu’à un stade avancé de dénutrition. [1]

La boulimie se caractérise par des épisodes répétés pendant lesquels une grande quantité de nourriture est consommée rapidement, suivis de comportements compensatoires inadaptés. [1] [2] Ces comportements compensatoires peuvent comprendre des vomissements provoqués, l’usage excessif de laxatifs ou de diurétiques, le jeûne ou une activité physique excessive. [2] L’hyperphagie boulimique comporte également des épisodes récurrents de consommation de grandes quantités de nourriture avec une impression de perte de contrôle. [1] [2] Contrairement à la boulimie, ces épisodes ne sont pas suivis de comportements compensatoires inadaptés tels que les vomissements provoqués. [1] [2]

Le trouble évitant ou restrictif de l’ingestion des aliments correspond à une restriction ou à un évitement entraînant une perte de poids importante, une carence nutritionnelle, une dépendance à un soutien nutritionnel ou une perturbation marquée du fonctionnement psychosocial. [2] La personne peut manquer d’intérêt pour l’alimentation, sélectionner très fortement les aliments selon leur couleur, leur texture ou leur odeur, ou craindre une conséquence telle qu’un étouffement ou un vomissement. [1] À la différence de l’anorexie mentale et de la boulimie, ce trouble ne repose pas sur une préoccupation pour la silhouette ou le poids. [1] [2]

Le pica désigne l’ingestion persistante de matières non alimentaires et non nutritives. [2] Ce comportement n’est retenu comme pica que s’il n’est pas adapté au niveau de développement et ne relève pas d’une tradition culturelle. [2] Le trouble de rumination se caractérise par la régurgitation répétée d’aliments après les repas. [1] [2]

Causes, facteurs associés et conséquences possibles

Les causes des troubles de l’alimentation restent imparfaitement connues. [1] Certains facteurs familiaux et les normes sociales relatives à l’image corporelle peuvent jouer un rôle. [1] [2] Une prédisposition génétique est notamment documentée pour l’anorexie mentale. [1] [2] Ces troubles sont plus fréquents chez les femmes, particulièrement chez les femmes jeunes, mais ils peuvent aussi concerner les hommes. [1] [2] Des taux plus élevés sont également rapportés chez les personnes qui ne se définissent pas comme hétérosexuelles et chez celles dont l’identité de genre diffère du sexe assigné à la naissance. [2]

Les troubles de l’alimentation peuvent altérer fortement la santé physique, le fonctionnement psychosocial et la qualité de vie. [2] [5] Ils sont fréquemment associés à d’autres problèmes médicaux ou psychiatriques. [4] [5] Les troubles des conduites alimentaires comptent parmi les troubles de santé mentale associés aux taux de mortalité les plus élevés. [5]

Pourquoi le diagnostic doit-il distinguer les différents troubles ?

Chaque trouble possède des critères diagnostiques particuliers, même lorsque certaines manifestations se ressemblent. [4] Des vomissements provoqués peuvent par exemple être présents dans la boulimie ou dans certaines formes d’anorexie mentale, tandis qu’ils ne suivent pas les crises d’hyperphagie boulimique. [1] [2] Une restriction alimentaire peut relever de l’anorexie mentale ou du trouble évitant ou restrictif, mais la préoccupation pour le poids et la silhouette distingue ces deux situations. [1] [2] Les classifications diagnostiques ne doivent pas servir à transformer des préoccupations mineures, des variations ordinaires du comportement alimentaire ou des pratiques culturellement admises en maladie. [3]

Quels sont les principes généraux du traitement ?

La diversité des troubles, les caractéristiques propres à chaque personne et la fréquence des problèmes médicaux ou psychiatriques associés justifient une prise en charge combinant plusieurs stratégies thérapeutiques. [4] Le traitement doit être adapté au trouble concerné ainsi qu’à la situation de la personne et de son entourage. [4] La réhabilitation nutritionnelle est un élément commun à de nombreux traitements fondés sur les données disponibles. [4] Les interventions psychologiques constituent également une option efficace et peuvent inclure une thérapie cognitivo-comportementale. [4] Certaines approches sont destinées à des populations précises, comme la thérapie familiale pour les enfants et les jeunes atteints d’anorexie mentale. [4] Les données examinées ne permettent pas d’affirmer qu’une thérapie particulière apporte davantage de bénéfices que toutes les autres dans l’ensemble de cette famille de troubles. [4]

L’éducation thérapeutique peut transmettre des informations et des compétences, mais elle est généralement associée à d’autres modalités de traitement. [4] La mise en place d’un programme éducatif ne garantit pas son efficacité, et les études disponibles utilisent des interventions et des méthodes d’évaluation très différentes. [4] Les interventions psychologiques dites de faible intensité sont des versions brèves de thérapies fondées sur des données probantes, utilisant notamment des supports d’auto-aide ou des outils numériques avec un apport thérapeutique limité. [5] Une méta-analyse a constaté que ces interventions amélioraient les symptômes par rapport à une liste d’attente ou à des interventions psychologiques non spécifiques des troubles alimentaires. [5] Dans cette même analyse, les traitements psychologiques plus intensifs donnaient toutefois une probabilité plus élevée de rémission ou de rétablissement. [5] Ces résultats doivent être interprétés avec prudence en raison du nombre limité et de la qualité variable des essais comparant directement les niveaux d’intensité. [5]

Sources et références

[3] Research on feeding and eating disorders in India: A narrative review

www.ebi.ac.uk · Version : 2024-01-25 · Consulté le 2026-09-16

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