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Syndrome d’hyper-IgM : causes, signes, diagnostic et traitements

Le syndrome d’hyper-IgM est un déficit immunitaire primitif dans lequel le taux d’immunoglobulines M, ou IgM, est normal ou élevé, tandis que les autres immunoglobulines sont diminuées ou absentes. [1] [2] Les immunoglobulines sont des anticorps qui participent à la défense de l’organisme contre les infections. [1] Ce n’est pas l’élévation des IgM qui provoque le déficit immunitaire, mais le manque des autres immunoglobulines nécessaires pour combattre efficacement les infections. [1] Le syndrome regroupe plusieurs maladies génétiques dont les manifestations et les risques varient selon le gène atteint. [1] [2]

Pourquoi la production d’anticorps est-elle perturbée ?

Le syndrome d’hyper-IgM peut associer une atteinte de l’immunité humorale, qui repose notamment sur les anticorps, et une atteinte de l’immunité cellulaire. [2] Dans la forme liée à l’X, la plus fréquente, une mutation touche le gène qui permet la production du ligand de CD40, aussi appelé CD154, à la surface de certains lymphocytes T. [2] Le ligand de CD40 transmet normalement aux lymphocytes B le signal nécessaire pour passer de la production d’IgM à celle d’autres immunoglobulines, notamment les IgG, les IgA et les IgE. [2] Lorsque ce signal ne fonctionne pas, les lymphocytes B continuent principalement à produire des IgM. [1] [2]

Quelles sont les principales formes génétiques ?

La plupart des cas sont transmis selon un mode lié au chromosome X, qui touche généralement les garçons. [1] D’autres formes suivent un mode autosomique récessif, dans lequel l’enfant reçoit une anomalie génétique de chacun de ses parents. [1] Une forme autosomique récessive liée à une mutation de CD40 peut provoquer des manifestations semblables à celles de la forme liée à l’X. [2] Certaines autres formes autosomiques récessives, notamment celles associées à un déficit en AID ou en UNG, touchent directement le fonctionnement des lymphocytes B. [2] Dans ces formes, les IgM peuvent être particulièrement élevées et une augmentation du volume des ganglions, de la rate ou des amygdales peut être présente. [1] [2]

Quels signes peuvent faire évoquer un syndrome d’hyper-IgM ?

Les enfants atteints présentent fréquemment des infections répétées des sinus et des poumons. [1] Dans la forme liée à l’X, ces infections sinusopulmonaires bactériennes récidivantes apparaissent souvent au cours des deux premières années de vie. [1] [2] Les nourrissons ayant la forme liée à l’X peuvent aussi développer une pneumonie provoquée par Pneumocystis jirovecii. [1] [2] Une diarrhée chronique fait également partie des manifestations pouvant conduire à suspecter le syndrome. [2] Certaines personnes atteintes de la forme liée à l’X présentent une neutropénie sévère, c’est-à-dire une diminution importante de globules blancs qui participent à la défense contre les infections. [2] Dans certaines formes autosomiques récessives, des maladies auto-immunes peuvent survenir lorsque le système immunitaire attaque les tissus de l’organisme. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic peut être suspecté devant des infections sinusopulmonaires récurrentes, une diarrhée chronique ou une augmentation du volume des tissus lymphoïdes. [2] Une analyse de sang mesure les différentes catégories d’immunoglobulines. [1] [2] L’association d’un taux d’IgM normal ou élevé et de taux faibles ou nuls des autres immunoglobulines est en faveur du diagnostic. [1] [2] Une cytométrie en flux peut rechercher l’expression du ligand de CD40 à la surface des lymphocytes T. [2] Dans la mesure du possible, une analyse génétique confirme le diagnostic et précise la mutation en cause. [1] [2] D’autres examens immunologiques peuvent montrer une diminution des lymphocytes B mémoires et l’absence de certaines cellules B ayant réalisé une commutation de classe. [2]

Quelle évaluation peut être proposée à la famille ?

Les membres de la famille d’une personne atteinte peuvent être testés lorsqu’ils présentent des manifestations compatibles avec la maladie. [2] Des tests génétiques prénataux peuvent être proposés à une femme qui envisage une grossesse lorsque certaines mutations responsables du syndrome sont connues dans sa famille. [1] [2] La forme de transmission et le risque pour les apparentés dépendent du gène atteint et du caractère lié à l’X ou autosomique récessif de la maladie. [1] [2]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Le traitement comprend généralement une substitution par immunoglobulines afin de remplacer une partie des anticorps manquants. [1] [2] Les immunoglobulines administrées sont des anticorps provenant du sang de personnes dont le système immunitaire fonctionne normalement. [1] Dans la forme liée à l’X ou en présence de certaines mutations de CD40, un traitement préventif par triméthoprime-sulfaméthoxazole peut être utilisé contre les infections à Pneumocystis jirovecii. [1] [2] Des précautions environnementales sont également prises dans ces formes afin de réduire le risque d’infection par Cryptosporidium. [2] Une neutropénie sévère peut être traitée par un facteur stimulant la production des granulocytes, appelé G-CSF. [2] Une greffe de cellules souches hématopoïétiques peut être envisagée lorsqu’elle est possible. [1] [2] La source professionnelle indique que cette greffe peut être curative et la privilégie lorsqu’un frère ou une sœur HLA-identique est disponible. [2]

Quels risques et complications sont décrits ?

La diminution des immunoglobulines autres que les IgM expose principalement à des infections répétées, notamment bactériennes. [1] [2] La forme liée à l’X peut aussi augmenter la sensibilité à Cryptosporidium, un agent infectieux pouvant atteindre le tube digestif. [2] Les formes sévères liées à l’X sont associées à un pronostic défavorable en l’absence de prise en charge curative adaptée. [1] [2] Une cirrhose du foie ou un lymphome à lymphocytes B peut survenir chez certaines personnes qui vivent plus longtemps avec cette forme. [1] [2] Les complications possibles ne sont pas identiques dans toutes les formes, ce qui rend l’identification de la mutation importante pour comprendre la maladie. [1] [2]

Sources et références

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Spécialités médicales concernées

Médecine interne et immunologie clinique