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Syndrome de Jervell et Lange-Nielsen : signes, diagnostic, traitement et suivi

Le syndrome de Jervell et Lange-Nielsen, ou JLNS, est une maladie génétique rare qui associe une surdité neurosensorielle profonde présente dès la naissance et touchant les deux oreilles à un allongement de l’intervalle QT corrigé, appelé QTc, sur l’électrocardiogramme. [1] [2] [3] L’allongement du QTc traduit une anomalie de l’activité électrique des ventricules et expose à des troubles du rythme graves pouvant provoquer une perte de connaissance, un arrêt cardiaque ou une mort subite. [1] [3] Le risque cardiaque peut se manifester très tôt dans l’enfance, ce qui rend indispensables un diagnostic précoce, une prise en charge cardiologique et un suivi régulier. [1] [2] [3]

Quels sont les signes du syndrome de Jervell et Lange-Nielsen ?

La surdité caractéristique est congénitale, neurosensorielle, profonde et bilatérale, ce qui signifie qu’elle est présente dès la naissance, touche l’oreille interne ou les voies auditives et concerne les deux oreilles. [1] [3] La présentation classique est celle d’un enfant sourd qui présente des syncopes, c’est-à-dire des pertes de connaissance brèves, lors d’un effort, d’une émotion intense ou d’une frayeur. [1] [2] [3] Ces syncopes peuvent être provoquées par une tachycardie ventriculaire, notamment une torsade de pointes, ou par une fibrillation ventriculaire. [1] [3] Une anémie par manque de fer et une augmentation de la gastrine sont également fréquemment rapportées, particulièrement dans les formes liées au gène KCNQ1. [1] [3]

Une perte de connaissance chez un enfant atteint ou susceptible d’être atteint ne doit pas être considérée d’emblée comme une simple faiblesse ou comme une crise d’épilepsie, car certaines manifestations du syndrome ont été confondues avec une épilepsie. [3]

Quelle est la cause génétique du syndrome ?

Le syndrome est provoqué par des variants pathogènes affectant les deux copies du gène KCNQ1 ou du gène KCNE1, qui participent au fonctionnement de canaux potassiques présents dans le cœur et l’oreille interne. [1] [3] Le dysfonctionnement de ces canaux perturbe le fonctionnement de la cochlée et explique la surdité, tandis que son effet sur l’activité électrique cardiaque explique le syndrome du QT long. [3] La transmission est dite autosomique récessive, car la personne atteinte possède habituellement un variant pathogène transmis par chacun de ses parents. [1] [3] Lorsque les deux parents sont porteurs, chaque grossesse comporte habituellement une probabilité de 25 % d’avoir un enfant atteint, de 50 % d’avoir un enfant porteur d’un seul variant et de 25 % d’avoir un enfant qui n’a hérité d’aucun des deux variants familiaux. [1] [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic est évoqué devant l’association d’une surdité neurosensorielle congénitale profonde et d’un QTc long, généralement supérieur à 500 millisecondes. [1] [2] [3] L’électrocardiogramme permet de mesurer le QTc, tandis qu’une évaluation audiologique précise la nature et l’importance de la surdité. [2] [3] L’identification de deux variants pathogènes ou probablement pathogènes dans KCNQ1 ou KCNE1 confirme le diagnostic, notamment lorsque les constatations cliniques ne suffisent pas à conclure. [3] La découverte de deux variants de signification incertaine, ou d’un variant pathogène associé à un variant incertain, ne permet à elle seule ni de confirmer ni d’exclure le syndrome. [3] Après le diagnostic, l’évaluation peut comprendre un bilan cardiaque avec calcul du QTc, un bilan audiologique, une numération sanguine à la recherche d’une anémie, une histoire familiale sur plusieurs générations et une consultation de génétique clinique. [2] [3]

Quelles maladies peuvent être confondues avec ce syndrome ?

L’association d’une surdité et d’un QT long ne signifie pas automatiquement qu’il s’agit d’un syndrome de Jervell et Lange-Nielsen, car les deux anomalies peuvent avoir des causes indépendantes. [3] Le syndrome de Romano-Ward correspond à des formes héréditaires de QT long sans la surdité neurosensorielle congénitale profonde caractéristique du syndrome de Jervell et Lange-Nielsen. [2] [3] Un QTc peut aussi être allongé par certains médicaments, des anomalies des électrolytes comme un manque de potassium, de magnésium ou de calcium, ou certaines maladies du cœur et du système nerveux. [2] [3]

Quels sont les principes du traitement ?

La prise en charge cardiaque vise à prévenir les syncopes, l’arrêt cardiaque et la mort subite. [2] [3] Les bêtabloquants constituent le traitement médicamenteux traditionnel de première intention, mais leur protection n’est que partielle et des événements cardiaques peuvent survenir malgré le traitement. [1] [2] [3] Un défibrillateur automatique implantable peut être envisagé notamment après un arrêt cardiaque ou lorsque les autres traitements ne contrôlent pas suffisamment le risque. [1] [3] L’implant cochléaire peut traiter la perte auditive profonde, mais sa mise en place nécessite des précautions particulières en raison du risque de trouble du rythme pendant l’anesthésie. [1] [3] Une éventuelle anémie par manque de fer fait l’objet du traitement habituel de la carence en fer. [1] [3]

Suivi, précautions et prévention des complications

L’efficacité et les effets indésirables du bêtabloquant doivent être réévalués régulièrement, avec une attention particulière à l’adaptation du traitement pendant les périodes de croissance rapide. [1] [3] Chez l’enfant en croissance rapide, la synthèse GeneReviews propose une évaluation tous les trois à six mois. [1] [3] Un défibrillateur implanté doit être contrôlé périodiquement afin de rechercher notamment des chocs inappropriés ou des complications liées au boîtier et aux sondes. [1] [3] Les médicaments susceptibles d’allonger davantage le QT ou de provoquer des torsades de pointes doivent être évités, ce qui justifie de signaler le diagnostic avant toute nouvelle prescription. [1] [3] Les restrictions d’activité doivent être individualisées par le cardiologue selon les déclencheurs connus et l’efficacité de la prise en charge, car l’effort et les émotions soudaines peuvent favoriser les syncopes. [1] [3] Toute intervention nécessitant une anesthésie impose des précautions spécifiques en raison du risque accru d’arythmie. [1] [2] [3]

La préparation de l’entourage peut inclure une formation à la réanimation cardiopulmonaire et la disponibilité d’un défibrillateur automatisé externe lorsque cela est jugé approprié. [1] [3] Le port d’un bracelet d’identification mentionnant le diagnostic peut aider à faire connaître rapidement le risque médical. [1] [3]

Pourquoi évaluer les autres membres de la famille ?

Les frères, sœurs et parents d’une personne atteinte peuvent bénéficier d’une évaluation afin d’identifier précocement une surdité, un QT long ou un risque génétique familial. [1] [3] Lorsque les variants pathogènes familiaux sont connus, un test génétique ciblé peut préciser le statut des apparentés à risque. [1] [3] Même avec une audition normale, certains porteurs d’un seul variant peuvent présenter un QT long de type Romano-Ward, ce qui explique l’intérêt possible d’une évaluation électrocardiographique familiale. [3] Un conseil génétique permet de discuter le mode de transmission, les risques pour les apparentés et les possibilités de tests avant un projet de grossesse. [1] [3]

Sources et références

[1] Jervell and Lange-Nielsen Syndrome - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

GeneReviews, University of Washington, diffusion NCBI Bookshelf · Consulté le 2026-09-13

[2] Jervell and Lange-Nielsen Syndrome - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[3] Jervell and Lange-Nielsen Syndrome - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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