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Syndrome du canal tarsien : symptômes, diagnostic et traitements

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IRM de la cheville par ville

Le syndrome du canal tarsien est une neuropathie liée à la compression du nerf tibial lorsqu’il traverse un passage étroit situé près de la face interne de la cheville. [1] [3] Il provoque principalement une douleur, des brûlures, des fourmillements ou un engourdissement pouvant s’étendre de la cheville vers le talon, la voûte plantaire et les orteils. [1] [3] Ces manifestations ne suffisent pas à poser soi-même le diagnostic, car plusieurs maladies du pied, des nerfs ou du dos peuvent donner des symptômes proches. [3]

Quel nerf est comprimé dans le canal tarsien ?

Le canal tarsien est un espace fibreux et osseux situé derrière et sous la malléole interne, c’est-à-dire la saillie osseuse visible sur le côté intérieur de la cheville. [1] [3] Le nerf tibial y chemine avant de se diviser en branches qui assurent notamment la sensibilité de différentes parties de la plante du pied. [2] [3] Une compression dans cet espace peut perturber le fonctionnement du nerf et entraîner des douleurs ou des sensations anormales dans son territoire. [3]

Dans son sens strict, le syndrome désigne la compression du nerf dans le canal tarsien, mais le terme est parfois employé plus largement pour des douleurs du nerf tibial postérieur dues à une autre cause. [2] Il ne faut pas le confondre avec le syndrome du canal tarsien antérieur, qui correspond à la compression du nerf fibulaire profond sur le devant de la cheville et donne plutôt des symptômes sur le dessus du pied, notamment près du premier espace entre les orteils. [4]

Quels sont les symptômes du syndrome du canal tarsien ?

La douleur siège habituellement derrière la malléole interne ou au niveau de la partie interne du talon, puis peut descendre dans la voûte plantaire jusqu’aux orteils. [2] [3] Elle peut être décrite comme une brûlure, une décharge, un élancement ou des picotements, parfois accompagnés d’un engourdissement de la plante du pied. [3] Les symptômes sont souvent aggravés par la station debout, la marche prolongée, l’activité physique ou certaines chaussures, et ils s’améliorent fréquemment au repos. [1] [3] Lorsque l’atteinte progresse, la douleur peut également apparaître au repos ou pendant la nuit. [1] [3] Une faiblesse des mouvements des orteils ou une fonte des petits muscles du pied peut survenir dans les formes sévères ou chroniques. [3]

Quelles causes peuvent comprimer le nerf tibial ?

La compression peut provenir d’une anomalie située dans le canal, comme une inflammation des gaines tendineuses, une fibrose, une excroissance osseuse, un kyste, une varice ou une autre masse occupant de l’espace. [2] [3] Un traumatisme tel qu’une fracture ou une entorse de cheville, une cicatrice après une intervention ou un gonflement de la cheville peut également favoriser la compression. [1] [3] Certaines déformations ou anomalies de l’appui du pied peuvent augmenter les contraintes exercées sur le nerf. [1] [3] Des maladies générales comme l’hypothyroïdie, le diabète, la goutte ou certaines arthrites inflammatoires peuvent aussi être associées au syndrome ou à des symptômes ressemblants. [1] [2] [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose d’abord sur la description des symptômes et sur un examen de la cheville, du pied, de la sensibilité, de la force musculaire et de la marche. [1] [3] La percussion ou la pression exercée sur le nerf sous la malléole interne peut reproduire des fourmillements vers le talon, la plante ou les orteils, ce qui correspond au signe de Tinel. [1] [2] Ce signe contribue à l’évaluation mais ne suffit pas, à lui seul, à confirmer ou à exclure le syndrome. [3]

Des études de conduction nerveuse et une électromyographie peuvent soutenir le diagnostic, évaluer l’atteinte du nerf ou rechercher une autre neuropathie. [1] [3] Leurs performances sont toutefois imparfaites et un résultat normal n’exclut pas nécessairement le syndrome du canal tarsien. [2] [3] [5] Une radiographie peut rechercher une anomalie osseuse ou les séquelles d’un traumatisme, tandis que l’échographie ou l’IRM peuvent montrer une inflammation, une varice, un kyste ou une autre cause structurale de compression. [3] L’évaluation doit aussi distinguer ce syndrome d’autres causes de douleur ou de fourmillements, notamment la fasciite plantaire, une fracture de fatigue, une polyneuropathie ou une atteinte d’une racine nerveuse lombaire. [3]

Quels sont les traitements possibles ?

Le traitement est choisi selon la cause de la compression, l’intensité des symptômes, leur retentissement sur la fonction du pied et l’existence éventuelle d’une faiblesse ou d’une fonte musculaire. [3] La prise en charge commence généralement par des mesures non chirurgicales destinées à diminuer les contraintes mécaniques, la douleur et l’inflammation autour du nerf. [3] Elle peut comprendre une adaptation des activités, des chaussures appropriées, un strapping, une attelle ou des orthèses visant à modifier l’appui du pied et à réduire la tension exercée sur le nerf. [1] [2] [3] Des médicaments contre la douleur, une prise en charge physique ou une infiltration locale peuvent également être proposés en fonction de la situation clinique. [1] [3] Lorsqu’une maladie générale, une anomalie biomécanique ou une lésion précise est identifiée, son traitement fait partie de la prise en charge. [3]

Une décompression chirurgicale peut être envisagée lorsque les traitements conservateurs ne soulagent pas les symptômes ou lorsqu’une cause anatomique accessible à la chirurgie est clairement identifiée. [1] [2] [3] L’intervention consiste à libérer les structures fibreuses qui compriment le nerf et, si nécessaire, à traiter la lésion responsable. [3] Le résultat n’est pas garanti, car une douleur peut persister malgré la décompression et les chances d’amélioration varient notamment selon la cause et l’ancienneté de l’atteinte. [3] Les complications chirurgicales décrites comprennent une infection, un trouble de cicatrisation, une cicatrice hypertrophique ou des adhérences pouvant contribuer à une récidive. [3]

Évolution, suivi et recours aux soins

L’évolution est variable et dépend notamment de la cause, de la durée des symptômes, de leur sévérité et de l’existence d’autres maladies touchant les nerfs ou la circulation. [3] Une compression persistante peut entraîner une douleur durable, une faiblesse progressive et une fonte musculaire du pied. [3] Une réévaluation est nécessaire lorsque les symptômes persistent malgré le traitement, s’aggravent ou s’accompagnent d’une faiblesse musculaire. [3]

Une douleur du pied ou de la cheville accompagnée de brûlures, d’engourdissements, de fourmillements ou d’une faiblesse musculaire justifie une évaluation médicale rapide. [3]

Peut-on prévenir le syndrome du canal tarsien ?

Il n’existe pas de recommandations préventives définitives permettant d’éviter tous les cas de syndrome du canal tarsien. [3] Le port de chaussures bien ajustées, la limitation des sollicitations répétitives excessives et le maintien d’un appui adapté du pied peuvent contribuer à réduire certaines contraintes sur le nerf. [3] Un échauffement avant l’activité physique, des étirements et un renforcement des muscles du pied sont également proposés comme mesures générales de réduction du risque, sans preuve qu’ils empêchent tous les cas. [3]

Sources et références

[3] Tarsal Tunnel Syndrome - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[4] Posterior Tarsal Tunnel Syndrome - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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