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Conjonctivite du nouveau-né : causes, signes, diagnostic et prise en charge

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Ophtalmologie pédiatrique par ville

La conjonctivite du nouveau-né, également appelée conjonctivite néonatale ou ophtalmie du nouveau-né, est une inflammation de la membrane qui tapisse les paupières et recouvre le blanc de l’œil pendant le premier mois de vie. [2] [3] Elle peut être provoquée par différentes bactéries, par un virus ou par une irritation chimique, et son aspect ne permet pas toujours d’en identifier la cause. [2] [3] Une identification et une prise en charge précoces sont importantes, car certaines infections peuvent rapidement atteindre la cornée, altérer durablement la vision ou s’étendre à d’autres parties de l’organisme. [3] [4]

Quelles sont les causes possibles ?

La plupart des conjonctivites néonatales sont infectieuses et peuvent être dues à des bactéries telles que Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeae, Streptococcus pneumoniae ou Haemophilus influenzae. [2] Certaines de ces bactéries peuvent être transmises par la mère au cours du travail et de l’accouchement lorsqu’elles sont présentes dans les voies génitales. [2] Le virus herpès simplex peut également être transmis autour de l’accouchement et provoquer une atteinte oculaire rare mais potentiellement très grave. [2] [3] Enfin, une réaction irritative aux produits appliqués dans les yeux après la naissance peut entraîner une conjonctivite chimique qui n’est pas une infection. [2] [3]

Quels signes peuvent apparaître ?

Les manifestations possibles comprennent une rougeur de l’œil, un gonflement des paupières et un écoulement aqueux, muqueux ou franchement purulent. [2] [3] Le délai d’apparition et l’aspect de l’écoulement peuvent orienter le diagnostic, mais ils ne suffisent pas à déterminer la cause avec certitude. [3] La conjonctivite gonococcique apparaît habituellement deux à cinq jours après l’accouchement, avec une inflammation marquée des paupières et un écoulement abondant de pus. [2] [3] La conjonctivite à Chlamydia apparaît généralement cinq à quatorze jours après la naissance, avec des paupières gonflées et un écoulement d’abord aqueux puis de plus en plus purulent. [2] [3] Une atteinte herpétique peut s’accompagner de petites vésicules autour des paupières ou sur la bouche, d’irritabilité, de fièvre ou d’autres signes généraux. [3] La conjonctivite chimique commence généralement dans les heures suivant l’application du produit irritant et disparaît spontanément en quelques jours. [2]

Quand faire examiner le nouveau-né ?

Un nouveau-né qui présente un œil rouge ou inflammatoire, des paupières gonflées ou un écoulement oculaire doit être examiné rapidement afin que la cause et la gravité de l’atteinte soient évaluées. [3] Un œil très rouge avec un écoulement épais et abondant de pus au cours des premiers jours de vie impose une évaluation immédiate à la recherche d’une infection gonococcique. [3] Une mauvaise alimentation, une somnolence inhabituelle, une fièvre, une gêne respiratoire ou des vésicules cutanées associées nécessitent également une évaluation systémique, car elles peuvent signaler une extension de l’infection. [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le médecin examine les paupières, la conjonctive et la cornée, apprécie la nature de l’écoulement et recherche des signes généraux ou cutanés. [2] [3] Le moment d’apparition des symptômes, les infections dépistées chez la mère pendant la grossesse et les produits éventuellement appliqués dans les yeux après la naissance contribuent à orienter l’évaluation. [3] Des prélèvements des sécrétions oculaires peuvent être envoyés au laboratoire pour rechercher et identifier une bactérie ou un virus. [2] [3] Selon la cause suspectée, l’analyse peut comprendre une culture bactérienne ou un test de détection du matériel génétique de Chlamydia, du gonocoque ou du virus herpès simplex. [3] L’examen doit aussi vérifier l’intégrité de la cornée, car une opacité, un défaut de surface, un amincissement ou une ulcération modifie le degré d’urgence et la prise en charge. [3]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement dépend du micro-organisme suspecté ou identifié et ne se limite pas nécessairement à l’application d’un collyre. [2] [3] Une infection à Chlamydia nécessite un antibiotique administré par voie générale afin de traiter l’infection au-delà de la seule surface de l’œil. [2] [3] Une infection herpétique suspectée nécessite rapidement un traitement antiviral général en raison du risque d’atteinte disséminée. [3] La conjonctivite chimique ne nécessite habituellement pas de traitement antimicrobien spécifique lorsqu’une infection a été écartée. [3]

Une conjonctivite à Neisseria gonorrhoeae confirmée chez le nouveau-né exige un traitement urgent et une hospitalisation. [1] [2] La recommandation française prévoit une antibiothérapie locale et générale, avec un avis infectio-pédiatrique qui ne doit pas retarder le début du traitement. [1] Le choix précis de l’antibiotique, de sa voie d’administration et de la durée du traitement dépend de l’atteinte et relève de l’équipe médicale. [1] En cas d’allergie véritable aux céphalosporines, un avis infectiologique et pédiatrique est nécessaire pour adapter le traitement. [1]

Quels sont les risques et comment le suivi est-il organisé ?

Sans traitement, la conjonctivite gonococcique peut provoquer une ulcération de la cornée, une perforation et une perte définitive de la vision. [2] [3] Une infection gonococcique ou herpétique peut aussi se propager au-delà de l’œil et provoquer une maladie générale grave. [3] La surveillance hospitalière d’une conjonctivite gonococcique recherche notamment une extension de l’infection à d’autres parties de l’organisme. [2] Un suivi ophtalmologique rapproché permet de surveiller la cornée et de repérer les complications susceptibles de menacer la vision. [3] La découverte d’une ulcération, d’un amincissement ou d’une cicatrice de la cornée nécessite une prise en charge ophtalmologique intensive. [3] La fréquence des contrôles dépend donc de la cause, de la gravité initiale, de l’état général du nouveau-né et de l’évolution constatée sous traitement. [3]

Comment prévenir certaines conjonctivites néonatales ?

Le dépistage et le traitement de la gonorrhée et de la chlamydia pendant la grossesse réduisent le risque de transmission de ces bactéries au nouveau-né. [2] En France, la prophylaxie oculaire n’est pas présentée par la recommandation de la Haute Autorité de santé comme systématique pour tous les nouveau-nés. [1] Elle est recommandée avant l’âge d’un mois lorsque les parents présentent des symptômes d’infection sexuellement transmissible ou lorsque la grossesse a été mal suivie. [1] Dans ces situations, la recommandation française prévoit l’instillation d’un collyre antibiotique pendant les vingt-quatre premières heures de vie. [1] Si une infection gonococcique est confirmée chez la mère au moment de l’accouchement, le nouveau-né doit également recevoir une céphalosporine par injection. [1] Dans ce contexte, la recommandation française préfère le céfotaxime à la ceftriaxone en raison du risque d’hyperbilirubinémie associé à cette dernière chez le nouveau-né. [1]

Sources et références

[4] Epidemiology of ophthalmia neonatorum: a systematic review and meta-analysis

www.ebi.ac.uk · Version : 2025-01-14 · Consulté le 2026-09-16

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