Thromboembolie veineuse : thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire

La thromboembolie veineuse regroupe principalement deux affections liées : la thrombose veineuse profonde, dans laquelle un caillot se forme dans une veine profonde, et l’embolie pulmonaire, qui survient lorsqu’un caillot migre jusqu’aux poumons. [1] [2] Une thrombose veineuse profonde apparaît le plus souvent dans une jambe ou le bassin, mais elle peut aussi toucher un bras. [1] Cette fiche est limitée à la thromboembolie veineuse. [1] [2]
Comment un caillot veineux se forme-t-il ?
Trois mécanismes principaux favorisent la thrombose veineuse : le ralentissement de la circulation du sang, une lésion de la paroi veineuse et une tendance accrue du sang à coaguler. [1] [2] Le ralentissement de la circulation peut notamment être lié à un alitement prolongé, à une paralysie, à une maladie grave, à une intervention chirurgicale ou à une longue période passée en position assise. [1] Une chirurgie, une blessure d’un membre, une inflammation ou l’injection d’une substance irritante peuvent endommager une veine et contribuer à la formation d’un caillot. [1] Le cancer, certaines anomalies héréditaires de la coagulation, la grossesse, la période suivant une intervention chirurgicale, le tabagisme et certains traitements hormonaux peuvent également augmenter la tendance à coaguler. [1] Une thrombose peut exceptionnellement survenir chez une personne en bonne santé restant assise longtemps pendant un voyage, mais elle est peu fréquente dans cette situation et concerne généralement des personnes ayant d’autres facteurs de risque. [1]
Quels signes peuvent évoquer une thrombose ou une embolie pulmonaire ?
Une thrombose veineuse profonde peut ne provoquer aucun symptôme, ce qui rend son repérage parfois difficile. [1] Lorsqu’une veine profonde de la jambe est atteinte, le mollet peut gonfler et devenir chaud, douloureux ou sensible au toucher. [1] Le gonflement peut aussi atteindre la cheville, le pied ou la cuisse selon la veine concernée, tandis qu’une thrombose d’un membre supérieur peut faire gonfler le bras. [1]
Une douleur thoracique ou un essoufflement peuvent être les premiers signes d’une embolie pulmonaire chez une personne porteuse d’un caillot veineux. [1] Une embolie pulmonaire de grande taille peut entraîner une chute de la pression artérielle, un taux d’oxygène très bas et une dégradation rapide nécessitant un traitement immédiat. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Les symptômes ne suffisent pas à confirmer une thrombose veineuse profonde, notamment parce que la douleur et le gonflement peuvent être discrets ou absents. [1] Lorsqu’une thrombose veineuse profonde est suspectée, l’échographie Doppler permet de rechercher et de confirmer la présence d’un caillot. [1] Le dosage sanguin des D-dimères peut compléter l’évaluation, car une valeur qui n’est pas augmentée rend une thrombose veineuse profonde peu probable. [1] En présence de symptômes d’embolie pulmonaire, la recherche repose notamment sur une angiographie par tomodensitométrie et, plus rarement, sur une scintigraphie pulmonaire. [1] D’autres examens peuvent être nécessaires pour rechercher une cause sous-jacente, comme un cancer ou une maladie favorisant anormalement la coagulation. [1]
Quels sont les principes du traitement ?
Le principal objectif du traitement d’une thrombose veineuse profonde est d’empêcher le caillot de grossir et de prévenir une embolie pulmonaire. [1] Les anticoagulants diminuent la capacité du sang à coaguler et limitent ainsi la formation de nouveaux caillots ou l’augmentation de volume des caillots existants, mais ils ne dissolvent pas directement un caillot déjà formé. [1] Le choix de l’anticoagulant et la durée du traitement dépendent notamment de la cause du caillot, de son caractère temporaire ou persistant, des éventuels épisodes antérieurs et du risque de saignement. [1] Le saignement, parfois grave, est la principale complication du traitement anticoagulant et justifie une évaluation individuelle du rapport entre bénéfice et risque. [1] Certains anticoagulants nécessitent des analyses sanguines régulières, tandis que d’autres n’exigent généralement pas de contrôles fréquents pour ajuster la dose. [1]
Les médicaments thrombolytiques, destinés à dissoudre les caillots, ne sont utilisés qu’occasionnellement pour des caillots importants, car ils exposent à un risque hémorragique plus élevé. [1] Un filtre placé dans la veine cave peut être envisagé dans de rares situations où les anticoagulants ne peuvent pas être administrés, par exemple en présence d’un saignement. [1] Ce filtre peut retenir un embole, mais il n’empêche pas la formation de nouveaux caillots, n’élimine pas complètement le risque d’embolie et est moins efficace que les anticoagulants pour prévenir une embolie pulmonaire. [1] Le traitement d’une embolie pulmonaire peut comprendre de l’oxygène, des médicaments contre la douleur et des anticoagulants. [1] Lorsqu’une embolie pulmonaire met la vie en danger, des thrombolytiques ou une intervention chirurgicale destinée à retirer l’embole peuvent être utilisés. [1]
Quelles complications et quel suivi après une thrombose ?
L’embolie pulmonaire est la complication aiguë la plus préoccupante d’une thrombose veineuse profonde, car le caillot détaché peut obstruer une artère pulmonaire et parfois être fatal. [1] À plus long terme, un caillot peut laisser du tissu cicatriciel et endommager les valvules des veines, provoquant une insuffisance veineuse chronique ou un syndrome post-thrombotique. [1] Cette complication peut entraîner un gonflement durable, des douleurs, des modifications de la peau et parfois des ulcères de la jambe, de la cheville ou du pied. [1] Dans de rares cas, un très gros caillot d’une jambe peut provoquer un gonflement massif, réduire la circulation dans le membre et entraîner une douleur extrême ainsi qu’une coloration pâle ou bleue. [1] Le suivi doit aussi tenir compte des effets du traitement anticoagulant, du risque de récidive et de la persistance éventuelle de symptômes veineux. [1]
Comment réduire le risque de thrombose veineuse ?
Le risque ne peut pas être supprimé complètement, mais il peut être réduit en maintenant autant que possible la mobilité et en limitant l’alitement prolongé. [1] Après une opération ou pendant une hospitalisation, les mesures préventives sont choisies selon les facteurs de risque et peuvent associer mobilisation précoce, anticoagulant préventif et compression pneumatique intermittente. [1] La compression pneumatique intermittente utilise des jambières qui se gonflent et se dégonflent afin de comprimer les mollets et de favoriser la vidange des veines. [1] Les bas de contention seuls ne constituent pas une protection suffisante contre la thrombose veineuse profonde et peuvent être inefficaces ou gênants s’ils sont mal ajustés. [1]
Sources et références
[1] Thrombose veineuse profonde (TVP) - Troubles cardiaques et vasculaires - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Vascular Conditions and COVID-19 Vaccines: Myocardial Infarction, Stroke, Pulmonary Embolism, Deep Vein Thrombosis, and Venous Thromboembolism - Evidence Review of the Adverse Effects of COVID-19 Vaccination and Intramuscular Vaccine Administration - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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