Aller au contenu principal

Amnésie globale transitoire : signes, diagnostic et évolution

L’amnésie globale transitoire, aussi appelée ictus amnésique, est un syndrome neurologique marqué par une perte de mémoire soudaine et temporaire. [1] [2] La personne ne parvient surtout plus à enregistrer de nouveaux souvenirs et peut aussi oublier une partie des événements survenus avant le début de l’épisode. [1] [3] Même si son évolution est habituellement favorable, une amnésie brutale ne permet pas de poser soi-même ce diagnostic, car un accident vasculaire cérébral, une crise épileptique, un traumatisme ou une intoxication peuvent produire des manifestations proches. [2] [3] Une évaluation médicale pendant l’épisode est donc importante pour confirmer la nature du trouble et écarter une autre cause nécessitant un traitement urgent. [2] [3]

Comment reconnaître l’épisode typique ?

L’épisode commence brutalement, le plus souvent chez une personne âgée de 50 à 70 ans. [1] [2] La difficulté principale est l’amnésie antérograde, c’est-à-dire l’incapacité à conserver les informations nouvelles reçues après le début de l’épisode. [2] [3] La personne peut ainsi répéter continuellement les mêmes questions, par exemple pour demander où elle se trouve ou ce qui vient de se passer. [1] [2] Une amnésie rétrograde, qui concerne des souvenirs formés avant l’épisode, peut également être présente mais elle est généralement moins marquée. [2] [3]

Malgré cette perte de mémoire impressionnante, la personne reste habituellement éveillée, capable de communiquer et consciente de son identité. [1] [3] Elle reconnaît généralement ses proches et peut répondre de manière cohérente aux questions qui ne dépendent pas des souvenirs récents. [1] [2] Le langage, l’attention, les capacités visuospatiales et les comportements sociaux sont habituellement préservés. [2] Une anxiété ou une agitation est fréquente, notamment parce que la personne ne comprend pas pourquoi elle se trouve dans cette situation. [1] [2]

L’amnésie dure généralement quelques heures et doit disparaître en moins de 24 heures pour correspondre à la présentation classique. [2] [3] La récupération se fait progressivement à mesure que l’épisode s’estompe. [2] Après la récupération, un trou de mémoire concernant la période de l’épisode peut persister, car les souvenirs n’ont pas pu être correctement enregistrés. [2] [3]

Que faire devant une perte de mémoire brutale ?

Une perte de mémoire brutale en cours doit faire l’objet d’une évaluation médicale sans attendre, même si la personne reste éveillée et parle normalement. [2] [3] La présence d’une faiblesse d’un côté du corps, d’un autre signe neurologique localisé, d’une altération de la conscience, d’un traumatisme récent ou d’une confusion prolongée rend une autre cause plus probable et impose une attention urgente. [3] Une durée supérieure à 24 heures ne correspond pas à la définition habituelle de l’amnésie globale transitoire et nécessite de reconsidérer le diagnostic. [2] [3]

Le caractère rassurant de l’amnésie globale transitoire ne peut être retenu qu’après une évaluation clinique compatible et l’exclusion des principales maladies qui l’imitent. [2] Il ne faut donc pas attribuer d’emblée l’épisode au stress, à la fatigue ou à l’âge. [2] [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose principalement sur le récit du début de l’épisode, idéalement fourni par un témoin, et sur l’examen clinique. [2] [3] L’examen neurologique ne retrouve habituellement pas d’anomalie en dehors du trouble de mémoire. [2] Un déficit neurologique focal, une baisse de vigilance ou des signes évocateurs d’une crise épileptique ne font pas partie de la présentation classique. [3]

Des analyses de sang ou d’urine peuvent rechercher une anomalie métabolique, la présence d’alcool, un médicament ou une drogue susceptible d’expliquer l’amnésie. [1] [3] L’imagerie cérébrale, notamment l’IRM, peut être utilisée pour écarter un accident vasculaire cérébral ou une autre lésion cérébrale. [2] Une IRM réalisée pendant l’épisode est souvent normale, ce qui ne suffit pas à elle seule pour confirmer ou exclure le syndrome. [1] [2] Quelques jours plus tard, l’IRM peut montrer de minuscules anomalies dans l’hippocampe, une région cérébrale importante pour la formation et la récupération des souvenirs. [1] Un électroencéphalogramme peut être demandé lorsqu’une origine épileptique est suspectée ou lorsque les épisodes se répètent. [2] [3]

