Syndrome de réponse inflammatoire généralisée : définition, critères et évaluation

Le syndrome de réponse inflammatoire généralisée, également appelé syndrome de réponse inflammatoire systémique ou SIRS dans la littérature anglophone, correspond à une réaction de défense excessive de l’organisme face à une agression. [1] Cette réaction peut être déclenchée par une infection, mais aussi par un traumatisme, une opération, une inflammation aiguë, une atteinte liée à un manque d’oxygène dans un tissu ou certains cancers. [1] Lorsqu’elle devient incontrôlée, l’inflammation peut perturber le fonctionnement d’un ou de plusieurs organes et entraîner des complications potentiellement mortelles. [1] Le SIRS décrit donc un ensemble de réactions mesurables, mais il n’identifie pas à lui seul leur cause et ne permet pas, isolément, de conclure à un sepsis. [1]
Quels sont les critères classiques du SIRS ?
Selon la définition classique, un SIRS est identifié lorsque au moins deux anomalies parmi la température, la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire et le nombre de globules blancs sont présentes. [1] Le critère de température correspond à une température corporelle supérieure à 38 °C ou inférieure à 36 °C. [1] Le critère cardiaque est une fréquence supérieure à 90 battements par minute. [1] Le critère respiratoire correspond à plus de 20 respirations par minute ou à une pression artérielle en dioxyde de carbone inférieure à 32 mmHg. [1] Le critère sanguin est un nombre de globules blancs supérieur à 12 000 par microlitre, inférieur à 4 000 par microlitre ou comportant plus de 10 % de formes immatures. [1]
Ces critères ont été conçus pour repérer précocement une réaction inflammatoire, mais leur forte sensibilité s’accompagne d’un manque de spécificité. [1] Les anomalies retenues sont fréquentes chez les personnes hospitalisées en soins intensifs et ne distinguent pas, par elles-mêmes, une réponse adaptée d’une inflammation susceptible d’endommager les organes. [1] Chaque critère n’a pas non plus la même valeur pour prévoir une défaillance d’organe ou un décès. [1] Inversement, certaines personnes atteintes d’une infection sévère peuvent ne pas remplir au moins deux critères de SIRS lors de leur première évaluation. [1] Les seuils classiques ne sont pas directement transposables aux enfants, chez lesquels les valeurs normales varient avec l’âge et les définitions ont été adaptées. [1]
Quelles causes peuvent provoquer cette réaction inflammatoire ?
Les causes infectieuses comprennent notamment des infections bactériennes, virales ou fongiques, depuis une infection localisée jusqu’à une infection disséminée. [1] Parmi les causes non infectieuses figurent les brûlures, les traumatismes, les lésions liées à une intervention chirurgicale, la pancréatite aiguë, certaines intoxications et l’ischémie d’un organe. [1] Une poussée de vascularite auto-immune, une réaction à un médicament, une perforation intestinale ou certaines maladies hématologiques malignes peuvent également déclencher ce syndrome. [1] Le contexte clinique est donc indispensable pour rechercher l’agression à l’origine de la réaction plutôt que de s’arrêter au seul constat des critères. [1]
Le risque de développer un SIRS en réponse à une agression est notamment accru par un âge avancé, une immunodépression, un diabète, une obésité ou un cancer actif. [1] Une hospitalisation récente ou une admission en soins intensifs font également partie des contextes associés à ce risque. [1]
Pourquoi l’inflammation peut-elle atteindre les organes ?
Une agression infectieuse ou non infectieuse active des cellules immunitaires et entraîne la libération de nombreuses molécules inflammatoires appelées cytokines. [1] Lorsque les mécanismes pro-inflammatoires prennent le dessus sur les mécanismes régulateurs, la réaction initialement protectrice peut devenir généralisée. [1] Cette réaction peut altérer la paroi des vaisseaux, augmenter leur perméabilité et perturber l’équilibre de la coagulation. [1] De petits caillots dans la microcirculation et une perfusion insuffisante des tissus peuvent alors contribuer au dysfonctionnement des organes. [1]
Comment le diagnostic est-il évalué ?
L’évaluation associe les constantes vitales, les analyses biologiques, l’examen clinique et la recherche de la cause possible. [1] L’interrogatoire recherche notamment le début et l’évolution des symptômes, les médicaments récents, les voyages, les expositions environnementales ou professionnelles et la consommation de substances. [1] L’examen physique sert à rechercher le foyer de l’inflammation et d’éventuels signes d’atteinte d’un organe. [1] Les constantes peuvent être contrôlées à plusieurs reprises, car le stress de l’arrivée dans un établissement de santé, l’âge ou certains médicaments peuvent modifier la fréquence cardiaque et d’autres paramètres. [1] Lorsque la cause n’est pas évidente, la recherche rapide d’une infection occupe une place prioritaire dans l’évaluation. [1] Des examens peuvent aussi évaluer la perfusion des tissus et le retentissement sur les organes, notamment par la mesure du lactate et par un bilan métabolique adapté à la gravité. [1] Des biomarqueurs comme la procalcitonine peuvent contribuer à distinguer certaines causes, mais ils doivent être interprétés avec les données cliniques et ne suffisent pas seuls à établir un sepsis. [1]
Quelle différence entre SIRS, sepsis et défaillance de plusieurs organes ?
Un SIRS peut avoir une origine infectieuse ou non infectieuse, tandis que la définition actuelle du sepsis repose sur une défaillance d’organe menaçant le pronostic vital et provoquée par une réponse dérégulée à une infection. [1] Les critères de SIRS ne sont donc plus utilisés à eux seuls pour définir le sepsis. [1] Le choc septique constitue une forme particulièrement grave, caractérisée par des anomalies circulatoires, cellulaires et métaboliques persistantes malgré la réanimation initiale. [1] Le syndrome de défaillance multiviscérale correspond à une altération de plusieurs fonctions d’organes telle que l’équilibre de l’organisme ne peut plus être maintenu sans intervention. [1] L’évolution dépend notamment de la cause initiale, de sa correction et de la capacité des mécanismes anti-inflammatoires à rétablir un équilibre. [1]
Sources et références
[1] Systemic Inflammatory Response Syndrome - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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