Syndrome de perfusion du propofol

Le syndrome de perfusion du propofol est un effet indésirable rare et connu, principalement décrit chez des patients recevant du propofol pour une sédation en unité de soins intensifs. [1] Il associe des troubles métaboliques et des défaillances d’organes qui peuvent entraîner le décès. [1] Une perfusion longue ou à forte dose augmente le risque, mais le syndrome peut aussi survenir après une utilisation courte, y compris pendant une anesthésie de quelques heures. [1]
Quand le syndrome doit être suspecté
Chez un patient traité par propofol, une dégradation hémodynamique ou l’apparition d’une acidose métabolique lactique non expliquée par la situation clinique doit faire évoquer ce syndrome par l’équipe d’anesthésie-réanimation ou de soins intensifs. [1] Les manifestations étant parfois peu spécifiques, le diagnostic peut être difficile et une utilisation courte du propofol ne suffit pas à écarter le syndrome. [1]
Dès qu’un syndrome de perfusion du propofol est suspecté, l’équipe médicale hospitalière responsable de la sédation doit arrêter le propofol dès que possible et utiliser un autre traitement sédatif, sans attendre une confirmation préalable. [1] Lorsque le syndrome est identifié précocement et que le propofol est arrêté immédiatement, l’évolution est favorable dans la majorité des cas. [1]
Manifestations possibles
Le syndrome peut se manifester par une acidose métabolique, une destruction musculaire appelée rhabdomyolyse, une augmentation du potassium sanguin, une augmentation du volume du foie, une insuffisance rénale ou une augmentation des graisses dans le sang. [1] Des troubles du rythme cardiaque, un aspect particulier de l’électrocardiogramme de type syndrome de Brugada et une insuffisance cardiaque rapidement progressive, généralement peu sensible aux médicaments qui renforcent la contraction du cœur, peuvent également survenir. [1]
Situations associées à un risque accru
Les facteurs de risque rapportés comprennent le jeune âge, une diminution des apports en glucides comme lors du jeûne périopératoire, l’administration concomitante de metformine, une diminution de l’apport d’oxygène aux tissus, une lésion neurologique grave et/ou un sepsis. [1]
Le risque est aussi associé à de fortes doses d’un ou de plusieurs vasoconstricteurs, stéroïdes ou agents inotropes, ou à l’utilisation de propofol à une dose supérieure à 4 mg/kg/h pendant plus de 48 heures. [1] Ces facteurs orientent l’évaluation de l’équipe d’anesthésie-réanimation ou de soins intensifs, mais ne constituent pas à eux seuls une confirmation du syndrome. [1]
Chez les patients de moins de 16 ans, le propofol est contre-indiqué pour une sédation continue en unité de soins intensifs ; cette restriction concerne précisément cette tranche d’âge et ce contexte de sédation. [1]
Le syndrome peut parfois révéler une maladie mitochondriale. [1]
Surveillance pendant l’administration
Pour détecter le syndrome, l’équipe d’anesthésie-réanimation ou de soins intensifs peut mettre en place une surveillance, notamment lorsque la perfusion de propofol est prolongée ou administrée à forte dose. [1] Cette surveillance peut comprendre un suivi continu de l’électrocardiogramme, des gaz du sang artériel avec dosage des lactates, ainsi que des dosages des CPK et des triglycérides. [1] La surveillance renforcée des perfusions longues ou à forte dose ne doit pas conduire à écarter le syndrome après une administration de seulement quelques heures. [1]
Sources et références
[1] Actualité - Rappels sur le Syndrome de perfusion du propofol - ANSM
ansm.sante.fr · Consulté le 2026-09-11
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