Diphtérie : transmission, symptômes, diagnostic, traitement et prévention

La diphtérie est une maladie infectieuse et contagieuse provoquée par certaines bactéries du genre Corynebacterium. [1] [2] Sa forme classique atteint les voies respiratoires supérieures, tandis qu’une forme cutanée peut provoquer des lésions de la peau. [1] [3] Certaines souches produisent une toxine capable d’endommager notamment le cœur, les nerfs et parfois les reins. [2] [3] La diphtérie respiratoire peut obstruer les voies aériennes et reste une maladie potentiellement mortelle, même si elle est devenue rare dans les pays où la vaccination est largement pratiquée. [1] [2]
Quelles bactéries provoquent la diphtérie ?
La maladie est principalement associée à Corynebacterium diphtheriae, mais des infections peuvent aussi être dues à Corynebacterium ulcerans ou, plus rarement, à Corynebacterium pseudotuberculosis. [1] [3] Les souches portant le gène tox peuvent produire la toxine diphtérique, responsable de lésions locales puis de complications dans d’autres organes. [1] [3] Des souches de C. diphtheriae qui ne produisent pas cette toxine peuvent néanmoins provoquer une pharyngite, une infection du sang ou d’autres infections graves. [2] [3]
Comment la diphtérie se transmet-elle ?
C. diphtheriae se transmet principalement par les gouttelettes respiratoires émises lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue. [1] [2] La transmission peut également survenir au contact de sécrétions respiratoires, de lésions cutanées infectées ou, plus rarement, d’objets contaminés. [1] [3] Une personne porteuse de la bactérie sans présenter de symptômes peut aussi transmettre C. diphtheriae. [3] C. ulcerans est surtout transmise par contact avec des animaux de compagnie, en particulier des chiens ou des chats, et sa transmission entre humains n’a pas été démontrée dans la source française disponible. [1] Les très rares infections à C. pseudotuberculosis sont associées au contact de petits ruminants, notamment les chèvres et les moutons. [1]
Quels sont les symptômes de la diphtérie respiratoire ?
Les symptômes apparaissent habituellement deux à cinq jours après la contamination. [1] [3] La forme respiratoire peut provoquer un mal de gorge, une déglutition douloureuse, une fièvre généralement modérée, un enrouement, des maux de tête et une sensation de malaise. [1] [2] Les ganglions et les tissus du cou peuvent augmenter de volume jusqu’à produire un gonflement marqué parfois appelé « cou de taureau ». [1] [2] Une pseudomembrane grise, épaisse et adhérente peut se former dans la gorge, notamment au niveau des amygdales. [2] [3] Cette pseudomembrane et le gonflement local peuvent rétrécir les voies respiratoires, s’étendre vers le larynx ou la trachée et parfois empêcher complètement la respiration. [2] [3]
Une diphtérie respiratoire symptomatique nécessite une prise en charge hospitalière en raison des risques respiratoires, cardiaques et neurologiques. [2] [3]
Comment reconnaître la forme cutanée ?
La diphtérie cutanée provoque des lésions d’aspect variable, souvent situées sur les bras ou les jambes. [2] [3] Ces lésions peuvent ressembler à une éraflure, à une plaque rouge ou squameuse, ou à une plaie ouverte qui cicatrise mal. [2] [3] Elles peuvent être douloureuses, rouges et suintantes, mais leur apparence n’est pas spécifique et peut évoquer notamment un eczéma, un psoriasis ou un impétigo. [2] [3] La forme cutanée est généralement moins grave que la forme respiratoire, car la toxine est peu absorbée par la peau et les complications toxiniques y sont plus rares. [1] [3]
Quelles complications la toxine peut-elle provoquer ?
La toxine diphtérique peut léser le muscle cardiaque et provoquer une myocardite, des troubles du rythme ou une insuffisance cardiaque. [2] [3] L’atteinte cardiaque peut devenir visible alors que les symptômes respiratoires locaux commencent déjà à s’améliorer. [3] L’atteinte des nerfs peut entraîner des troubles de la déglutition, des mouvements des yeux ou des membres. [2] [3] Une paralysie du diaphragme peut provoquer une insuffisance respiratoire. [2] [3] Dans les formes graves, la toxine peut également endommager les reins. [2] [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic commence par l’examen clinique, qui recherche notamment une pharyngite, un gonflement du cou et une pseudomembrane caractéristique. [1] [2] Des prélèvements de la gorge ou d’une lésion cutanée sont mis en culture afin de rechercher la bactérie. [1] [2] La mise en évidence de la bactérie ne suffit pas à déterminer si elle produit la toxine, ce qui nécessite des tests complémentaires. [1] [3] En France, les tests de confirmation de la production de toxine sont réalisés par le Centre national de référence à l’Institut Pasteur. [1] Un électrocardiogramme peut être réalisé lorsque l’équipe médicale recherche une atteinte du cœur. [2] [3]
Quels sont les principes du traitement et du suivi ?
Le traitement de la diphtérie classique repose sur l’administration la plus précoce possible d’une antitoxine diphtérique et d’antibiotiques adaptés. [1] [3] L’antitoxine neutralise seulement la toxine qui circule encore et qui ne s’est pas fixée aux cellules, ce qui explique l’importance d’un traitement précoce. [3] Les antibiotiques servent à éliminer la bactérie et à limiter sa diffusion, mais ils ne remplacent pas l’antitoxine lorsque celle-ci est indiquée. [3] La prise en charge hospitalière d’une forme respiratoire comprend la surveillance de la respiration et du fonctionnement cardiaque ainsi que des mesures d’isolement destinées à éviter la transmission. [2] [3] Des cultures de contrôle peuvent être nécessaires pour vérifier l’élimination de la bactérie. [2] [3] La récupération après une infection grave peut être lente, notamment lorsque le cœur ou les nerfs ont été atteints. [2] [3]
Comment prévenir la diphtérie ?
La vaccination antidiphtérique est le principal moyen de prévenir et de contrôler la diphtérie toxinogène. [1] [2] Le vaccin contient une toxine diphtérique purifiée et inactivée, appelée anatoxine, et il est administré dans des vaccins combinés. [1] [3] Des rappels sont nécessaires au cours de la vie pour entretenir la protection. [1] [3] Avoir eu la diphtérie ne garantit pas une immunité durable, de sorte qu’une vaccination reste nécessaire après la guérison. [2] [3] Le calendrier vaccinal français détaillé n’est pas reproduit ici, car les passages disponibles ne confirment pas les obligations, les âges de rappel et les adaptations applicables en septembre 2026. [1]
Quelle est la situation en France ?
En France, les cas de diphtérie font l’objet d’une déclaration obligatoire. [1] La maladie était décrite comme bien contrôlée en France grâce à la couverture vaccinale dans la source française mise à jour en septembre 2024. [1] Entre 2011 et 2020, les infections à C. diphtheriae porteuses du gène tox signalées en France étaient importées ou détectées en outre-mer chez des personnes non vaccinées ou incomplètement vaccinées, et la majorité étaient cutanées. [1] Durant la même période, des infections à C. ulcerans porteuses du gène tox ont été signalées en France métropolitaine, souvent chez des personnes en contact avec des chiens ou des chats. [1]
Sources et références
[1] Diphtérie : symptômes, traitement, prévention - Institut Pasteur
Institut Pasteur · Consulté le 2026-09-11
[2] Diphtérie - Infections - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Diphtérie - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
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