Narcose aux gaz inertes en plongée : signes, conduite à tenir et prévention

Trouver un professionnel
Médecine de plongée par ville
La narcose aux gaz inertes est une altération réversible de la conscience, du comportement et des fonctions neuromusculaires provoquée par la respiration de gaz comprimés en profondeur. [2] L’azote est le gaz le plus souvent en cause chez les plongeurs respirant de l’air comprimé, ce qui explique l’expression courante de narcose à l’azote ou d’ivresse des profondeurs. [2] [1] D’autres gaz inertes, notamment le néon, l’argon, le krypton et le xénon, peuvent aussi avoir un effet narcotique. [2] Le principal danger n’est pas une lésion directe des tissus, mais la perte de jugement et de coordination sous l’eau, qui peut conduire à une erreur de plongée, un accident de décompression, une embolie gazeuse ou une noyade. [2]
Pourquoi la profondeur provoque-t-elle une narcose ?
Lorsque la pression ambiante augmente, la pression partielle des gaz respirés augmente également. [1] [2] Sous forte pression, certains gaz inertes exercent un effet anesthésique sur le système nerveux central, même s’ils ne sont pas transformés chimiquement dans le sang. [2] Les mécanismes exacts restent discutés et semblent faire intervenir des interactions avec les membranes, les protéines neuronales et certains canaux ioniques. [2] Les troubles deviennent généralement plus marqués à mesure que la profondeur et la pression augmentent. [2] Une altération significative des capacités cognitives peut être observée dès environ 30 mètres chez certains plongeurs respirant de l’air comprimé. [1] [2]
Quels sont les signes de narcose en plongée ?
Les premiers troubles concernent souvent le jugement, le raisonnement, la concentration et la mémoire à court terme. [2] Une euphorie, une désorientation et un comportement rappelant une intoxication alcoolique peuvent apparaître. [1] [2] La dextérité manuelle, la coordination et le temps de réaction peuvent également se dégrader. [2] Dans les formes sévères, la narcose peut évoluer vers une fixation des idées, des hallucinations, une stupeur ou un coma. [2] Le plongeur peut être incapable d’évaluer correctement la situation et peut même descendre davantage en croyant remonter. [1] L’autoévaluation est peu fiable, car une personne modérément atteinte peut ne pas avoir conscience de la dégradation de ses capacités. [2]
Quels facteurs augmentent le risque ?
La sensibilité varie fortement d’une personne à l’autre et peut aussi varier d’une plongée à l’autre chez un même plongeur. [2] La fatigue, l’alcool, l’anxiété et le froid sont associés à une aggravation du risque ou des manifestations. [2] Une accumulation de dioxyde de carbone peut accentuer la narcose en ajoutant ses propres effets dépresseurs sur le système nerveux central. [1] [2] Cette accumulation peut notamment être favorisée par l’effort respiratoire en profondeur, une ventilation insuffisante ou un dysfonctionnement d’un recycleur. [1] [2]
Que faire si des symptômes apparaissent sous l’eau ?
La conduite déterminante consiste à réduire sans tarder la profondeur par une remontée contrôlée. [2] La remontée ne doit pas devenir rapide ou incontrôlée et ne doit pas conduire à omettre les procédures de décompression nécessaires, car ces erreurs peuvent provoquer d’autres accidents graves de plongée. [2] La surveillance mutuelle par l’équipier est importante, puisque le plongeur atteint peut ne pas reconnaître ses propres troubles. [2] Les manifestations s’améliorent habituellement rapidement lors de la remontée vers une profondeur moindre. [1] [2] Si les symptômes persistent après la remontée, la plongée doit être interrompue. [2]
Quand faut-il demander une évaluation médicale urgente ?
Des troubles neurologiques qui persistent ou s’aggravent après le retour en surface nécessitent une évaluation médicale urgente. [2] Ils ne doivent pas être attribués automatiquement à une narcose, car un accident de décompression neurologique ou une embolie gazeuse artérielle doit être exclu. [2] L’apparition soudaine de déficits neurologiques sévères immédiatement après la remontée évoque notamment une embolie gazeuse et impose une prise en charge urgente. [2] Des douleurs articulaires, des changements cutanés ou des signes neurologiques médullaires persistants après la plongée justifient également une évaluation urgente pour rechercher un accident de décompression. [2] L’oxygénothérapie hyperbare n’est pas un traitement de la narcose isolée, mais elle peut être nécessaire si un accident de décompression ou une embolie gazeuse est suspecté ou confirmé. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
La narcose aux gaz inertes est un diagnostic clinique, car aucun examen sanguin ni examen d’imagerie ne permet de la confirmer directement. [2] Le moment d’apparition des symptômes, la profondeur atteinte, le mélange respiré, le déroulement de la remontée et l’évolution après le retour en surface aident à orienter le diagnostic. [2] Une disparition rapide lors de la remontée est compatible avec une narcose, tandis qu’une persistance ou une aggravation en surface impose de rechercher une autre cause. [2] Une intoxication à l’oxygène, une accumulation de dioxyde de carbone, une contamination par le monoxyde de carbone ou une hypothermie peuvent aussi provoquer des troubles neurologiques en plongée. [1] [2]
Comment prévenir une nouvelle narcose ?
Limiter la profondeur constitue la mesure préventive la plus directe lors d’une plongée à l’air comprimé. [2] Les mélanges contenant de l’hélium peuvent réduire l’exposition à l’azote lors des plongées profondes, mais leur emploi modifie les contraintes de décompression et relève d’une planification et d’une formation adaptées. [1] [2] L’hélium ne provoque pas de narcose cliniquement significative aux profondeurs de plongée récréative, mais il peut être associé à un syndrome nerveux des hautes pressions lors d’expositions extrêmes. [1] [2] Le respect des limites prévues, le repos, la protection contre le froid et l’évitement de l’alcool contribuent à réduire le risque. [2] Des signaux convenus à l’avance et une surveillance attentive entre équipiers facilitent la reconnaissance d’une altération du comportement sous l’eau. [2]
Quelle est l’évolution habituelle ?
Une narcose isolée se résout généralement rapidement avec la remontée et n’est pas associée à des séquelles cliniques chroniques démontrées après les expositions récréatives habituelles. [2] Des études expérimentales indiquent toutefois que certaines altérations du temps de réaction ou du traitement cognitif peuvent persister transitoirement après la disparition des sensations subjectives. [2] Après une plongée profonde ou prolongée à l’air, il est donc prudent d’éviter immédiatement les activités critiques pour la sécurité qui exigent des capacités cognitives intactes. [2] Une nouvelle exposition à la pression peut provoquer une récidive, sans que l’intensité soit parfaitement prévisible d’une plongée à l’autre. [2]
Sources et références
[1] Toxicité des gaz pendant la plongée - Lésions et intoxications - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Nitrogen Narcosis In Diving - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.