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Abcès rétropharyngé : signes, diagnostic et traitement

Un abcès rétropharyngé est une poche de pus formée dans l’espace situé derrière le pharynx, au fond de la gorge. [1] [3] Cette infection bactérienne rare touche surtout les jeunes enfants, mais elle peut également survenir chez un enfant plus âgé ou un adulte. [1] [2] [3] Elle peut menacer la vie en obstruant les voies respiratoires ou en propageant l’infection vers le thorax et la circulation sanguine. [1] [2] [3] Une difficulté à avaler ou à respirer associée à de la fièvre nécessite une évaluation médicale immédiate. [3]

Pourquoi cet abcès apparaît-il surtout chez le jeune enfant ?

Chez le jeune enfant, l’abcès se développe généralement à partir de ganglions lymphatiques situés derrière le pharynx. [1] [2] Une infection du pharynx, des amygdales, des sinus, des végétations adénoïdes ou du nez peut gagner ces ganglions, puis entraîner leur suppuration et la formation de pus. [1] [2] Ces ganglions commencent à régresser vers l’âge de 4 à 5 ans, ce qui explique que la maladie soit moins fréquente après la petite enfance. [1] [2] [3] Chez les enfants plus âgés et les adultes, une blessure de l’arrière du pharynx, notamment après l’ingestion d’un objet pointu ou un geste instrumental, peut introduire des bactéries dans cet espace. [1] [2] [3] Une infection dentaire peut également être à l’origine d’une infection rétropharyngée. [3] Plusieurs espèces de bactéries aérobies et anaérobies peuvent être présentes simultanément dans l’abcès. [1] [2] [3]

Quels signes peuvent faire suspecter un abcès rétropharyngé ?

Les manifestations fréquentes sont une fièvre, un mal de gorge, une déglutition difficile ou douloureuse et une raideur de la nuque. [1] [2] [3] Des ganglions gonflés dans le cou, un torticolis ou une limitation douloureuse des mouvements du cou peuvent aussi être présents. [1] [2] [3] Chez l’enfant, une salivation inhabituelle peut traduire la difficulté à avaler ses propres sécrétions. [1] [3] La voix peut devenir rauque, étouffée ou anormalement nasale. [1] [3] Une respiration bruyante, un stridor aigu, un essoufflement ou un creusement du thorax à l’inspiration signalent une atteinte possible des voies respiratoires. [1] [2] [3] Pour mieux respirer, un enfant peut se pencher vers l’avant, rejeter la tête en arrière ou avancer la mâchoire. [1] Chez l’adulte, une douleur intense du cou peut être au premier plan, sans stridor obligatoire. [1] [2] Au début, la maladie peut ressembler à une pharyngite banale, puis les difficultés à avaler et les signes d’obstruction deviennent plus visibles à mesure que l’infection progresse. [3]

Une difficulté à respirer, une respiration bruyante, l’impossibilité d’avaler les sécrétions ou une difficulté à avaler accompagnée de fièvre justifient une prise en charge médicale immédiate. [3] Ces signes ne doivent pas être considérés comme ceux d’une simple infection virale des voies respiratoires sans évaluation médicale. [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le médecin envisage ce diagnostic devant l’association de symptômes comme un mal de gorge sévère inexpliqué, une raideur de nuque, un stridor ou une respiration bruyante. [1] [2] L’examen peut retrouver un bombement de la paroi située au fond du pharynx, mais cette anomalie n’est pas toujours visible. [2] [3] Lorsque l’abcès est suspecté, l’examen de l’arrière de la gorge doit être réalisé avec prudence par des professionnels capables de prendre en charge une urgence respiratoire, car une rupture de l’abcès peut provoquer une inhalation de pus. [3] Le diagnostic repose sur l’imagerie du cou, habituellement une radiographie de profil ou une tomodensitométrie, aussi appelée scanner. [1] [2] Le scanner aide à distinguer une inflammation diffuse des tissus, appelée cellulite, d’une véritable poche de pus et à préciser l’étendue de l’infection. [2] Des analyses de sang peuvent rechercher des signes d’inflammation et identifier une éventuelle infection passée dans le sang. [3] La priorité reste cependant la sécurité respiratoire si les examens ou les prélèvements risquent d’aggraver la détresse d’un jeune enfant. [3]

Quelles maladies peuvent lui ressembler ?

