Troubles de la prononciation et de l’articulation : formes chez l’enfant et dysarthrie

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Accompagnement au développement du langage et de la communication (oral et écrit) par ville
Les troubles de la prononciation et de l’articulation ne correspondent pas à un diagnostic unique. [1] [2] Chez l’enfant, une difficulté à produire certains sons peut relever d’un trouble articulatoire, mais elle doit être distinguée d’un retard de parole ou de langage, d’un bégaiement et d’une dysphasie. [1] La dysarthrie est différente, car elle résulte d’un trouble du contrôle des muscles employés pour parler plutôt que d’une difficulté à comprendre ou à construire le langage. [2] Identifier la forme du trouble est important, car ses causes, son évolution, son évaluation et les possibilités de prise en charge ne sont pas les mêmes. [1] [2]
Comment reconnaître un trouble articulatoire chez l’enfant ?
Un trouble articulatoire de l’enfant correspond à l’impossibilité de prononcer certains sons, également appelés phonèmes. [1] Le son concerné peut être supprimé, déformé ou remplacé par un autre son. [1] Par exemple, l’enfant peut dire « apeau » à la place de « chapeau », « zou » à la place de « joue » ou « ta » à la place de « chat ». [1] Ces anomalies touchent notamment certaines consonnes et peuvent se manifester par un zozotement ou un chuintement. [1] Dans un trouble articulatoire, l’erreur portant sur un son donné est constante et systématique. [1]
Lorsqu’il est isolé, ce trouble est généralement bénin et n’a habituellement pas de conséquence sur la suite du développement de la parole. [1] Il peut néanmoins persister indéfiniment en l’absence de rééducation. [1] Les troubles simples du langage oral, dont les troubles articulatoires, peuvent régresser après une rééducation précoce et adaptée. [1]
Quelles difficultés peuvent ressembler à un trouble d’articulation ?
Dans un retard de parole, les erreurs ne sont pas constantes et chaque son peut être correctement prononcé lorsqu’il est produit isolément. [1] Après 4 à 5 ans, ces erreurs peuvent prendre la forme de confusions ou d’inversions de consonnes, de mots raccourcis ou de déformations de mots. [1] Le retard de langage concerne plus largement l’expression, avec notamment un vocabulaire pauvre, une syntaxe rudimentaire, des mots de liaison absents ou des verbes non conjugués. [1] La compréhension y est relativement préservée, même si elle peut être moins bonne que chez les enfants du même âge. [1]
Le bégaiement est un trouble de la fluidité de la parole et non une erreur portant sur la production constante d’un son. [1] Il se caractérise par des répétitions ou des prolongations involontaires de syllabes ou de parties de mots, parfois accompagnées de blocages sans émission de son. [1] La dysphasie est un trouble durable de la structure du langage qui affecte l’expression orale ainsi que la compréhension orale. [1] Elle peut entraîner des difficultés dans les apprentissages scolaires, en particulier lors de l’apprentissage du langage écrit. [1] Son évolution à long terme est variable et sa rééducation doit être entreprise le plus tôt possible. [1]
Comment la prononciation évolue-t-elle avec l’âge ?
Le développement du langage varie d’un enfant à l’autre, même si ses grandes étapes suivent une chronologie relativement constante. [1] À partir de 6 mois, des syllabes articulées apparaissent et le babillage se diversifie progressivement. [1] Les premiers mots apparaissent après l’âge d’environ un an, à un rythme très variable selon les enfants. [1] Entre 18 et 24 mois, l’enfant emploie des mots-phrases dont le sens dépend du contexte et de l’intonation. [1] Les premières associations de deux mots apparaissent vers la deuxième année, puis les phrases deviennent progressivement plus complexes. [1] Vers 3 ans apparaissent habituellement des phrases comprenant un sujet, un verbe et un complément. [1] Après 3 ans, le langage s’enrichit et se rapproche progressivement du langage adulte, tandis que l’enfant articule tous les sons. [1]
Qu’est-ce que la dysarthrie ?
La dysarthrie est une incapacité à articuler les mots normalement en raison d’un trouble du contrôle moteur de la parole. [2] La parole peut être hachée, saccadée, chuchotante, haletante, irrégulière, imprécise ou monotone selon la localisation de l’atteinte. [2] Les sons produits restent généralement proches de ceux que la personne souhaite prononcer et sont placés dans le bon ordre. [2] La compréhension et l’utilisation du langage ne sont en général pas affectées, de sorte que la plupart des personnes concernées peuvent lire et écrire normalement. [2] Les affections responsables de la dysarthrie peuvent également provoquer des difficultés de mastication et de déglutition. [2]
La dysarthrie peut résulter d’une lésion du cerveau, du cervelet, du tronc cérébral, des voies nerveuses commandant les muscles de la parole ou de la jonction entre les nerfs et les muscles. [2] Parmi les affections susceptibles d’endommager ces structures figurent notamment un accident vasculaire cérébral, un traumatisme crânien, une tumeur cérébrale, une sclérose en plaques et certaines maladies neurologiques dégénératives. [2]
Comment une dysarthrie est-elle évaluée ?
L’évaluation d’une dysarthrie repose sur un interrogatoire concernant les symptômes et sur un examen clinique. [2] Un orthophoniste participe souvent à cette évaluation. [2] Le praticien peut demander à la personne de souffler, de mobiliser les lèvres ou de tirer la langue afin d’apprécier la force et les mouvements des muscles impliqués dans la parole. [2] La répétition de mots et de phrases, le chant ou le comptage permettent d’observer plus précisément la production des sons. [2] Des tests standardisés de la fonction cérébrale peuvent compléter l’évaluation et contribuer à planifier la prise en charge. [2] Une tomodensitométrie ou une IRM peut être réalisée pour rechercher la cause de la dysarthrie. [2] D’autres examens sont choisis selon la cause suspectée, et une évaluation de la déglutition peut aussi être nécessaire. [2]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
L’orthophonie peut être utile chez certaines personnes atteintes de dysarthrie. [2] La thérapie peut comprendre des exercices respiratoires ou musculaires ainsi que la répétition de mots et de phrases. [2] Lorsque la dysarthrie est sévère, un tableau comportant des lettres ou des images, ou un dispositif informatique affichant des messages, peut être proposé pour faciliter la communication. [2] Chez l’enfant, la prise en charge dépend de la nature du trouble, car une erreur articulatoire isolée, un retard de langage, un bégaiement et une dysphasie n’ont pas la même évolution. [1]
Sources et références
[1] Bégaiement, trouble articulatoire, retard de parole, dysphasie : comprendre les troubles du langage | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Dysarthrie - Troubles du cerveau, de la moelle épinière et des nerfs - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
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