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Trouble de l’alimentation sélective et évitante : signes, diagnostic et prise en charge

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Médecin de la nutrition pédiatrique par ville

Le trouble de l’alimentation sélective et évitante, souvent désigné par l’acronyme anglais ARFID, est un trouble des conduites alimentaires dans lequel la personne mange trop peu ou évite certains aliments. [2] Cette restriction peut entraîner une perte de poids, une croissance insuffisante chez l’enfant, des carences nutritionnelles, le recours à des compléments nutritionnels ou une gêne importante dans la vie sociale. [4] Contrairement à l’anorexie mentale et à la boulimie, elle n’est pas principalement motivée par la peur de grossir ou par une perception déformée du corps. [2] [4] Le trouble peut survenir à tout âge, même s’il apparaît fréquemment pendant l’enfance et peut persister à l’âge adulte. [3]

Comment se manifeste ce trouble alimentaire ?

La restriction alimentaire peut être liée à un manque d’intérêt pour la nourriture ou à un faible appétit. [4] Elle peut aussi reposer sur une forte sensibilité à l’apparence, à l’odeur, au goût, à la texture ou à la température des aliments. [5] Chez certaines personnes, l’évitement est entretenu par la crainte d’une conséquence désagréable, par exemple s’étouffer ou vomir. [5] Ces trois mécanismes peuvent être présents séparément ou se chevaucher chez une même personne. [4] [5] Ils décrivent des présentations cliniques utiles à comprendre, mais ne constituent pas des sous-types diagnostiques formellement séparés. [5]

Les repas peuvent devenir difficiles lorsque la personne mange avec d’autres, va au restaurant ou participe à une activité comportant de la nourriture. [2] Le retentissement peut concerner les relations, la vie familiale, les études, le travail et plus largement la qualité de vie. [4] Une restriction importante peut provoquer des carences nutritionnelles susceptibles de devenir dangereuses. [2]

Quelle différence avec une sélectivité alimentaire ordinaire ?

Une préférence alimentaire marquée ou le refus de quelques aliments ne suffit pas à caractériser ce trouble. [2] Dans la sélectivité ordinaire de l’enfant, la quantité totale consommée reste généralement suffisante et la croissance se poursuit comme prévu. [2] Le trouble est envisagé lorsque la restriction persistante s’accompagne d’au moins une conséquence importante : perte de poids ou croissance insuffisante, carence sévère, dépendance à une alimentation complémentaire ou altération marquée du fonctionnement psychosocial. [4] L’absence de maigreur visible n’exclut donc pas à elle seule le trouble lorsque le retentissement nutritionnel ou psychosocial est présent. [4]

Quelles causes et situations associées sont possibles ?

La cause exacte du trouble reste mal comprise. [2] [3] Les données disponibles évoquent une combinaison possible de facteurs biologiques, génétiques, psychologiques, sensoriels, sociaux et environnementaux. [3] Une expérience alimentaire pénible, comme un épisode d’étouffement, peut précéder un évitement fondé sur la peur. [1] L’anxiété, les troubles du neurodéveloppement et notamment l’autisme peuvent être associés au trouble sans en être une explication unique. [2] [3] Des symptômes obsessionnels compulsifs peuvent également coexister, mais leur fréquence et leurs liens exacts avec la restriction alimentaire restent encore imparfaitement établis. [5]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose sur une évaluation médicale, nutritionnelle et psychologique de l’alimentation, de l’état physique et du retentissement quotidien. [3] L’évaluation recherche la nature de la restriction, ses mécanismes et ses conséquences sur le poids, la croissance, les apports nutritionnels et la vie sociale. [3] [4] Elle vérifie aussi que l’évitement n’est pas principalement expliqué par une préoccupation pour le poids ou la silhouette. [2] Des examens peuvent être réalisés pour rechercher une allergie alimentaire, un trouble digestif avec mauvaise absorption ou une autre maladie susceptible d’expliquer la perte de poids ou les carences. [2] D’autres troubles psychiques pouvant entraîner une diminution des apports, comme l’anorexie mentale ou la dépression, doivent également être considérés. [2]

Une restriction liée au manque de nourriture disponible, à une pratique culturelle ou à un jeûne religieux ne correspond pas à ce diagnostic. [2] Lorsqu’une maladie ou un traitement médical explique les difficultés alimentaires, le diagnostic n’est retenu que si la restriction dépasse ce qui est habituellement attendu dans cette situation. [2] [4] Les troubles digestifs peuvent rendre cette distinction difficile, car la douleur, la nausée ou les vomissements peuvent à la fois réduire l’alimentation et nourrir la peur de manger. [4] Un questionnaire de dépistage peut repérer des symptômes, mais il ne remplace pas l’évaluation nécessaire pour confirmer l’ensemble des critères diagnostiques. [4]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La prise en charge vise d’abord à traiter les problèmes de santé immédiats et à restaurer un état nutritionnel satisfaisant. [3] Elle cherche ensuite à élargir progressivement la variété alimentaire et à réduire les peurs, les sensibilités ou les inconforts qui entretiennent l’évitement. [3] Une thérapie cognitivo-comportementale peut aider la personne à modifier ses conduites alimentaires et à diminuer son anxiété face aux aliments. [2] Une thérapie impliquant la famille peut également être utilisée, notamment lorsque le trouble concerne un enfant ou un adolescent. [2] Des compléments nutritionnels ou une alimentation par sonde peuvent être nécessaires lorsque les apports habituels ne couvrent pas les besoins. [2] [3]

La prise en charge est individualisée selon l’âge, l’état de santé, les conséquences nutritionnelles et les mécanismes de l’évitement. [3] Elle peut mobiliser de façon coordonnée des compétences médicales, diététiques, psychologiques et, selon les difficultés, des professionnels travaillant sur l’oralité ou les sensibilités sensorielles. [3] Une hospitalisation peut être nécessaire en cas de dénutrition sévère ou de complication médicale. [3]

Pourquoi le suivi est-il important ?

Le suivi évalue l’évolution des apports, de l’état nutritionnel, des difficultés psychologiques et du retentissement social. [3] Chez l’enfant, une surveillance alimentaire régulière permet aussi de repérer les effets du trouble sur la croissance et le développement. [3] Le repérage précoce d’une sélectivité ou d’un évitement qui perturbe la croissance, la nutrition ou la vie quotidienne permet de proposer un soutien avant une aggravation. [3] Les connaissances sur ce trouble et sur l’efficacité comparative des différentes interventions restent toutefois limitées, ce qui justifie une prise en charge adaptée à chaque situation. [3]

Sources et références

[3] Avoidant Restrictive Food Intake Disorder - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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