Aller au contenu principal

Déficit en G6PD : mécanisme, signes, diagnostic et prévention des crises

Le déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase, ou déficit en G6PD, est une maladie génétique héréditaire qui fragilise les globules rouges face à certaines agressions. [1] Il peut provoquer une hémolyse, c’est-à-dire une destruction accélérée des globules rouges, notamment pendant une infection ou après l’exposition à certains médicaments ou à certaines substances. [1] [2] Beaucoup d’épisodes sont légers ou ne provoquent aucun symptôme, mais une hémolyse importante peut entraîner une anémie sévère et parfois une atteinte rénale aiguë. [1] [2] Le diagnostic repose principalement sur la mesure de l’activité de la G6PD dans les globules rouges, dont le résultat doit être interprété en tenant compte du moment où le prélèvement a été réalisé. [1] [2]

Quel est le rôle de la G6PD dans les globules rouges ?

La G6PD est une enzyme qui contribue à protéger l’hémoglobine et les globules rouges contre le stress oxydatif. [1] [2] L’hémoglobine est la protéine grâce à laquelle les globules rouges transportent l’oxygène des poumons vers les tissus. [1] Lorsque l’activité de la G6PD est insuffisante, une agression oxydative peut altérer l’hémoglobine et la membrane des globules rouges, puis raccourcir leur durée de vie. [2] L’intensité du déficit varie selon l’anomalie génétique, depuis une activité proche de la normale jusqu’à un déficit enzymatique sévère. [1] [2] Cette variabilité explique en partie pourquoi les manifestations diffèrent d’une personne à l’autre. [1] [2]

Comment le déficit en G6PD se transmet-il ?

Le gène de la G6PD est situé sur le chromosome X. [1] [2] Les hommes sont donc plus susceptibles de présenter une hémolyse cliniquement importante, mais des femmes peuvent également être atteintes. [2] Chez une femme, les manifestations dépendent notamment des chromosomes X porteurs de l’anomalie et de la manière dont l’un des chromosomes X est inactivé dans les cellules. [2] Le déficit est observé plus fréquemment chez les personnes ayant des ancêtres originaires d’Afrique, du bassin méditerranéen ou d’Asie. [1] [2] L’ascendance constitue un élément d’orientation et ne remplace pas la mesure de l’activité enzymatique. [1] [2]

Quels sont les signes d’un épisode d’hémolyse ?

Dans de nombreux cas, la destruction des globules rouges reste limitée et ne provoque aucun symptôme. [1] Lorsqu’ils apparaissent, les signes peuvent comprendre un ictère, qui correspond à une coloration jaune de la peau et du blanc des yeux, ainsi que des urines foncées. [1] [2] Une fatigue et un essoufflement peuvent accompagner la destruction des globules rouges. [1] Certaines personnes présentent aussi des douleurs dans le dos ou l’abdomen. [1] [2] Au cours de l’hémolyse, les analyses peuvent mettre en évidence une anémie, un ictère biologique et une augmentation des réticulocytes, qui sont de jeunes globules rouges produits pour compenser les pertes. [2] Une hémolyse profonde peut provoquer le passage d’hémoglobine dans les urines et entraîner une lésion rénale aiguë. [2] Plus rarement, certains patients présentent une hémolyse chronique même en l’absence d’agression oxydative identifiable. [2]

Qu’est-ce qui peut déclencher une crise hémolytique ?

Les épisodes d’hémolyse surviennent habituellement après une situation qui augmente le stress oxydatif subi par les globules rouges. [2] Une infection virale ou bactérienne aiguë, notamment lorsqu’elle s’accompagne de fièvre, peut être un déclencheur. [1] [2] Une acidocétose diabétique peut également provoquer une hémolyse chez une personne ayant un déficit en G6PD. [1] [2] Certains médicaments ou produits oxydants sont aussi susceptibles de déclencher une destruction des globules rouges. [1] [2] Parmi les substances citées figurent notamment la rasburicase, la primaquine, la dapsone, les sulfamides, les nitrofuranes, le bleu de méthylène et le naphtalène. [1] [2] La consommation de fèves peut déclencher une hémolyse dans certains cas. [1] [2] L’importance de l’hémolyse dépend à la fois du degré de déficit enzymatique et du pouvoir oxydant du médicament ou de la substance. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le déficit en G6PD peut être recherché devant un ictère ou une anémie hémolytique inexpliquée, en particulier si les signes sont apparus pendant une infection ou après l’exposition à un déclencheur connu. [1] [2] Des analyses sanguines servent d’abord à déterminer si les globules rouges sont effectivement détruits. [1] Le diagnostic spécifique repose sur le dosage de l’activité de l’enzyme G6PD dans les globules rouges. [1] [2] Un frottis sanguin peut montrer des globules rouges altérés, notamment des cellules dites en bulle ou mordues, ainsi que des corps de Heinz avec une coloration spéciale. [2] Le dosage de la G6PD peut toutefois être faussement négatif pendant ou juste après une hémolyse aiguë. [2] Cette limite s’explique par la disparition préférentielle des globules rouges âgés les plus déficitaires et par la présence de nombreux réticulocytes, naturellement plus riches en G6PD. [2] Lorsque le résultat initial est négatif malgré une forte suspicion, le médecin peut donc renouveler le dosage plusieurs semaines après la fin de l’épisode. [2] Un dépistage peut aussi être envisagé devant un ictère néonatal, avant l’administration de certains médicaments à une personne à risque ou chez des membres asymptomatiques de la même famille. [2]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

En dehors des épisodes d’hémolyse, aucun traitement spécifique n’est généralement nécessaire. [1] Lors d’une hémolyse aiguë, la prise en charge repose sur des soins de support et sur la suppression du déclencheur identifié sous la conduite de l’équipe médicale. [1] [2] Les médecins peuvent conseiller l’arrêt du médicament ou de la substance considérée comme responsable de l’épisode. [1] [2] La plupart des épisodes sont spontanément limités lorsque l’agression oxydative cesse. [1] [2] Un épisode grave peut nécessiter une hospitalisation, avec notamment de l’oxygène ou des liquides administrés par voie intraveineuse. [1] Une transfusion sanguine peut être nécessaire en cas d’anémie sévère. [1] [2]

Comment prévenir de nouveaux épisodes ?

La prévention repose principalement sur l’identification et l’évitement des médicaments, substances ou aliments ayant déjà provoqué une hémolyse ou connus pour présenter un risque dans ce déficit. [1] [2] La rasburicase est contre-indiquée chez les personnes dont le déficit en G6PD est connu. [2] Un dépistage du déficit doit précéder son administration chez les personnes considérées comme à haut risque, notamment en raison d’une ascendance africaine ou méditerranéenne. [2] Le dépistage de proches asymptomatiques peut être envisagé lorsqu’un déficit en G6PD a été identifié dans la famille. [2] La prévention doit tenir compte de la variabilité de l’activité enzymatique et de la capacité oxydante propre à chaque exposition. [2]

Sources et références

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées