Torticolis : signes, causes possibles, diagnostic et traitements

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Le torticolis correspond à une position anormale de la tête et du cou, associant le plus souvent une inclinaison et une rotation, mais il peut aussi se présenter par une flexion ou une extension inhabituelle. [2] Il ne constitue pas toujours une maladie en lui-même : il peut être la manifestation de situations très différentes, présentes dès la naissance ou acquises plus tard. [3] La cause ne peut donc pas être déterminée à partir de la seule position du cou, et l'âge d'apparition, la douleur, la durée, le contexte ainsi que les symptômes associés orientent l'évaluation. [2]
Comment reconnaître un torticolis ?
Dans sa forme typique, la tête est inclinée d'un côté tandis que le menton tourne vers le côté opposé. [2] [3] L'inclinaison peut être constante ou intermittente et s'accompagner d'une limitation des mouvements, d'une raideur ou d'une douleur musculaire ou cervicale. [2] Dans le torticolis spasmodique, aussi appelé dystonie cervicale, la douleur peut être unilatérale, irradier vers l'épaule et s'accompagner d'une raideur musculaire. [2] Toute position inhabituelle de la tête n'est cependant pas nécessairement un torticolis, notamment lorsqu'elle sert à compenser un trouble visuel ou une autre affection. [2] [3]
Quelles sont les principales formes et causes possibles ?
L'âge de début permet d'abord de distinguer le torticolis congénital, présent à la naissance ou pendant les premières semaines de vie, d'un torticolis acquis apparaissant plus tard. [2] [3] Les causes acquises décrites comprennent notamment un traumatisme, une infection ou une inflammation, une affection neurologique, un trouble oculaire, une maladie rhumatologique, une atteinte vestibulaire ou l'effet d'un médicament. [2] [3] Chez l'adulte, la dystonie cervicale est une forme neurologique dans laquelle une augmentation involontaire du tonus de certains muscles du cou entraîne une posture anormale. [2] Un torticolis peut aussi accompagner une anomalie des vertèbres cervicales ou, plus rarement, une atteinte intracrânienne, ce qui explique l'importance de rechercher le contexte et les signes associés. [2] [1]
Le torticolis congénital chez le nourrisson
Le torticolis congénital se manifeste à la naissance ou peu après par une inclinaison de la tête, souvent associée à une rotation du menton vers le côté opposé. [1] [3] Sa forme musculaire est liée à une anomalie du muscle sternocléidomastoïdien, qui peut être raccourci, épaissi ou moins souple. [3] Une petite masse indolore peut parfois être palpable le long de ce muscle pendant les premières semaines de vie. [3] Les mécanismes proposés comprennent des contraintes intra-utérines et une lésion musculaire autour de l'accouchement, mais aucun n'est démontré et la cause exacte reste inconnue ; d'autres formes sont liées à des anomalies vertébrales telles que le syndrome de Klippel-Feil ou une fusion atlanto-occipitale. [3] Une préférence persistante pour tourner la tête du même côté peut favoriser un aplatissement asymétrique du crâne, appelé plagiocéphalie positionnelle, ainsi qu'une asymétrie du visage. [3] Sans prise en charge adaptée, un torticolis persistant pendant l'enfance peut gêner le développement de la colonne cervicale et du visage. [2] [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose d'abord sur l'histoire des symptômes et sur un examen clinique méthodique. [2] [3] L'évaluation tient compte de l'âge d'apparition, du caractère aigu ou chronique, de la présence d'une douleur, d'un traumatisme récent, de nouveaux médicaments et du caractère permanent, intermittent ou paroxystique de la posture. [2] L'examen apprécie la posture, la mobilité active et passive du cou, les zones douloureuses et les éventuels facteurs qui atténuent la position anormale. [2] Selon le contexte, il peut aussi comporter un examen neurologique, oculaire, auditif, ORL et musculosquelettique. [2] [3] Une radiographie, une échographie, un scanner, une IRM ou des analyses biologiques ne sont pas systématiques : leur indication dépend de la cause suspectée et des constatations de l'examen. [2] [3] Chez le nourrisson atteint d'un torticolis congénital, l'examen recherche notamment une anomalie du muscle du cou, une asymétrie du crâne, un trouble visuel et d'autres anomalies musculosquelettiques associées. [3]
Quels signes associés nécessitent une attention particulière ?
Un torticolis persistant accompagné de vomissements répétés est un signal d'alerte qui impose un examen neurologique approfondi et une neuro-imagerie afin d'exclure une atteinte intracrânienne. [2] Une fièvre associée doit faire rechercher une cause infectieuse ou inflammatoire, notamment au niveau ORL, osseux ou articulaire. [2] Des troubles de la marche ou de l'équilibre, des maux de tête, des modifications de la vision ou d'autres signes neurologiques font partie des symptômes associés à signaler lors de l'évaluation. [2] Après un traumatisme, une douleur osseuse ou une mobilité anormale peut conduire à rechercher une fracture, une luxation ou une autre anomalie de la colonne cervicale par imagerie. [2]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement dépend de la cause identifiée : une forme musculaire congénitale, une dystonie cervicale, une infection et une anomalie vertébrale ne relèvent pas de la même prise en charge. [1] [2] La physiothérapie fait partie des principales approches conservatrices et vise notamment à améliorer la mobilité du cou et à limiter les contractures. [2] [3] Chez le nourrisson atteint d'un torticolis musculaire congénital, la prise en charge repose principalement sur des étirements, des exercices de mobilité et des adaptations de positionnement encadrés par les professionnels qui suivent l'enfant. [1] [3] L'objectif est de retrouver une mobilité active et passive adaptée à l'âge et de favoriser une croissance symétrique de la tête, du visage et du cou. [3] Des médicaments agissant sur les spasmes, des injections de toxine botulique ou une intervention chirurgicale peuvent être envisagés dans certaines formes, selon la cause et la réponse aux mesures conservatrices. [1] [2] [3] Dans le torticolis congénital difficile à traiter, la toxine botulique peut servir à détendre un muscle resté raide, tandis qu'une chirurgie peut être proposée pour certaines anomalies vertébrales ou après l'échec d'un traitement conservateur. [1] [3]
Évolution et suivi du torticolis congénital
Le pronostic du torticolis congénital est généralement favorable lorsqu'il est identifié et pris en charge tôt. [3] Le suivi évalue la mobilité active et passive du cou, la symétrie de la tête et du visage ainsi que le développement moteur de l'enfant. [3] Une amélioration insuffisante malgré le traitement conservateur conduit à réévaluer le diagnostic et à discuter d'autres options spécialisées. [3] Le repérage précoce d'une inclinaison persistante de la tête, d'une limitation des mouvements ou d'une masse dans le cou permet d'engager plus tôt cette évaluation. [3]
Sources et références
[1] Torticolis congénital - Santé des enfants - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Torticollis - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[3] Congenital Torticollis - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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