Syndrome de Chédiak-Higashi : signes, diagnostic, traitement et suivi

Le syndrome de Chédiak-Higashi est une maladie génétique multisystémique très rare qui associe principalement un déficit immunitaire, une pigmentation réduite de la peau, des cheveux et des yeux, une tendance aux saignements et, chez certaines personnes, une atteinte neurologique progressive. [3] Il peut prendre une forme sévère débutant dans l'enfance ou une forme atténuée diagnostiquée plus tard, dans laquelle les manifestations neurologiques peuvent prédominer et le déficit immunitaire être moins marqué. [3] Une reconnaissance précoce est importante en raison du risque d'infections graves et de phase accélérée, une complication hyperinflammatoire potentiellement mortelle. [3]
Quelle est la cause du syndrome de Chédiak-Higashi ?
Le syndrome est dû à des mutations pathogènes des deux copies du gène LYST, également appelé CHS1, qui intervient dans le fonctionnement et le transport intracellulaire des lysosomes et d'organites apparentés. [2] [3] Ces anomalies produisent notamment de très grosses granulations dans les globules blancs et perturbent leur capacité à détruire correctement certains micro-organismes. [2] [3] L'atteinte d'organites apparentés dans les mélanocytes, les plaquettes et les cellules nerveuses contribue respectivement aux troubles de la pigmentation, aux saignements et à la neurodégénérescence. [3]
La transmission est autosomique récessive, ce qui signifie qu'une personne atteinte a reçu une copie altérée du gène de chacun de ses parents. [1] [3] Lorsque les deux parents sont porteurs, chaque frère ou sœur d'une personne atteinte a un risque de 25 % d'être atteint, de 50 % d'être porteur et de 25 % de n'être ni atteint ni porteur. [3] Un conseil génétique et des analyses moléculaires peuvent préciser le statut des proches et le risque pour un projet parental lorsque les variantes familiales sont connues. [3]
Quels sont les signes possibles ?
La pigmentation est souvent réduite, avec une peau pâle, des cheveux blancs ou clairs et des yeux roses, gris-bleu ou bleu pâle. [1] L'albinisme peut être partiel et son intensité variable, de sorte que des modifications pigmentaires discrètes n'excluent pas le syndrome. [3] Les manifestations oculaires comprennent une baisse de l'acuité visuelle, une sensibilité à la lumière et un nystagmus, c'est-à-dire des mouvements involontaires répétés des yeux pouvant brouiller la vision. [1]
Le déficit immunitaire favorise des infections récidivantes, surtout au niveau des voies respiratoires, de la peau et des muqueuses de la bouche. [1] [3] Des aphtes, une inflammation des gencives et une maladie des tissus qui soutiennent les dents peuvent également survenir. [1] Les anomalies des granules plaquettaires peuvent entraîner des ecchymoses faciles, des saignements prolongés ou des hémorragies des muqueuses, même lorsque le nombre de plaquettes est normal. [3]
L'atteinte neurologique peut provoquer une faiblesse, une maladresse, des troubles de la marche, une neuropathie périphérique, des convulsions ou une détérioration cognitive progressive. [1] [3] Dans les formes atténuées diagnostiquées à l'adolescence ou à l'âge adulte, les troubles neurologiques peuvent être importants alors que les infections et les anomalies pigmentaires sont moins évidentes. [3]
Qu'est-ce que la phase accélérée ?
La phase accélérée est une complication hyperinflammatoire proche d'une lymphohistiocytose hémophagocytaire, au cours de laquelle l'activation immunitaire devient incontrôlée. [3] Elle peut se manifester par une fièvre persistante, une jaunisse, une augmentation du volume du foie et de la rate, des ganglions gonflés, une diminution de plusieurs catégories de cellules sanguines, des saignements ou des signes neurologiques. [2] [3] Une infection peut déclencher cette phase, qui peut évoluer rapidement vers une défaillance de plusieurs organes si elle n'est pas reconnue et traitée. [3]
Chez une personne atteinte du syndrome, une fièvre ou des signes d'infection nécessitent une évaluation médicale immédiate. [3] Une fièvre persistante, un saignement inhabituel ou l'apparition de manifestations neurologiques impose également une évaluation rapide en raison du risque de phase accélérée. [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose sur le rapprochement entre les manifestations cliniques, les anomalies observées dans le sang et l'analyse génétique. [3] L'examen microscopique d'un frottis sanguin recherche de grosses granulations caractéristiques dans les neutrophiles et d'autres globules blancs. [2] [3] D'autres anomalies biologiques, comme une diminution des neutrophiles ou de plusieurs lignées sanguines, peuvent être présentes sans suffire à elles seules à confirmer la maladie. [2] La recherche de mutations pathogènes dans le gène LYST permet de confirmer le diagnostic moléculaire. [2] [3]
Un albinisme isolé n'est pas équivalent au syndrome de Chédiak-Higashi, car il ne comporte habituellement ni déficit immunitaire systémique ni atteinte neurologique comparable. [3] D'autres maladies rares, notamment les syndromes de Griscelli et d'Hermansky-Pudlak, peuvent associer une pigmentation réduite à des manifestations générales. [3] La présence de granulations géantes dans les neutrophiles et l'analyse du gène LYST aident à distinguer le syndrome de Chédiak-Higashi de ces maladies voisines. [3]
Quels sont les principes du traitement ?
La prise en charge vise à prévenir et traiter les infections, à contrôler les complications inflammatoires et hématologiques et à évaluer la possibilité d'une greffe de cellules souches hématopoïétiques. [2] [3] Des antibiotiques préventifs peuvent être utilisés pour réduire le risque d'infection, tandis que l'interféron gamma peut améliorer certaines fonctions immunitaires. [1] [2] Les corticoïdes ou l'ablation de la rate peuvent parfois apporter une amélioration transitoire de certaines manifestations, sans constituer un traitement définitif du syndrome. [1] [2] Une phase accélérée nécessite une reconnaissance rapide, un traitement immunosuppresseur spécialisé et une évaluation pour une greffe. [3]
La greffe de cellules souches hématopoïétiques est le seul traitement définitif actuellement décrit pour corriger les atteintes immunitaires et hématologiques du syndrome. [3] Elle peut prévenir la répétition des infections et les rechutes de la phase accélérée, mais elle n'arrête pas de façon fiable la progression neurologique. [3] Son indication et son calendrier doivent donc être évalués précocement par une équipe spécialisée, avant l'installation d'une atteinte neurologique importante lorsque cela est possible. [3]
Comment s'organisent le suivi et la prévention ?
Le caractère multisystémique de la maladie justifie une coordination entre les équipes d'immunologie, d'hématologie, de génétique, de neurologie, d'ophtalmologie et de prise en charge des infections. [3] Le suivi recherche notamment les infections, les saignements, les premiers signes d'une phase accélérée, l'évolution neurologique et les troubles visuels. [3] Les atteintes de la bouche et des gencives ainsi que les difficultés de mobilité, de nutrition ou d'autonomie peuvent nécessiter des soins bucco-dentaires, une rééducation, un soutien nutritionnel et un accompagnement psychosocial. [1] [3]
La prévention quotidienne comprend une hygiène rigoureuse, la limitation des contacts avec des personnes malades et une surveillance attentive des premiers signes d'infection. [3] Le risque hémorragique doit être signalé à l'équipe soignante avant un geste invasif, et des précautions contre les traumatismes peuvent être nécessaires. [3] L'évaluation précoce des frères et sœurs peut permettre d'identifier une personne atteinte avant l'apparition de complications et d'envisager plus tôt la greffe. [3]
Sources et références
[1] Syndrome de Chédiak-Higashi - Allergies et troubles immunitaires - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Syndrome de Chédiak-Higashi - Allergie et immunologie - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Chediak-Higashi Syndrome - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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