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Syndrome de Muir-Torre : signes, diagnostic et surveillance

Le syndrome de Muir-Torre est un syndrome rare de prédisposition tumorale dans lequel des tumeurs cutanées particulières sont associées à un risque de cancers touchant des organes internes. [1] Il est considéré comme une forme du syndrome de Lynch, également appelé cancer colorectal héréditaire sans polypose. [1] Ses manifestations caractéristiques sont les tumeurs sébacées de la peau et les cancers internes, dont le cancer du côlon est le plus fréquent. [1]

Quelle est l’origine du syndrome de Muir-Torre ?

La forme classique est le plus souvent liée à une anomalie héréditaire d’un gène chargé de réparer certaines erreurs survenant lors de la copie de l’ADN. [1] Les gènes le plus souvent concernés sont MLH1, MSH2, MSH6 et PMS2. [1] Lorsque ce système de réparation fonctionne mal, des erreurs génétiques non corrigées peuvent s’accumuler et favoriser la formation de tumeurs. [1] La transmission est généralement autosomique dominante, ce qui signifie qu’une seule copie altérée du gène peut être associée au syndrome. [1]

Des formes autosomiques récessives liées au gène MYH ainsi que des formes sporadiques, notamment décrites dans un contexte d’immunosuppression, ont également été rapportées. [1] Ces mécanismes différents montrent que la présence d’une tumeur sébacée ne suffit pas, à elle seule, à établir l’existence d’une anomalie héréditaire. [1]

Quels signes cutanés peuvent faire évoquer le syndrome ?

Les principales manifestations cutanées sont les adénomes sébacés, les épithéliomes sébacés et les carcinomes sébacés, auxquels peuvent s’ajouter des kératoacanthomes présentant parfois une différenciation sébacée. [1] L’adénome sébacé est la tumeur cutanée la plus fréquemment rapportée dans ce syndrome. [1] Les lésions sébacées peuvent apparaître sous la forme de papules ou de nodules jaunâtres, habituellement indolores et de croissance lente, avec ou sans ulcération. [1] Elles sont souvent situées sur le visage, mais une tumeur peut se développer sur toute zone cutanée comportant des glandes sébacées. [1] Le nombre de lésions varie fortement selon les personnes, depuis une lésion isolée jusqu’à de très nombreuses tumeurs. [1]

Une tumeur sébacée située sous le cou est considérée comme particulièrement évocatrice, car les tumeurs sébacées sporadiques sont surtout observées sur le nez et les paupières. [1] Une hyperplasie sébacée banale ou un nævus sébacé de Jadassohn ne sont pas considérés comme des manifestations du syndrome de Muir-Torre. [1] L’aspect extérieur ne permet pas toujours de distinguer une lésion bénigne d’un carcinome sébacé, ce qui explique le recours fréquent à une biopsie en cas de lésion suspecte. [1]

Quels cancers internes sont associés ?

Le cancer colorectal est le cancer interne le plus fréquemment associé au syndrome de Muir-Torre. [1] D’autres cancers ont été décrits, notamment au niveau de l’endomètre, des ovaires, de l’intestin grêle, des voies urinaires hautes, du pancréas, du cerveau et du système hépatobiliaire. [1] La diversité de ces localisations justifie de prendre en compte les antécédents personnels et familiaux de cancers plutôt que de se limiter à l’examen de la peau. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

L’évaluation commence par l’étude de la lésion cutanée ainsi que par un recueil détaillé des antécédents personnels et familiaux de tumeurs. [1] Les critères cliniques décrits associent au moins une tumeur sébacée et au moins un cancer interne survenus au cours de la vie, en l’absence d’autre facteur causal tel qu’une radiothérapie ou une immunosuppression. [1] Le diagnostic peut aussi être envisagé devant l’association de kératoacanthomes multiples, d’un cancer interne et d’antécédents familiaux de syndrome de Muir-Torre. [1]

Une analyse immunohistochimique de la tumeur sébacée peut rechercher la perte de protéines impliquées dans la réparation de l’ADN. [1] Ce résultat tumoral n’est pas suffisant pour confirmer une forme héréditaire, car certaines anomalies peuvent être limitées à la tumeur et ne pas être présentes dans les autres cellules de l’organisme. [1] Lorsqu’une anomalie des protéines de réparation est détectée, un test génétique constitutionnel peut être nécessaire pour rechercher une mutation présente dès la naissance. [1] Cette distinction est importante, car une anomalie limitée à la tumeur n’entraîne pas le même risque de cancers internes qu’une mutation héréditaire confirmée. [1]

Quels sont les principes de la surveillance ?

Après confirmation génétique du syndrome, une surveillance régulière et précoce des cancers cutanés et internes est recommandée. [1] La synthèse clinique disponible préconise une évaluation annuelle des tumeurs cutanées et viscérales. [1] Cette surveillance comprend notamment l’exploration du tube digestif haut et bas, compte tenu de l’association importante avec les cancers digestifs. [1] D’autres examens peuvent être envisagés selon le sexe, les organes à risque, les antécédents personnels et les résultats cliniques suspects. [1] La prise en charge repose sur une coordination entre les professionnels impliqués dans le suivi dermatologique, génétique et oncologique. [1]

Comment les lésions cutanées sont-elles traitées ?

Le traitement dépend de la nature bénigne ou maligne de la lésion, de son emplacement et du nombre de tumeurs présentes. [1] Une lésion bénigne peut relever d’une simple information rassurante ou être retirée par excision locale ou cryothérapie si son ablation est souhaitée. [1] Les kératoacanthomes peuvent être pris en charge par une excision locale. [1] Un carcinome sébacé nécessite une prise en charge chirurgicale plus large, car il peut récidiver localement ou produire des métastases. [1] La radiothérapie n’est décrite que comme un traitement complémentaire après l’excision de certains carcinomes sébacés récidivants ou accompagnés de métastases régionales, et non comme le traitement unique habituel d’une tumeur cutanée primitive. [1]

Quand faire examiner une lésion cutanée ?

Chez une personne atteinte ou suspectée d’être atteinte du syndrome, une nouvelle papule ou un nouveau nodule d’aspect sébacé doit être montré à un professionnel de santé afin d’évaluer l’intérêt d’une biopsie. [1] Cette évaluation est particulièrement importante pour une lésion située autour de l’œil, siège fréquent du carcinome sébacé, ou pour une tumeur sébacée apparaissant sous le cou. [1] Une modification cutanée ne permet toutefois pas de conclure soi-même à un syndrome de Muir-Torre, car des tumeurs sébacées et des kératoacanthomes peuvent aussi survenir de manière sporadique. [1]

Sources et références

[1] Muir-Torre Syndrome - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

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