Syndrome des cassures de Nijmegen : signes, diagnostic, soins et suivi

Le syndrome des cassures de Nijmegen, ou NBS, est un syndrome génétique caractérisé notamment par une microcéphalie progressive, un retard de croissance précoce, des infections respiratoires répétées et un risque accru de cancer. [1] Il peut aussi s'accompagner d'une évolution des capacités intellectuelles et, chez les filles et les femmes, d'une insuffisance ovarienne prématurée. [1] Le diagnostic repose sur les caractéristiques cliniques associées à la mise en évidence de deux variants pathogènes du gène NBN et/ou à l'absence de la protéine nibrine lors d'un examen spécialisé. [1]
Quels sont les principaux signes du syndrome ?
La microcéphalie est progressive et fait partie des caractéristiques principales du syndrome. [1] Le déficit de croissance commence tôt, mais tend à s'améliorer avec l'âge. [1] Durant la première année, les principales étapes du développement sont généralement acquises au moment habituel. [1] Des retards développementaux modérés et une hyperactivité peuvent néanmoins être observés dès la petite enfance. [1] Les capacités intellectuelles ont tendance à diminuer au cours du temps, ce qui justifie des évaluations répétées. [1]
Les infections respiratoires récurrentes, notamment les bronchites et les pneumonies, occupent une place importante dans la maladie. [1] Leur répétition peut conduire à une insuffisance respiratoire et à un décès précoce. [1] Chez les filles et les femmes, une insuffisance ovarienne prématurée peut survenir. [1]
Quel est le risque de cancer ?
Le syndrome des cassures de Nijmegen augmente le risque de tumeur maligne, principalement de lymphome. [1] Des tumeurs solides ont également été rapportées, notamment le médulloblastome, le gliome et le rhabdomyosarcome. [1] La surveillance d'une tumeur doit être particulièrement envisagée en présence d'un amaigrissement, de fièvre, de faiblesse, d'une augmentation de volume des ganglions périphériques, d'un essoufflement, d'une toux ou d'une augmentation de volume du foie et de la rate. [1] Cette évaluation peut notamment faire appel à l'échographie, à l'IRM ou à une biopsie selon la situation clinique. [1]
Comment le diagnostic est-il confirmé ?
Les manifestations cliniques permettent de suspecter le syndrome, mais elles ne suffisent pas seules à établir sa cause génétique. [1] Le diagnostic est établi chez une personne présentant les caractéristiques du syndrome lorsque l'analyse génétique moléculaire détecte deux variants pathogènes de NBN. [1] Il peut également être établi par la constatation de l'absence de la protéine nibrine au moyen d'un immunoblot, un examen spécialisé réalisé sur un prélèvement biologique. [1]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
Les infections sont traitées par les traitements antimicrobiens habituellement indiqués pour l'infection identifiée. [1] Un traitement substitutif par immunoglobulines peut être proposé en cas de déficit sévère en immunoglobulines associé à des infections fréquentes. [1] Les bronchectasies et les infections pulmonaires relèvent de leur prise en charge habituelle. [1] La synthèse clinique mentionne l'utilisation de vaccins acellulaires dans la prise en charge. [1]
En cas de cancer lymphoïde, les protocoles de chimiothérapie doivent être adaptés à la tolérance individuelle. [1] Le traitement d'une tumeur solide doit lui aussi être adapté à la tolérance de la personne. [1] Une greffe de cellules souches hématopoïétiques peut être envisagée. [1] Chez une fille ou une femme présentant un hypogonadisme hypergonadotrope, un traitement hormonal substitutif peut être proposé. [1] La synthèse clinique prévoit un auto-examen mensuel des seins lorsqu'un traitement hormonal substitutif est administré. [1]
Quelles précautions sont liées aux rayonnements et aux vaccins ?
Les cellules des personnes atteintes étant radiosensibles en laboratoire, les doses de rayonnement utilisées en radiothérapie doivent être réduites. [1] Les expositions non nécessaires aux examens utilisant des rayonnements ionisants, comme la radiographie standard et le scanner, doivent être évitées. [1] L'IRM ou l'échographie peuvent être envisagées comme solutions d'imagerie ne recourant pas à ces rayonnements. [1] Les vaccins vivants, notamment ceux cités contre la tuberculose, la rougeole, les oreillons, la rubéole et la varicelle, ne doivent pas être administrés aux personnes atteintes. [1]
Quel suivi est proposé ?
Un suivi périodique permet de surveiller la croissance physique, la fréquence des infections et l'évolution du développement. [1] Les marqueurs biologiques de l'immunité doivent être suivis tout au long de la vie. [1] La progression de la puberté doit être surveillée chez les deux sexes. [1] Chez les filles et les femmes, le suivi recherche particulièrement une insuffisance ovarienne prématurée. [1] Les capacités cognitives, développementales et intellectuelles doivent être évaluées avant l'entrée à l'école, puis réévaluées périodiquement. [1]
Comment le syndrome se transmet-il dans une famille ?
Le syndrome des cassures de Nijmegen se transmet sur un mode autosomique récessif. [1] Pour chaque frère ou sœur d'une personne atteinte, la probabilité à la conception est de 25 % d'avoir hérité des deux variants pathogènes et d'être atteint. [1] La probabilité est de 50 % d'avoir hérité d'un seul variant et d'être porteur hétérozygote. [1] La probabilité de n'avoir hérité d'aucun des deux variants familiaux est de 25 %. [1]
Les personnes porteuses d'un seul variant pathogène de NBN ne risquent pas de développer le syndrome lui-même. [1] La présence d'un seul variant peut toutefois être associée à un risque accru de cancer du sein chez les femmes et de cancer de la prostate chez les hommes. [1] Une surveillance de ces cancers est indiquée chez les adultes hétérozygotes. [1] Un test génétique ciblant les variants familiaux de NBN peut être proposé aux apparentés adultes apparemment asymptomatiques afin d'identifier les porteurs hétérozygotes. [1] Lorsque les variants familiaux sont connus, le dépistage des porteurs ainsi que les tests génétiques prénatal et préimplantatoire sont techniquement possibles. [1]
Sources et références
[1] Nijmegen Breakage Syndrome - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
GeneReviews, University of Washington, diffusion NCBI Bookshelf · Consulté le 2026-09-13
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.