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Thrombose veineuse : signes, diagnostic, traitement et risques

Une thrombose est la formation d’un caillot sanguin dans une veine ou une artère. [3] La thrombose veineuse correspond plus précisément à un caillot formé dans le réseau veineux, le plus souvent au niveau des membres inférieurs. [3] Elle peut toucher une veine superficielle située sous la peau ou une veine profonde placée au cœur du système musculaire. [3] Cette distinction est importante, car une thrombose veineuse profonde peut provoquer une embolie pulmonaire, tandis qu’une thrombose superficielle entraîne plus rarement cette complication. [3] [2]

Quelle différence entre thrombose superficielle et thrombose profonde ?

La thrombose veineuse superficielle, aussi appelée phlébite superficielle ou paraphlébite, associe une inflammation et un caillot dans une veine proche de la peau. [3] [2] Elle atteint habituellement les jambes, mais peut également toucher les veines superficielles de l’aine ou des bras. [2] La thrombose veineuse profonde, souvent appelée phlébite, se forme dans une veine profonde, habituellement au niveau du mollet, de la cuisse ou du petit bassin. [1] [3] Un caillot profond distal, situé dans le mollet, peut s’étendre vers les veines proximales de la cuisse et devenir susceptible de provoquer une embolie pulmonaire. [1] Une thrombose superficielle peut également s’étendre au réseau veineux profond. [3]

Pourquoi un caillot veineux se forme-t-il ?

La thrombose veineuse est favorisée par un ralentissement du flux sanguin, une lésion de la paroi interne de la veine ou une tendance excessive du sang à coaguler, appelée hypercoagulabilité. [1] [3] Lorsque le sang circule moins bien ou que la paroi veineuse est lésée, le système normalement chargé d’arrêter les hémorragies peut former un thrombus en dehors de tout saignement. [3] L’immobilisation, un alitement prolongé, une intervention chirurgicale, un plâtre ou un voyage de plusieurs heures font partie des situations favorisant la stase veineuse. [3] L’âge, la grossesse, l’obésité, le cancer, certaines maladies inflammatoires chroniques et certains troubles de la coagulation sont aussi associés à une augmentation du risque. [3] [4] Certains traitements hormonaux, notamment la contraception œstroprogestative et le traitement hormonal de la ménopause, figurent également parmi les facteurs de risque acquis. [4] La présence d’un facteur de risque ne signifie toutefois pas qu’une thrombose se produira. [2]

Quels signes peuvent évoquer une thrombose veineuse ?

Une thrombose veineuse profonde peut ne provoquer aucun symptôme. [1] [3] Lorsqu’ils sont présents, une douleur, un gonflement, une rougeur ou une sensibilité le long d’une veine peuvent l’évoquer. [1] [3] Ces manifestations ne sont pas spécifiques et peuvent aussi être causées par un traumatisme, une infection cutanée, un kyste poplité ou une lésion musculaire ou tendineuse. [1] L’association d’une rougeur, d’un œdème et d’une douleur de la jambe ou du mollet doit alerter et conduire à consulter, même si ces trois signes ne sont pas toujours réunis. [3] Dans une thrombose superficielle, la zone devient généralement rouge, chaude, gonflée et douloureuse, et la veine peut être perçue comme un cordon dur sous la peau. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Les symptômes seuls ne permettent pas de confirmer une thrombose veineuse profonde. [1] Le médecin évalue d’abord la probabilité du diagnostic à partir des symptômes, de l’examen clinique, des antécédents et des facteurs de risque. [1] [3] L’écho-Doppler permet d’examiner les veines et leur flux sanguin afin de confirmer ou d’écarter une thrombose veineuse profonde. [1] [3] Le dosage des D-dimères recherche dans le sang des produits issus de la dégradation de la fibrine d’un caillot. [1] [3] Chez une personne dont la probabilité clinique est faible, un résultat négatif peut permettre d’exclure une thrombose veineuse profonde. [1] Un résultat positif ne confirme pas à lui seul le diagnostic, car les D-dimères peuvent être élevés pendant une grossesse, après une intervention chirurgicale ou un traumatisme, ou en présence d’une inflammation, d’un cancer ou d’autres maladies. [1] Une thrombose superficielle est souvent reconnue à l’examen clinique, mais une échographie peut être réalisée dans certaines situations pour rechercher une atteinte des veines profondes. [2]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement d’une thrombose veineuse profonde repose généralement sur des anticoagulants. [1] [3] Ces médicaments ne détruisent pas directement le caillot, mais cherchent à empêcher son extension ou sa reformation. [3] Le traitement vise notamment à prévenir l’embolie pulmonaire, à soulager les symptômes et à réduire le risque de récidive et de syndrome post-thrombotique. [1] Le choix de l’anticoagulant dépend notamment des autres maladies présentes, de la fonction rénale, d’un éventuel cancer et du risque de saignement. [1] [3] Certaines thromboses distales isolées sans symptôme grave peuvent relever d’échographies répétées, avec anticoagulation si le caillot s’étend. [1] Les traitements destinés à dissoudre ou à retirer le caillot sont réservés à des situations sélectionnées, car la thrombolyse expose à un risque de saignement plus élevé que l’anticoagulation seule. [1] Une thrombose superficielle peut être prise en charge par des mesures antalgiques, tandis qu’un anticoagulant est parfois utilisé lorsqu’elle est très étendue. [2]

Quels risques et quelles complications surveiller ?

L’embolie pulmonaire est la principale complication immédiate d’une thrombose veineuse profonde. [1] Elle se produit lorsqu’un fragment du caillot migre jusqu’à une artère pulmonaire et l’obstrue. [3] À plus long terme, l’altération des veines peut provoquer une insuffisance veineuse chronique ou un syndrome post-thrombotique associant notamment douleur et œdème. [1] [3] [4] Le risque de récidive est plus élevé lorsque persistent des facteurs comme un cancer, un état d’hypercoagulabilité ou une thrombose antérieure incomplètement résolue. [1] Les anticoagulants réduisent les complications thrombotiques mais exposent en contrepartie à un risque hémorragique. [3] Avec les antivitamines K, la variabilité de l’effet impose un suivi biologique régulier afin de maîtriser la dose efficace. [3]

Comment réduire le risque de thrombose veineuse ?

La marche favorise le retour du sang vers le cœur et contribue au bon fonctionnement de la circulation veineuse. [3] Pendant un voyage de plusieurs heures, effectuer régulièrement des mouvements de jambes ou marcher aide à limiter les périodes d’immobilité. [3] Lorsqu’une insuffisance veineuse est connue, une activité physique adaptée et, selon la situation, une compression médicale peuvent participer à la prévention de ses complications. [3] La prévention médicale autour d’une chirurgie, d’une hospitalisation ou d’une immobilisation dépend du niveau de risque propre à chaque personne. [4]

Que montrent les données françaises ?

En France, plus de 62 000 adultes ont été hospitalisés en 2022 avec une maladie veineuse thromboembolique comme motif principal du séjour ou d’une unité médicale. [4] Ces données ne comptabilisent pas toutes les thromboses prises en charge en ville et concernent surtout les thromboses veineuses profondes les plus sévères lorsqu’elles sont hospitalisées. [4] Parmi les patients hospitalisés, les antécédents de cancer et les hospitalisations prolongées récentes étaient fréquents. [4]

Sources et références

[4] Article - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

beh.santepubliquefrance.fr · Consulté le 2026-09-15

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Spécialités médicales concernées

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Chirurgien vasculaire