Syphilis congénitale : transmission, signes, diagnostic, traitement et suivi

La syphilis congénitale est une infection touchant plusieurs organes, provoquée par la bactérie Treponema pallidum transmise de la mère au fœtus à travers le placenta. [2] Elle peut être silencieuse à la naissance, se manifester pendant les premières années de vie ou entraîner des atteintes plus tardives. [2] Son diagnostic ne repose pas sur un test isolé : il associe les informations sur l’infection et le traitement de la mère, l’examen de l’enfant, les sérologies et, selon la situation, d’autres examens. [2] [1] La pénicilline administrée par voie parentérale constitue le traitement de référence décrit dans les sources cliniques disponibles. [2]
Comment l’infection se transmet-elle pendant la grossesse ?
La transmission au fœtus se fait par voie transplacentaire au cours de la grossesse. [2] En l’absence de traitement, le risque de transmission est particulièrement élevé lorsque la mère présente une syphilis primaire ou secondaire. [2] Une syphilis maternelle non traitée est aussi associée à un accouchement prématuré, à une mort fœtale tardive et à un décès néonatal. [2] La syphilis congénitale correspond donc à une transmission materno-fœtale et ne doit pas être confondue avec la syphilis acquise plus tard par une autre voie. [2] [1]
Quels signes peuvent apparaître chez le nourrisson ?
De nombreux enfants infectés ne présentent aucun symptôme à la naissance. [2] La forme précoce, définie de la naissance à l’âge de 2 ans, se manifeste fréquemment au cours des trois premiers mois. [2] Elle peut provoquer une éruption vésiculeuse ou bulleuse, ou des taches cuivrées sur les paumes des mains et la plante des pieds. [2] Des lésions peuvent également apparaître autour du nez et de la bouche ou dans la région couverte par la couche. [2] D’autres manifestations comprennent des ganglions généralisés, une augmentation du volume du foie et de la rate, une anémie, une diminution des plaquettes et un retard de croissance ou de prise de poids. [2]
Un écoulement nasal mucopurulent ou sanguinolent est une autre manifestation caractéristique possible. [2] Certains nourrissons développent des atteintes neurologiques ou oculaires telles qu’une méningite, une hydrocéphalie, des convulsions ou une choroïdite. [2] Une inflammation des os et des cartilages peut rendre les mouvements d’un membre douloureux ou très limités, donnant l’apparence d’une paralysie appelée pseudo-paralysie. [2] L’absence de signe visible ne suffit donc pas à écarter l’infection chez un enfant exposé pendant la grossesse. [2]
Quelles manifestations peuvent survenir plus tard ?
La syphilis congénitale tardive se manifeste habituellement après l’âge de 2 ans. [2] Elle peut entraîner des lésions inflammatoires du nez ou du palais et des atteintes osseuses responsables notamment d’une déformation des tibias. [2] Les complications oculaires comprennent une kératite interstitielle récidivante, susceptible de laisser des cicatrices sur la cornée, ainsi qu’une atrophie optique pouvant altérer gravement la vision. [2] Une surdité neurosensorielle souvent progressive peut apparaître à n’importe quel âge. [2] Des déformations dentaires caractéristiques et certaines atteintes neurologiques ou intellectuelles font également partie des séquelles possibles. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Chez le nouveau-né, l’évaluation tient compte des sérologies maternelles, du stade de l’infection de la mère, de son traitement et des résultats de l’examen clinique de l’enfant. [2] [1] Le nouveau-né d’une mère ayant des preuves sérologiques de syphilis doit faire l’objet d’un examen clinique complet et d’un test sérique quantitatif non tréponémique. [2] Le prélèvement destiné à cette sérologie est effectué sur le sang du nouveau-né plutôt que sur le sang du cordon, dont les résultats sont moins fiables. [2] [1] Une recherche directe de la bactérie peut être réalisée sur une lésion, le placenta ou le cordon ombilical lorsque les techniques nécessaires sont disponibles. [2]
L’interprétation de la sérologie du nouveau-né est difficile parce que les anticorps IgG maternels traversent le placenta et peuvent rendre le test positif sans que l’enfant soit infecté. [2] [1] À l’inverse, une infection maternelle contractée tardivement peut être transmise avant l’apparition d’anticorps détectables. [2] Un résultat faible ou négatif chez le nouveau-né n’exclut donc pas à lui seul une infection lorsque les manifestations cliniques ou le contexte maternel sont évocateurs. [2] [1] Chez un nourrisson ou un jeune enfant présentant des signes ou une sérologie évocatrice, l’évaluation peut comprendre une analyse du liquide céphalorachidien, une numération sanguine, un bilan hépatique, des radiographies des os longs et des examens auditifs ou ophtalmologiques. [2] Les examens de confirmation ne doivent pas retarder le traitement d’un nouveau-né symptomatique ou considéré comme exposé à un risque élevé. [2] [1]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
Le traitement de la syphilis congénitale repose sur la pénicilline administrée par injection ou perfusion. [2] Le choix du schéma dépend notamment de l’âge de l’enfant, de ses signes, des résultats de l’évaluation et de la qualité du traitement reçu par la mère pendant la grossesse. [2] [1] Un traitement est indiqué lorsque l’infection est confirmée ou hautement probable, ainsi que dans certaines situations où elle reste possible en raison d’un traitement maternel absent, inconnu, insuffisant ou trop proche de l’accouchement. [2] [1] Une option thérapeutique simplifiée n’est envisagée dans les recommandations américaines citées que pour certaines situations sélectionnées, avec une évaluation entièrement normale et la garantie d’un suivi. [2] [1] Les atteintes auditives ou oculaires peuvent nécessiter une prise en charge spécialisée en complément du traitement de l’infection. [2]
Pourquoi un suivi prolongé est-il nécessaire ?
Le suivi repose sur des examens cliniques et sur la répétition d’un même type de test non tréponémique afin d’observer l’évolution du taux d’anticorps. [2] [1] Chez un nourrisson non infecté ou traité avec succès, les anticorps non tréponémiques transmis ou produits diminuent progressivement et deviennent habituellement indétectables. [2] [1] Les tests tréponémiques ne permettent pas d’évaluer correctement la réponse au traitement, car les anticorps maternels transmis passivement peuvent persister longtemps après la naissance. [2] [1] La persistance ou l’augmentation des titres non tréponémiques conduit à réévaluer l’enfant, notamment pour rechercher une atteinte du système nerveux ou une réponse insuffisante au traitement. [2] [1]
Peut-on prévenir la syphilis congénitale ?
La prévention dépend avant tout du dépistage de la syphilis pendant la grossesse et d’un traitement maternel suffisamment précoce et adapté. [2] [1] Dans la grande majorité des cas, un traitement adéquat pendant la grossesse traite à la fois la mère et le fœtus. [2] Un traitement commencé tardivement peut éliminer l’infection sans empêcher certains signes déjà constitués d’être présents à la naissance. [2] Pour les infections sexuellement transmissibles bactériennes, Santé publique France présente le préservatif et le dépistage comme les moyens actuels de prévention. [3] Après un diagnostic de syphilis congénitale, l’évaluation clinique et sérologique de l’entourage familial permet de rechercher d’autres infections. [2]
Sources et références
[1] Congenital Syphilis - STI Treatment Guidelines
CDC · Consulté le 2026-09-11
[2] Syphilis congénitale - Pédiatrie - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[3] Infections sexuellement transmissibles | Santé publique France
Santé publique France · Consulté le 2026-09-12
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