Une douleur de gorge accompagnée d’une nuque raide n’est pas spécifique d’un abcès rétropharyngé. [3] [4] Parmi les diagnostics envisagés figurent notamment la pharyngite, l’épiglottite, un corps étranger, un abcès périamygdalien ou parapharyngé et certaines infections de la colonne cervicale. [3] Chez l’adulte, la tendinite calcifiante rétropharyngée peut provoquer une douleur cervicale, une nuque raide et une déglutition douloureuse tout en imitant un abcès. [4] Cette tendinite est une inflammation non infectieuse associée à des dépôts de cristaux de calcium devant les vertèbres cervicales. [4] Elle suit habituellement une évolution spontanément favorable et ne relève donc pas du même traitement qu’un abcès bactérien. [4] La distinction repose sur l’ensemble de l’examen clinique, des analyses et de l’imagerie, notamment la recherche de calcifications caractéristiques au scanner. [4]

Comment l’abcès rétropharyngé est-il traité ?

Un abcès rétropharyngé confirmé nécessite une prise en charge hospitalière avec surveillance étroite des voies respiratoires. [3] Le traitement comprend des antibiotiques à large spectre administrés généralement par voie intraveineuse afin de couvrir les bactéries respiratoires aérobies et anaérobies. [2] [3] Le choix des antibiotiques et leur adaptation dépendent de la situation clinique et, lorsqu’un prélèvement est disponible, des bactéries identifiées. [3] En présence d’une obstruction ou d’une menace sur les voies respiratoires, leur sécurisation est prioritaire et un drainage chirurgical immédiat peut être nécessaire. [2] [3] Une intubation peut être réalisée pour maintenir le passage de l’air pendant la prise en charge. [1] [2] Le drainage consiste à ouvrir l’abcès afin d’évacuer le pus, le plus souvent par une incision à travers la paroi postérieure du pharynx. [1] [2] [3] Chez certains enfants sans détresse respiratoire sévère, un petit abcès peut parfois être traité initialement par antibiotiques intraveineux avec une surveillance rapprochée. [2] [3] La décision d’opérer tient notamment compte de l’état respiratoire, de la taille et de l’étendue de l’abcès, des complications, de l’immunité du patient et de la réponse aux antibiotiques. [2] [3] Les stratégies reposent en grande partie sur des données observationnelles, ce qui explique que la prise en charge soit individualisée. [2]

Évolution, complications et suivi

Lorsque le diagnostic est précoce et le traitement rapide, l’évolution est généralement favorable, notamment chez l’enfant. [1] [3] Sans prise en charge rapide, l’abcès peut obstruer les voies respiratoires ou se rompre dans celles-ci, avec un risque d’asphyxie ou de pneumonie par inhalation. [1] [2] [3] L’infection peut également descendre vers le thorax, atteindre la circulation sanguine, provoquer un choc septique ou favoriser la formation de caillots infectés dans les veines jugulaires. [1] [2] Pendant le traitement, la surveillance porte en priorité sur la respiration et sur l’évolution clinique sous antibiotiques. [2] [3] Certaines personnes peuvent avoir besoin d’une hospitalisation prolongée ou d’une aide temporaire pour l’alimentation en raison de l’inflammation persistante des voies aérodigestives supérieures. [3]

Peut-on prévenir un abcès rétropharyngé ?

Il n’est pas toujours possible d’éviter l’infection respiratoire ou le traumatisme qui précède l’abcès. [3] L’hygiène des mains et les mesures limitant la transmission des infections respiratoires peuvent contribuer à réduire certaines infections préalables. [3] Une bonne hygiène bucco-dentaire et des examens dentaires réguliers contribuent à prévenir les infections dentaires susceptibles de se propager. [3] Après une blessure de la gorge par un objet pointu, l’apparition de fièvre, de douleurs cervicales ou de difficultés à avaler ou à respirer doit conduire à une évaluation médicale immédiate. [1] [3]

Sources et références

[3] Retropharyngeal Abscess - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

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