Troubles de la déglutition ou dysphagie : signes, causes, diagnostic et prise en charge

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Un trouble de la déglutition, appelé dysphagie, correspond à une difficulté faisant que les aliments ou les liquides ne progressent pas normalement de la gorge jusqu’à l’estomac. [2] La personne peut notamment avoir l’impression que ce qu’elle avale reste coincé dans la gorge ou le long de l’œsophage. [2] La dysphagie est un symptôme et non une maladie unique : elle peut provenir d’un trouble neurologique, musculaire, mécanique ou moteur de l’œsophage. [2] Une évaluation médicale est importante, car certaines causes et certaines complications nécessitent une prise en charge rapide. [2]
Comment reconnaître un trouble de la déglutition ?
La difficulté peut concerner les aliments solides, les liquides ou les deux. [2] Elle peut s’accompagner d’une toux ou d’un étouffement pendant les repas, d’une salivation inhabituelle, du rejet involontaire d’aliments par la bouche ou de leur remontée vers le nez. [1] [2] Une douleur provoquée par le passage des aliments ou des boissons porte le nom d’odynophagie. [2] Une dysphagie prolongée peut conduire à une alimentation insuffisante et à une perte de poids. [2]
La dysphagie ne doit pas être confondue avec la sensation d’avoir une boule dans la gorge lorsque cette sensation n’est pas associée à une réelle difficulté pour avaler. [1] [2] Cette sensation isolée est appelée paresthésie pharyngée. [1] [2]
Pourquoi peut-il devenir difficile d’avaler ?
Avaler exige une coordination précise du cerveau, des nerfs et de nombreux muscles de la gorge et de l’œsophage. [2] Les muscles doivent pousser le contenu dans le bon ordre, tandis que les parties supérieure et inférieure de l’œsophage doivent se relâcher au moment approprié. [1] [2] Une atteinte du cerveau ou du système nerveux, comme un accident vasculaire cérébral, la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques ou la sclérose latérale amyotrophique, peut perturber cette coordination. [2] Certaines maladies musculaires, dont la myasthénie grave, la dermatomyosite et les dystrophies musculaires, peuvent également provoquer une dysphagie. [2]
Dans l’œsophage, le passage peut être gêné par un rétrécissement cicatriciel, un anneau, une membrane, une œsophagite à éosinophiles, un cancer ou une compression provenant d’une structure voisine. [2] D’autres troubles, comme l’achalasie ou le spasme œsophagien, affectent les mouvements qui propulsent les aliments et le relâchement des muscles de l’œsophage. [2] Une difficulté comparable pour les solides et les liquides oriente davantage vers un trouble de la motilité, tandis qu’une gêne débutant avec les solides puis s’étendant aux liquides peut évoquer l’aggravation d’un obstacle physique. [2] Ces profils ne permettent toutefois pas de poser soi-même un diagnostic. [2]
Quelles complications sont possibles ?
Une dysphagie peut faire passer de la salive, des aliments ou des boissons dans les voies respiratoires, phénomène appelé aspiration. [1] [2] L’aspiration peut provoquer une pneumonie aiguë et, lorsqu’elle se répète sur une longue période, contribuer à une maladie pulmonaire chronique. [1] [2] La difficulté à manger suffisamment expose aussi à une perte de poids et à une dégradation de l’état nutritionnel. [2]
Quand faut-il consulter ?
Une évaluation médicale immédiate est nécessaire en cas d’incapacité totale à avaler ou de salivation suggérant une obstruction complète. [2] Cette évaluation immédiate est également indiquée en cas de déglutition douloureuse, de nouveau trouble neurologique tel qu’une faiblesse, ou de pneumonies d’aspiration répétées. [2]
Une dysphagie associée à une perte de poids nécessite une consultation, sans relever de la même immédiateté que les autres signes avant-coureurs décrits. [2] En l’absence de signe avant-coureur, la source recommande tout de même une consultation dans un délai d’environ une semaine. [2] Une personne qui tousse ou s’étouffe chaque fois qu’elle mange ou boit doit être examinée plus rapidement. [2]
Comment le médecin recherche-t-il la cause ?
L’évaluation commence par des questions sur le début et l’évolution du trouble, les aliments concernés, les régurgitations, la toux pendant les repas et les autres symptômes. [2] L’examen clinique recherche notamment des signes neurologiques ou musculaires, des anomalies du cou et des répercussions sur l’état nutritionnel. [2] Les constatations orientent ensuite le choix des examens complémentaires. [2]
En présence de signes d’obstruction complète ou presque complète, l’œsophage est examiné immédiatement par endoscopie haute. [2] L’endoscopie permet de visualiser l’intérieur de l’œsophage et de réaliser des biopsies lorsque cela est nécessaire, notamment pour rechercher une œsophagite à éosinophiles. [2] Lorsque les symptômes n’évoquent pas une obstruction complète, une déglutition barytée peut montrer le trajet d’un produit visible sur les radiographies. [2] Si ces examens sont normaux ou suggèrent un trouble des mouvements de l’œsophage, une manométrie peut mesurer ses contractions et le relâchement de sa partie inférieure. [2]
Quels sont les principes du traitement et du suivi ?
Le traitement dépend de la cause précise de la dysphagie plutôt que du seul symptôme. [1] [2] Pour soulager certains symptômes, les médecins peuvent conseiller de prendre de petites bouchées et de bien mâcher les aliments. [2] Ces adaptations ne remplacent pas l’évaluation de la cause et ne conviennent pas nécessairement lorsqu’il existe un risque élevé d’étouffement. [2]
Une rééducation peut comprendre un changement de position de la tête pendant le repas, un réentraînement des muscles de la déglutition ou des exercices de renforcement et de coordination de la langue. [1] [2] Selon la cause et les difficultés constatées, la prise en charge peut faire intervenir des professionnels de la rééducation, de l’orthophonie, de l’oto-rhino-laryngologie, de la gastro-entérologie ou de la dentisterie prothétique. [1] [2] Lorsqu’une personne ne peut pas avaler sans risque élevé de suffocation, l’équipe soignante peut juger nécessaire de remplacer l’alimentation habituelle par une alimentation administrée au moyen d’une sonde. [1] [2] La décision d’utiliser une sonde relève d’une évaluation médicale et ne doit pas être prise à partir du seul ressenti du patient. [1] [2]
Sources et références
[1] Troubles de la déglutition - Troubles digestifs - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Troubles de la déglutition - Troubles digestifs - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
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