Les principales causes à distinguer comprennent l’accident vasculaire cérébral touchant l’hippocampe, l’amnésie épileptique transitoire, l’amnésie liée à une substance, l’amnésie après un traumatisme et certaines amnésies psychogènes. [2] Les épisodes épileptiques sont notamment envisagés lorsqu’ils sont courts, fréquents ou associés à d’autres manifestations évocatrices de crise. [3] L’amnésie liée à l’alcool ou à une autre substance survient dans le contexte de l’intoxication et ne présente pas exactement le même profil de perte de mémoire. [1]

Quelles sont les causes et les situations déclenchantes ?

La cause exacte de l’amnésie globale transitoire reste inconnue. [1] [4] Des mécanismes liés à la migraine, à la circulation sanguine ou veineuse, au stress métabolique de l’hippocampe, aux crises épileptiques ou à des facteurs psychologiques ont été proposés sans qu’un mécanisme unique soit démontré. [2] [4] Ces hypothèses ne signifient pas qu’une personne ayant présenté un épisode souffre nécessairement de migraine, d’épilepsie ou d’une maladie vasculaire. [1] [4]

Un épisode peut survenir après un effort physique, un stress émotionnel, une douleur, une relation sexuelle, un acte médical ou une immersion soudaine dans de l’eau froide ou chaude. [1] [2] Une manœuvre de Valsalva, qui consiste à pousser fortement en bloquant l’expiration, fait également partie des circonstances rapportées. [1] [2] Un événement précédant l’épisode est un déclencheur possible et non la preuve de sa cause. [1] [4] Dans de nombreux cas, aucun déclencheur n’est retrouvé. [1] [2]

Quels sont les traitements et le suivi ?

Il n’existe pas de traitement spécifique de l’amnésie globale transitoire elle-même. [1] [2] La prise en charge consiste principalement à surveiller l’évolution, à rassurer la personne et ses proches et à rechercher une autre cause. [3] Une observation à l’hôpital peut être nécessaire jusqu’à la disparition du trouble de mémoire ou lorsque le diagnostic reste incertain. [3] [5] Si une maladie sous-jacente ou un autre diagnostic est identifié, son traitement dépend de cette cause plutôt que de l’amnésie globale transitoire. [1] [2]

Le pronostic est généralement favorable, avec une récupération de la fonction de mémoire dans les 24 heures et sans séquelle neurologique durable attribuable au syndrome. [1] [2] [3] La plupart des personnes ne présentent qu’un seul épisode, mais une récidive reste possible. [1] [2] La répétition d’épisodes amnésiques justifie une nouvelle évaluation, notamment pour rechercher une origine épileptique ou une autre cause. [1] [2] Une fois le diagnostic confirmé, l’amnésie globale transitoire n’est pas associée à une augmentation du risque d’accident vasculaire cérébral. [2] [5]

Peut-on prévenir une récidive ?

Aucun traitement préventif ayant une efficacité établie ne permet actuellement d’empêcher une récidive d’amnésie globale transitoire. [5] Les déclencheurs possibles ne sont pas retrouvés chez tout le monde et leur présence ne permet pas de prévoir avec certitude un nouvel épisode. [1] [5] Après la résolution complète du déficit de mémoire, aucune restriction générale des activités quotidiennes n’est habituellement nécessaire du seul fait de ce syndrome. [3] [5] Les facteurs de risque cardiovasculaire ou les maladies associées doivent toutefois être pris en charge pour leurs propres indications médicales. [5]

Sources et références

[3] Transient Global Amnesia - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[4] Forgetting the Unforgettable: Transient Global Amnesia Part I: Pathophysiology and Etiology

www.ebi.ac.uk · Version : 2022-06-12 · Consulté le 2026-09-16

[5] Forgetting the Unforgettable: Transient Global Amnesia Part II: A Clinical Road Map

www.ebi.ac.uk · Version : 2022-07-06 · Consulté le 2026-09-16

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées