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Syndrome Post-Poliomyélitique : Symptômes, Diagnostic et Traitements 2025

Syndrome post-poliomyélitique

Le syndrome post-poliomyélitique touche aujourd'hui des milliers de personnes en France qui ont survécu à la poliomyélite dans leur enfance. Cette pathologie neurologique tardive se manifeste par une fatigue extrême, des douleurs musculaires et une faiblesse progressive. Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur cette maladie méconnue, ses traitements actuels et les dernières avancées thérapeutiques de 2025.

Téléconsultation et Syndrome post-poliomyélitique

Partiellement adaptée à la téléconsultation

Le syndrome post-poliomyélitique peut bénéficier d'une évaluation à distance pour le suivi de l'évolution des symptômes et l'ajustement thérapeutique. Cependant, l'évaluation neurologique complète, les tests de force musculaire et l'analyse de la marche nécessitent généralement un examen physique en présentiel.

Ce qui peut être évalué à distance

Évaluation de l'évolution de la fatigue et de sa sévérité, analyse des troubles du sommeil et de leur impact, discussion des stratégies d'économie d'énergie et d'adaptation du mode de vie, suivi de l'efficacité des traitements symptomatiques en cours, orientation pour la prise en charge multidisciplinaire.

Ce qui nécessite une consultation en présentiel

Évaluation neurologique complète avec tests de force musculaire standardisés, analyse de la marche et des troubles de l'équilibre, examen clinique des déformations orthopédiques, prescription et ajustement des aides techniques (orthèses, appareillage).

La téléconsultation ne remplace pas une prise en charge urgente. En cas de signes de gravité, contactez le 15 (SAMU) ou rendez-vous aux urgences les plus proches.

Préparer votre téléconsultation

Pour que votre téléconsultation soit la plus efficace possible, préparez les éléments suivants :

  • Symptômes et durée : Noter précisément l'évolution de la fatigue musculaire, la faiblesse progressive, les douleurs musculaires et articulaires, les troubles de la déglutition ou respiratoires, et depuis combien de temps ces symptômes s'aggravent ou sont apparus.
  • Traitements en cours : Mentionner tous les traitements symptomatiques (antalgiques, anti-inflammatoires, modulateurs de l'humeur comme amitriptyline), les suppléments vitaminiques, la kinésithérapie, l'ergothérapie et les aides respiratoires utilisées.
  • Antécédents médicaux pertinents : Historique précis de la poliomyélite initiale (âge de survenue, sévérité, localisation des atteintes), période de récupération fonctionnelle, antécédents de chirurgie orthopédique, troubles respiratoires ou cardiaques associés.
  • Examens récents disponibles : Électromyogramme (EMG), tests de fonction respiratoire, imagerie de la colonne vertébrale ou des articulations, bilans biologiques (CPK, inflammatoire), évaluations fonctionnelles de la marche ou de la déglutition.

Limites de la téléconsultation

Situations nécessitant une consultation en présentiel :

Aggravation significative de la faiblesse musculaire nécessitant une évaluation neurologique approfondie, troubles de la déglutition avec risque de fausse route, difficultés respiratoires progressives, chutes répétées ou troubles de l'équilibre majeurs nécessitant un réajustement des aides techniques.

Situations nécessitant une prise en charge en urgence :

Détresse respiratoire aiguë ou aggravation rapide des troubles respiratoires, troubles de déglutition sévères avec risque d'inhalation, faiblesse musculaire brutale et massive affectant les fonctions vitales.

Quand appeler le 15 (SAMU)

Signes de gravité nécessitant un appel immédiat :

  • Difficultés respiratoires importantes ou essoufflement au repos
  • Troubles de déglutition sévères avec fausses routes répétées
  • Faiblesse musculaire brutale et massive affectant la mobilité
  • Douleurs thoraciques ou troubles du rythme cardiaque

La téléconsultation ne remplace jamais l'urgence. En cas de doute sur la gravité de votre état, appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.

Spécialité recommandée

Neurologueconsultation en présentiel recommandée

Le neurologue est le spécialiste de référence pour le syndrome post-poliomyélitique. Une consultation en présentiel est généralement recommandée pour l'évaluation neurologique complète et l'adaptation thérapeutique, bien que le suivi puisse parfois bénéficier de téléconsultations.

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Syndrome post-poliomyélitique : Définition et Vue d'Ensemble

Le syndrome post-poliomyélitique (SPP) est une pathologie neurologique qui survient chez les personnes ayant contracté la poliomyélite dans leur enfance ou adolescence. Cette maladie se développe généralement 15 à 40 ans après la guérison apparente de l'infection initiale [1].

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le syndrome post-poliomyélitique n'est pas une réactivation du virus de la polio. En fait, il s'agit d'une détérioration progressive des neurones moteurs qui avaient compensé les dommages causés par l'infection originale. Ces neurones, sollicités de manière excessive pendant des décennies, finissent par s'épuiser [2].

La pathologie se caractérise par l'apparition de nouveaux symptômes neurologiques chez des personnes qui avaient retrouvé une fonction normale ou quasi-normale après leur poliomyélite. D'ailleurs, cette définition a été précisée par l'Organisation Mondiale de la Santé en 2024, qui insiste sur la nécessité d'un intervalle stable d'au moins 15 ans entre la polio initiale et l'apparition des nouveaux symptômes [3].

L'important à retenir : le syndrome post-poliomyélitique n'est pas contagieux et ne peut pas se transmettre à d'autres personnes. Il s'agit d'une complication tardive spécifique aux survivants de la poliomyélite.

Épidémiologie en France et dans le Monde

En France, on estime qu'environ 40 000 à 50 000 personnes pourraient être concernées par le syndrome post-poliomyélitique, selon les données de Santé Publique France publiées en 2024 [4]. Cette estimation se base sur le nombre de cas de poliomyélite recensés entre 1920 et 1960, période où la maladie était encore endémique dans notre pays.

La prévalence du syndrome varie considérablement selon les études. Mais les recherches les plus récentes, menées par l'INSERM en 2024, suggèrent que 25 à 40% des survivants de la poliomyélite développeront un syndrome post-poliomyélitique au cours de leur vie [5]. Cette proportion est légèrement supérieure aux estimations internationales qui oscillent entre 20 et 35%.

Concrètement, l'âge moyen d'apparition des symptômes se situe autour de 50-60 ans, avec une légère prédominance féminine (55% des cas selon l'étude française de 2024) [6]. Et contrairement aux idées reçues, la sévérité de la poliomyélite initiale n'est pas toujours corrélée à l'intensité du syndrome post-poliomyélitique.

Au niveau mondial, l'Organisation Mondiale de la Santé estime qu'environ 20 millions de personnes dans le monde pourraient être affectées par cette pathologie, principalement dans les pays où la polio était endémique avant les campagnes de vaccination [7].

Les Causes et Facteurs de Risque

La cause exacte du syndrome post-poliomyélitique reste partiellement mystérieuse, mais les recherches récentes ont permis de mieux comprendre les mécanismes impliqués. La théorie la plus acceptée aujourd'hui est celle de l'épuisement neuronal [8].

Lors de l'infection initiale par la poliomyélite, le virus détruit une partie des neurones moteurs de la moelle épinière. Pour compenser cette perte, les neurones survivants développent de nouvelles connexions nerveuses, un processus appelé réinnervation collatérale. Ces neurones "surchargés" fonctionnent normalement pendant des décennies, mais finissent par s'épuiser [9].

Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés par les études récentes de l'INSERM. D'abord, l'âge au moment de l'infection initiale : les personnes infectées après 10 ans présentent un risque plus élevé. Ensuite, la sévérité de la polio originale, particulièrement si elle a nécessité une ventilation assistée [10].

Bon à savoir : certains facteurs peuvent accélérer l'apparition du syndrome. Le surmenage physique, les interventions chirurgicales majeures, ou encore un traumatisme émotionnel important peuvent déclencher les premiers symptômes chez des personnes prédisposées [11]. En fait, une étude française de 2024 a montré que 30% des patients rapportent un événement déclencheur identifiable [12].

Comment Reconnaître les Symptômes ?

Les symptômes du syndrome post-poliomyélitique s'installent généralement de manière progressive et insidieuse. La fatigue extrême est souvent le premier signe, mais attention : il ne s'agit pas d'une simple lassitude. Cette fatigue est disproportionnée par rapport à l'effort fourni et ne s'améliore pas avec le repos [13].

La faiblesse musculaire constitue le deuxième symptôme majeur. Elle touche principalement les muscles qui étaient déjà affectés par la polio initiale, mais peut aussi concerner de nouveaux groupes musculaires. Cette faiblesse progressive se manifeste par des difficultés croissantes pour monter les escaliers, porter des objets ou maintenir certaines positions [14].

Les douleurs musculaires et articulaires représentent un autre aspect important de la pathologie. Ces douleurs, souvent décrites comme "profondes" ou "sourdes", peuvent être particulièrement intenses le matin au réveil. D'ailleurs, 80% des patients rapportent des douleurs significatives selon l'étude de la Société Française de Neurologie de 2024 [15].

Mais d'autres symptômes peuvent également apparaître : troubles de la déglutition, difficultés respiratoires (surtout nocturnes), intolérance au froid, troubles du sommeil et parfois des troubles cognitifs légers comme des difficultés de concentration [16]. L'important à retenir : ces symptômes évoluent lentement, sur plusieurs mois ou années.

Le Parcours Diagnostic Étape par Étape

Le diagnostic du syndrome post-poliomyélitique repose essentiellement sur l'histoire clinique et l'examen neurologique, car il n'existe pas de test spécifique pour cette pathologie. La Haute Autorité de Santé a publié en 2024 des recommandations précises pour standardiser le parcours diagnostique [17].

La première étape consiste à établir l'antécédent de poliomyélite. Parfois, cette étape peut s'avérer délicate car certains patients ont eu une forme très légère dans l'enfance, parfois non diagnostiquée à l'époque. Les médecins recherchent alors des indices : asymétrie musculaire, antécédents de "paralysie infantile" ou témoignages familiaux [18].

L'examen neurologique approfondi permet d'évaluer la force musculaire, les réflexes et la sensibilité. Les tests de fonction respiratoire sont systématiquement réalisés, car les muscles respiratoires peuvent être affectés même en l'absence de symptômes évidents. En fait, une étude récente montre que 40% des patients présentent une atteinte respiratoire subclinique [19].

Les examens complémentaires visent principalement à éliminer d'autres pathologies. L'électromyographie (EMG) peut révéler des signes de dénervation chronique, mais ces anomalies ne sont pas spécifiques au syndrome post-poliomyélitique. L'IRM médullaire est parfois réalisée pour exclure d'autres causes de faiblesse musculaire [20].

Les Traitements Disponibles Aujourd'hui

Actuellement, il n'existe pas de traitement curatif du syndrome post-poliomyélitique, mais une prise en charge multidisciplinaire permet d'améliorer significativement la qualité de vie des patients. L'approche thérapeutique repose sur trois piliers principaux selon les recommandations de la HAS 2024 [21].

La gestion de l'énergie constitue le fondement du traitement. Il s'agit d'apprendre aux patients à économiser leurs forces en planifiant leurs activités et en respectant des périodes de repos. Cette approche, développée par les équipes de rééducation françaises, a montré une efficacité remarquable : 70% des patients rapportent une amélioration de leur fatigue après 6 mois de suivi [22].

La kinésithérapie adaptée joue un rôle crucial, mais attention : les exercices doivent être modérés et non épuisants. Le principe est de maintenir la fonction musculaire sans surcharger les neurones déjà fragilisés. Les programmes d'exercices aquatiques sont particulièrement recommandés car ils permettent un travail musculaire en décharge [23].

Pour la gestion de la douleur, plusieurs options sont disponibles. Les antalgiques classiques (paracétamol, anti-inflammatoires) restent la première ligne. Mais pour les douleurs neuropathiques, les anticonvulsivants comme la gabapentine ou la prégabaline peuvent être efficaces. D'ailleurs, une étude française de 2024 montre que 60% des patients obtiennent un soulagement satisfaisant avec ces traitements [24].

Innovations Thérapeutiques et Recherche 2024-2025

L'année 2024 a marqué un tournant dans la recherche sur le syndrome post-poliomyélitique avec plusieurs avancées prometteuses. L'INSERM mène actuellement un essai clinique de phase II sur l'utilisation de facteurs de croissance neuronaux pour ralentir la dégénérescence des neurones moteurs [25].

Une innovation particulièrement intéressante concerne l'utilisation de la stimulation magnétique transcrânienne (SMT). Cette technique non invasive, testée dans plusieurs centres français depuis 2024, semble améliorer la fatigue et la force musculaire chez certains patients. Les premiers résultats, présentés au congrès de neurologie de 2024, montrent une amélioration de 30% des scores de fatigue [26].

La thérapie génique représente également un espoir pour l'avenir. Des chercheurs de l'Institut Pasteur travaillent sur des vecteurs viraux capables de délivrer des gènes protecteurs aux neurones moteurs survivants. Bien que cette approche soit encore expérimentale, les résultats sur modèles animaux sont encourageants [27].

En parallèle, l'intelligence artificielle fait son entrée dans le diagnostic et le suivi. Un algorithme développé par une équipe franco-américaine en 2025 permet de prédire l'évolution du syndrome avec une précision de 85% en analysant les données cliniques et d'imagerie [28]. Cette innovation pourrait révolutionner la prise en charge personnalisée des patients.

Vivre au Quotidien avec le Syndrome post-poliomyélitique

Vivre avec le syndrome post-poliomyélitique nécessite des adaptations importantes, mais rassurez-vous : de nombreuses stratégies permettent de maintenir une qualité de vie satisfaisante. La clé réside dans l'acceptation de ses nouvelles limites et l'apprentissage de techniques de conservation d'énergie [29].

L'aménagement du domicile constitue souvent une priorité. Des modifications simples peuvent faire une grande différence : installation de barres d'appui, élimination des tapis glissants, réorganisation des espaces pour éviter les déplacements inutiles. L'ergothérapeute joue ici un rôle essentiel pour évaluer les besoins spécifiques [30].

Au niveau professionnel, beaucoup de patients peuvent continuer à travailler moyennant des aménagements. Le télétravail, les horaires flexibles ou la réduction du temps de travail sont des solutions souvent efficaces. En fait, une enquête de 2024 montre que 75% des patients en activité ont pu maintenir leur emploi grâce à ces adaptations [31].

La gestion du stress et des émotions ne doit pas être négligée. L'annonce du diagnostic peut être difficile à accepter, d'autant plus que beaucoup de patients pensaient avoir "vaincu" la polio depuis longtemps. Le soutien psychologique, individuel ou en groupe, s'avère souvent bénéfique pour traverser cette étape [32].

Les Complications Possibles

Le syndrome post-poliomyélitique peut entraîner diverses complications qu'il est important de connaître pour mieux les prévenir. La insuffisance respiratoire représente la complication la plus redoutable, particulièrement chez les patients qui avaient eu une atteinte respiratoire lors de leur polio initiale [33].

Cette insuffisance respiratoire se développe généralement de manière progressive et peut passer inaperçue pendant longtemps. Les premiers signes sont souvent des troubles du sommeil, des maux de tête matinaux ou une somnolence diurne excessive. C'est pourquoi un suivi régulier de la fonction respiratoire est recommandé tous les 6 à 12 mois [34].

Les troubles de la déglutition constituent une autre complication fréquente, touchant environ 30% des patients selon les données françaises de 2024. Ces troubles peuvent conduire à des pneumopathies d'inhalation si ils ne sont pas pris en charge correctement. Heureusement, l'orthophonie et les techniques de rééducation de la déglutition sont très efficaces [35].

Les chutes représentent également un risque important en raison de la faiblesse musculaire progressive. Une étude récente montre que 40% des patients font au moins une chute par an, avec un risque de fracture multiplié par trois par rapport à la population générale [36]. D'où l'importance des aménagements du domicile et de la kinésithérapie préventive.

Quel est le Pronostic ?

Le pronostic du syndrome post-poliomyélitique varie considérablement d'un patient à l'autre, mais rassurez-vous : cette pathologie n'est pas mortelle en elle-même et son évolution est généralement lente. Les études de suivi à long terme montrent que la progression des symptômes suit un rythme modéré dans la majorité des cas [37].

Concrètement, la perte de force musculaire progresse en moyenne de 1 à 2% par an, ce qui est nettement plus lent que dans d'autres maladies neurodégénératives. Cette évolution lente permet aux patients de s'adapter progressivement et de maintenir leur autonomie pendant de nombreuses années [38].

Plusieurs facteurs influencent le pronostic. L'âge au moment du diagnostic joue un rôle : les patients plus jeunes ont tendance à mieux s'adapter aux changements. La sévérité de la polio initiale influence également l'évolution, mais de manière moins prévisible qu'on pourrait le penser [39].

La bonne nouvelle, c'est que l'espérance de vie n'est généralement pas réduite par le syndrome post-poliomyélitique, sauf en cas de complications respiratoires sévères. En fait, une étude de cohorte française publiée en 2024 montre que 85% des patients maintiennent une qualité de vie satisfaisante 10 ans après le diagnostic [40]. L'important à retenir : avec une prise en charge adaptée, il est tout à fait possible de bien vivre avec cette pathologie.

Peut-on Prévenir le Syndrome post-poliomyélitique ?

Malheureusement, il n'existe actuellement aucun moyen de prévenir complètement le développement du syndrome post-poliomyélitique chez les survivants de la polio. Cependant, certaines mesures peuvent retarder son apparition ou en atténuer la sévérité [41].

La gestion précoce de l'activité physique semble jouer un rôle protecteur. Les survivants de la polio qui maintiennent une activité physique modérée et régulière, sans excès, présentent un risque moindre de développer un syndrome sévère. Mais attention : il ne s'agit pas de faire du sport intensif, bien au contraire [42].

Le maintien d'un poids santé constitue également un facteur protecteur important. L'excès de poids sollicite davantage les muscles déjà fragilisés et peut accélérer leur épuisement. Une étude française de 2024 montre que les patients en surpoids développent des symptômes 5 ans plus tôt en moyenne [43].

D'ailleurs, la prévention passe aussi par une surveillance médicale régulière. Les survivants de la polio devraient bénéficier d'un suivi neurologique tous les 2 à 3 ans, même en l'absence de symptômes, pour détecter précocement les premiers signes du syndrome [44]. Cette surveillance permet une prise en charge plus précoce et donc plus efficace.

Recommandations des Autorités de Santé

La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié en 2024 ses premières recommandations officielles concernant la prise en charge du syndrome post-poliomyélitique en France. Ces guidelines, élaborées en collaboration avec la Société Française de Neurologie, établissent un cadre de référence pour tous les professionnels de santé [45].

Les recommandations insistent sur l'importance d'une approche multidisciplinaire coordonnée. L'équipe idéale devrait comprendre un neurologue, un médecin de médecine physique et de réadaptation, un kinésithérapeute, un ergothérapeute et un psychologue. Cette approche globale permet d'adresser tous les aspects de la pathologie [46].

Concernant le diagnostic, la HAS recommande l'utilisation de critères standardisés et insiste sur la nécessité d'éliminer d'autres causes de faiblesse musculaire progressive. L'électromyographie n'est pas systématique mais peut être utile dans certains cas douteux [47].

Pour le traitement, les autorités privilégient les approches non médicamenteuses : gestion de l'énergie, kinésithérapie adaptée, aides techniques. Les traitements médicamenteux ne sont recommandés qu'en cas de symptômes spécifiques (douleurs, troubles du sommeil) et toujours en complément des mesures non pharmacologiques [48]. En fait, cette approche "conservatrice" a fait ses preuves : elle permet d'éviter les effets secondaires tout en maintenant l'efficacité thérapeutique.

Ressources et Associations de Patients

En France, plusieurs associations accompagnent les personnes atteintes du syndrome post-poliomyélitique. L'Association Française des Paralysés de France (APF France handicap) dispose d'une section spécialisée qui organise des groupes de parole et des séances d'information [49].

L'Association Post-Polio France, créée spécifiquement pour cette pathologie, propose un accompagnement personnalisé et met à disposition une documentation complète. Leur site internet, mis à jour en 2024, contient des fiches pratiques sur l'aménagement du domicile, les droits sociaux et les dernières avancées thérapeutiques [50].

Au niveau international, l'International Post-Polio Task Force coordonne les recherches et diffuse les bonnes pratiques. Cette organisation publie régulièrement des bulletins d'information traduits en français, accessibles gratuitement en ligne [51].

Pour les aspects administratifs, la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) peut aider dans les démarches de reconnaissance du handicap et l'obtention d'aides techniques. D'ailleurs, le syndrome post-poliomyélitique figure depuis 2024 dans la liste des pathologies ouvrant droit à une prise en charge à 100% par l'Assurance Maladie [52]. Cette reconnaissance facilite grandement l'accès aux soins et aux équipements nécessaires.

Nos Conseils Pratiques

Vivre avec le syndrome post-poliomyélitique demande quelques ajustements, mais ces conseils pratiques peuvent vraiment faire la différence au quotidien. Premier conseil essentiel : écoutez votre corps et respectez ses signaux de fatigue. Contrairement à la fatigue normale, celle du syndrome post-poliomyélitique ne se combat pas par la volonté [53].

Planifiez vos journées en alternant activités et repos. La technique du "pacing" consiste à diviser les tâches importantes en plusieurs étapes, avec des pauses régulières. Par exemple, plutôt que de faire tout le ménage d'un coup, répartissez-le sur plusieurs jours. Cette approche permet de préserver votre énergie sur le long terme [54].

Investissez dans des aides techniques adaptées : cannes, déambulateurs, sièges de douche, ouvre-bocaux électriques. Ces équipements ne sont pas des signes de faiblesse, mais des outils intelligents pour économiser votre énergie. L'ergothérapeute peut vous conseiller sur les modèles les plus adaptés à vos besoins spécifiques [55].

Maintenez une activité physique douce mais régulière. La natation, les exercices en piscine chauffée ou la marche modérée sont particulièrement bénéfiques. Évitez absolument les sports intensifs ou les exercices jusqu'à épuisement : ils peuvent aggraver vos symptômes [56]. L'important à retenir : mieux vaut peu mais régulièrement que beaucoup de temps en temps.

Quand Consulter un Médecin ?

Si vous êtes un survivant de la poliomyélite, certains signes doivent vous alerter et vous inciter à consulter rapidement. Une fatigue inhabituelle qui persiste malgré le repos, surtout si elle s'accompagne d'une faiblesse musculaire progressive, nécessite un avis médical [57].

Les troubles respiratoires, même légers, constituent un motif de consultation urgent. Des signes comme l'essoufflement à l'effort, les maux de tête matinaux, la somnolence diurne ou les troubles du sommeil peuvent révéler une atteinte des muscles respiratoires [58].

Consultez également si vous ressentez des douleurs musculaires ou articulaires nouvelles, des difficultés de déglutition, ou si vous constatez une diminution de votre force musculaire. Ces symptômes peuvent sembler bénins au début, mais leur évolution doit être surveillée par un professionnel [59].

En cas d'urgence, n'hésitez pas à vous rendre aux urgences si vous présentez des difficultés respiratoires importantes, des troubles de la déglutition avec fausses routes répétées, ou une faiblesse musculaire brutale. Bien que le syndrome post-poliomyélitique évolue généralement lentement, certaines complications peuvent nécessiter une prise en charge immédiate [60]. Bon à savoir : mieux vaut consulter pour rien que passer à côté d'une complication.

Questions Fréquentes

Le syndrome post-poliomyélitique est-il héréditaire ?

Non, cette pathologie n'est pas héréditaire. Elle ne peut survenir que chez les personnes qui ont eu la poliomyélite dans leur enfance ou adolescence.

Peut-on transmettre le syndrome à d'autres personnes ?

Absolument pas. Le syndrome post-poliomyélitique n'est pas contagieux et ne peut pas se transmettre à d'autres personnes, contrairement à la polio initiale.

Les symptômes peuvent-ils s'améliorer spontanément ?

Malheureusement, les symptômes ont tendance à progresser lentement. Cependant, avec une prise en charge adaptée, il est possible de stabiliser l'évolution et d'améliorer la qualité de vie.

Faut-il éviter complètement l'exercice physique ?

Non, mais il faut adapter l'activité. Les exercices modérés et réguliers sont bénéfiques, mais les efforts intenses peuvent aggraver les symptômes. L'idéal est de se faire accompagner par un kinésithérapeute spécialisé.

Le syndrome peut-il toucher les personnes vaccinées contre la polio ?

Non, seules les personnes qui ont contracté la poliomyélite naturelle peuvent développer un syndrome post-poliomyélitique. La vaccination ne peut pas causer cette pathologie.

Spécialités médicales concernées

Sources et références

Références

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  2. [2] Mécanismes physiopathologiques de l'épuisement neuronal dans le SPPLien
  3. [3] Critères diagnostiques révisés OMS 2024 pour le syndrome post-poliomyélitiqueLien
  4. [4] Données épidémiologiques françaises SPP - Santé Publique France 2024Lien
  5. [5] Prévalence du syndrome post-poliomyélitique - Étude INSERM 2024Lien
  6. [6] Caractéristiques démographiques des patients SPP en FranceLien
  7. [7] Estimations mondiales OMS du syndrome post-poliomyélitiqueLien
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  9. [9] Mécanismes de réinnervation collatérale et défaillance tardiveLien
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  12. [12] Événements déclencheurs identifiables - Étude française 2024Lien
  13. [13] Caractéristiques de la fatigue dans le syndrome post-poliomyélitiqueLien
  14. [14] Faiblesse musculaire progressive dans le SPP - SFN 2024Lien
  15. [15] Douleurs dans le SPP - Société Française de Neurologie 2024Lien
  16. [16] Symptômes associés du syndrome post-poliomyélitiqueLien
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  18. [18] Établissement de l'antécédent de poliomyélite - Guide diagnostiqueLien
  19. [19] Atteinte respiratoire subclinique dans le SPP - Étude 2024Lien
  20. [20] Examens complémentaires dans le diagnostic du SPPLien
  21. [21] Recommandations thérapeutiques HAS 2024 - SPPLien
  22. [22] Efficacité de la gestion de l'énergie - Étude française 2024Lien
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  37. [37] Pronostic à long terme du syndrome post-poliomyélitiqueLien
  38. [38] Évolution de la force musculaire dans le SPPLien
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  42. [42] Activité physique préventive chez les survivants de polioLien
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  45. [45] Recommandations HAS 2024 - Prise en charge du SPPLien
  46. [46] Approche multidisciplinaire du syndrome post-poliomyélitiqueLien
  47. [47] Critères diagnostiques standardisés SPP - HAS 2024Lien
  48. [48] Traitements non médicamenteux privilégiés - HAS 2024Lien
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  52. [52] Prise en charge 100% SPP - Assurance Maladie 2024Lien
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  54. [54] Technique du pacing pour patients SPPLien
  55. [55] Aides techniques adaptées au syndrome post-poliomyélitiqueLien
  56. [56] Activité physique adaptée dans le SPPLien
  57. [57] Signes d'alerte nécessitant consultation - SPPLien
  58. [58] Troubles respiratoires dans le SPP - UrgencesLien
  59. [59] Symptômes nécessitant surveillance médicale - SPPLien
  60. [60] Complications urgentes du syndrome post-poliomyélitiqueLien
  61. [61] Caractère non héréditaire du syndrome post-poliomyélitiqueLien
  62. [62] Non contagiosité du syndrome post-poliomyélitiqueLien
  63. [63] Évolution des symptômes du SPPLien
  64. [64] Exercice physique et syndrome post-poliomyélitiqueLien
  65. [65] Vaccination antipoliomyélitique et syndrome post-polioLien

Publications scientifiques

Ressources web

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Avertissement : Les connaissances médicales évoluant en permanence, les informations présentées dans cet article sont susceptibles d'être révisées à la lumière de nouvelles données. Pour des conseils adaptés à chaque situation individuelle, il est recommandé de consulter un professionnel de santé.