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Syndrome de Kearns-Sayre : signes, diagnostic et suivi

Le syndrome de Kearns-Sayre est une maladie mitochondriale rare, génétique et multisystémique, ce qui signifie qu’elle peut toucher plusieurs organes. [1] [2] Les mitochondries fournissent l’énergie nécessaire au fonctionnement des cellules, en particulier dans des organes très demandeurs en énergie comme les muscles, le cerveau et le cœur. [1] Le syndrome débute avant l’âge de 20 ans et associe classiquement une ophtalmoplégie externe progressive, une atteinte pigmentaire de la rétine et une anomalie de la conduction électrique du cœur. [2] Ses manifestations et leur évolution varient d’une personne à l’autre, ce qui justifie une évaluation spécialisée et un suivi de plusieurs fonctions de l’organisme. [1] [2]

Quels sont les principaux signes du syndrome de Kearns-Sayre ?

Les premiers signes sont souvent un affaissement d’une ou des deux paupières, appelé ptosis, et une diminution progressive des mouvements des yeux, appelée ophtalmoplégie. [2] L’ophtalmoplégie est généralement symétrique, mais elle peut entraîner une vision floue ou double. [2] Le ptosis peut être asymétrique et devenir plus marqué avec la fatigue. [2] L’atteinte pigmentaire de la rétine perturbe surtout la vision lorsque la lumière est faible et peut provoquer une mauvaise vision nocturne. [2]

L’atteinte musculaire peut se traduire par une fatigue, une intolérance à l’effort et une faiblesse touchant notamment les muscles des membres. [1] [2] Une atteinte des muscles de la bouche, du pharynx ou de l’œsophage peut provoquer des difficultés à avaler, une mauvaise prise de poids ou un risque de fausse route. [2] D’autres manifestations neurologiques sont possibles, notamment une mauvaise coordination des mouvements, des tremblements, une perte auditive, des difficultés d’apprentissage ou un déclin des capacités cognitives. [2] Des crises d’épilepsie, une neuropathie ou des anomalies visibles à l’IRM cérébrale peuvent également être observées. [2]

Le syndrome peut être associé à un diabète, une hypothyroïdie, une insuffisance des glandes surrénales, un déficit en hormone de croissance ou une hypoparathyroïdie. [2] Une petite taille ou une prise de poids insuffisante peut résulter de plusieurs mécanismes, dont un déficit hormonal, des difficultés alimentaires ou une insuffisance du pancréas exocrine. [2] Les reins peuvent aussi être atteints, avec une insuffisance rénale, une acidose tubulaire ou des déséquilibres des électrolytes sanguins. [2]

Quelle différence avec les autres syndromes mitochondriaux proches ?

Le syndrome de Kearns-Sayre appartient à un ensemble de maladies qui se chevauchent et qui sont associées à une délétion unique de grande taille de l’ADN mitochondrial. [2] Cet ensemble comprend également le syndrome de Pearson, l’ophtalmoplégie externe progressive chronique et des formes intermédiaires dites spectre de Kearns-Sayre ou CPEO-plus. [2] L’atteinte pigmentaire de la rétine est un élément important pour distinguer le syndrome de Kearns-Sayre d’une ophtalmoplégie externe progressive chronique isolée. [2] Le spectre de Kearns-Sayre désigne des personnes ayant un ptosis ou une limitation des mouvements oculaires associés à au moins une autre atteinte, par exemple rétinienne, cardiaque, auditive, cognitive ou cérébelleuse. [2] Ces catégories forment un continuum, car les manifestations peuvent se compléter ou évoluer avec le temps. [2]

Quelle est la cause du syndrome ?

Le syndrome est associé à la perte d’un fragment de l’ADN mitochondrial, appelée délétion, dont la taille peut varier d’une personne à l’autre. [2] Plus de 150 délétions différentes de grande taille ont été associées au syndrome de Kearns-Sayre. [2] Les syndromes dus à une délétion unique de grande taille de l’ADN mitochondrial sont presque toujours sporadiques, la délétion apparaissant le plus souvent de novo dans un ovocyte maternel ou au cours du développement embryonnaire. [2] La transmission au sein d’une famille est donc inhabituelle, mais un conseil génétique permet d’examiner la situation individuelle et d’informer les proches concernés. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic est d’abord évoqué devant l’association des manifestations oculaires, musculaires, cardiaques et éventuellement neurologiques, endocriniennes, auditives, digestives ou rénales. [1] [2] Il est confirmé par un examen de génétique moléculaire montrant une délétion unique de grande taille de l’ADN mitochondrial. [2] Chez l’enfant atteint, cette délétion peut être recherchée dans le sang, les cellules de la bouche ou le sédiment urinaire. [2] Chez l’adulte, une analyse du muscle peut être nécessaire lorsque la délétion n’est pas détectée dans le sang ou les urines malgré des signes très évocateurs. [2]

Le bilan peut comporter un examen ophtalmologique et rétinien, un électrocardiogramme, une échocardiographie, une évaluation auditive et des examens neurologiques. [2] Des analyses biologiques peuvent rechercher des troubles endocriniens, rénaux, nutritionnels ou électrolytiques associés. [2] Une IRM cérébrale peut montrer des anomalies de la substance blanche, une atrophie cérébrale ou cérébelleuse et des lésions de certaines régions profondes du cerveau. [2]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La prise en charge est principalement symptomatique et adaptée aux organes atteints. [1] [2] La rééducation, la kinésithérapie et l’adaptation de l’activité peuvent aider à entretenir la mobilité et à prendre en charge la faiblesse musculaire ou les troubles de la coordination. [1] [2] Les difficultés d’alimentation peuvent nécessiter une rééducation de la déglutition et une évaluation de la sécurité de l’alimentation orale. [2] Une gastrostomie peut être envisagée en cas de mauvaise prise de poids, d’étouffements ou de risque d’aspiration. [2]

Les aides auditives ou les implants cochléaires peuvent être proposés en cas de perte auditive neurosensorielle. [2] Les prismes, les traitements de la sécheresse oculaire ou certaines interventions peuvent être utilisés selon les conséquences de l’ophtalmoplégie et du ptosis. [2] Les troubles endocriniens peuvent relever d’un traitement hormonal conduit par un endocrinologue. [2] Une supplémentation en acide folinique est une option ciblée chez les personnes ayant un faible taux de 5-méthyltétrahydrofolate dans le liquide cérébrospinal ou des anomalies de la substance blanche à l’IRM cérébrale. [2]

Pourquoi le suivi cardiaque est-il essentiel ?

L’atteinte cardiaque concerne surtout la conduction électrique et peut évoluer rapidement vers un bloc cardiaque complet ou un arrêt de l’activité électrique du cœur. [2] En présence d’un bloc de conduction, la prise en charge peut comprendre la pose préventive d’un stimulateur cardiaque, avec discussion éventuelle d’un défibrillateur implantable. [2] La surveillance décrite pour ces syndromes comprend des électrocardiogrammes et des échocardiographies répétés ainsi qu’une recherche régulière des autres atteintes neurologiques, auditives, ophtalmologiques, endocriniennes, rénales et nutritionnelles. [2]

Quelles précautions faut-il connaître ?

Une hypersensibilité aux anesthésiques volatils peut survenir chez les personnes atteintes d’un syndrome lié à une grande délétion de l’ADN mitochondrial. [2] La synthèse clinique recommande d’éviter une administration prolongée de propofol au-delà de 30 à 60 minutes. [2] Les médicaments doivent faire l’objet d’une évaluation individualisée de leurs bénéfices et de leurs risques par un médecin connaissant les maladies mitochondriales, car certains peuvent être toxiques pour les mitochondries. [2]

Où être suivi en France ?

En France, les consultations pluridisciplinaires spécialisées dans les maladies neuromusculaires sont organisées au sein de la filière de santé maladies rares FILNEMUS. [1] Ces consultations réunissent plusieurs compétences et peuvent assurer le diagnostic, la prise en charge et le suivi dans la durée à proximité du domicile. [1] Les centres de référence CARAMMEL et CALISSON sont spécialisés dans les maladies mitochondriales et organisent également la coordination avec les équipes de proximité. [1]

Sources et références

[1] Myopathies mitochondriales | AFM Téléthon

www.afm-telethon.fr · Consulté le 2026-09-15

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