Syndrome de délétion 22q11.2 : signes, diagnostic, soins et suivi

Le syndrome de délétion 22q11.2 est une maladie génétique dans laquelle une copie d'une partie de la région 22q11.2 du chromosome 22 est absente. [1] [2] Il peut toucher plusieurs organes et associer notamment une malformation cardiaque congénitale, une anomalie du palais, un déficit immunitaire, une baisse du calcium, des difficultés d'apprentissage ou des troubles psychiatriques. [1] [2] Les manifestations diffèrent fortement d'une personne à l'autre, y compris au sein d'une même famille. [1]
Quels sont les signes possibles ?
Les principales atteintes cardiaques décrites sont des malformations conotroncales, parmi lesquelles la tétralogie de Fallot, l'interruption de l'arc aortique, le tronc artériel commun et certaines communications interventriculaires. [1] Les anomalies du palais peuvent prendre la forme d'une fente palatine, d'une fente sous-muqueuse, d'une luette bifide ou d'une insuffisance vélopharyngée gênant la fermeture entre la bouche et le nez. [1] Une voix anormalement nasale peut notamment apparaître lorsque le langage se développe. [1]
Le fonctionnement du système immunitaire peut être altéré, avec une vulnérabilité aux infections et une fréquence accrue des maladies auto-immunes. [1] [2] La gravité du déficit immunitaire est très variable, et une absence complète du thymus avec immunodéficience sévère est décrite comme rare. [2] Une prédisposition à une calcémie basse ou limite peut également résulter d'un développement insuffisant des glandes parathyroïdes et d'une réserve réduite en hormone parathyroïdienne. [2]
Des difficultés d'apprentissage, de développement, de langage et de comportement font partie des manifestations possibles. [1] [4] Le syndrome est également associé à un risque accru de troubles anxieux, de troubles de l'attention, de troubles du spectre de l'autisme et de troubles psychotiques. [3] [4] Ce risque accru ne signifie pas que chaque personne porteuse de la délétion développera un trouble psychiatrique. [1] [4]
Une perte auditive de transmission, neurosensorielle ou mixte peut être présente. [1] D'autres anomalies peuvent concerner le larynx, la trachée, l'œsophage, l'appareil digestif, les yeux, le système nerveux central, le squelette, les reins ou les voies génito-urinaires. [1] La diversité de ces manifestations explique pourquoi le bilan et le suivi doivent être adaptés aux atteintes réellement présentes chez chaque personne. [1]
Comment le diagnostic est-il confirmé ?
Le diagnostic est établi par la mise en évidence d'une délétion hétérozygote de la région 22q11.2. [1] Cette anomalie peut être détectée par une analyse chromosomique sur puce à ADN ou par d'autres analyses génomiques. [1] Les manifestations cliniques orientent le bilan, mais leur grande variabilité ne permet pas à elle seule de déterminer la présence de la délétion. [1]
Comment la délétion se transmet-elle ?
Le syndrome de délétion 22q11.2 suit un mode de transmission autosomique dominant. [1] Pour la délétion commune d'environ 3 mégabases, l'anomalie apparaît de novo chez plus de 90 % des personnes et est héritée d'un parent dans environ 10 % des cas. [1] La proportion de formes héritées peut être différente pour les délétions plus petites dites imbriquées. [1] Une personne porteuse de la délétion a, à chaque grossesse, une probabilité de 50 % de la transmettre à son enfant. [1] Lorsqu'une délétion a été identifiée dans une famille, un diagnostic prénatal ou préimplantatoire peut être techniquement envisagé. [1]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge dépend des organes atteints et peut mobiliser plusieurs spécialités médicales, chirurgicales, éducatives et paramédicales. [1] Les malformations cardiaques sont prises en charge selon l'avis cardiologique, tandis que certaines anomalies du palais peuvent nécessiter une réparation chirurgicale selon l'avis oto-rhino-laryngologique. [1] Les troubles de l'alimentation, le reflux gastro-œsophagien et les troubles de la motricité digestive font l'objet d'une prise en charge adaptée à leur nature. [1]
En cas de déficit immunitaire, les infections nécessitent un traitement actif, tandis que les antibiotiques préventifs, les immunoglobulines intraveineuses ou l'implantation de tissu thymique ne sont requis que dans certaines situations rares ou particulières. [1] Une supplémentation en calcium peut être utilisée lorsque la situation l'indique, avec une évaluation spécialisée si elle doit être prolongée en raison d'un risque accru de calculs rénaux. [1] Les troubles de l'audition peuvent justifier des aides auditives, et les difficultés de développement peuvent conduire à proposer de l'ergothérapie, de la kinésithérapie, de l'orthophonie ainsi qu'un accompagnement éducatif ou comportemental. [1] Les troubles psychiatriques nécessitent un soutien et un traitement adaptés lorsqu'ils sont présents. [1]
Que comprend le suivi ?
Le suivi peut comprendre l'évaluation du système immunitaire, de la numération sanguine, du calcium, de la fonction thyroïdienne, de l'audition, de la vision et du développement. [1] La qualité de la parole après l'apparition du langage, la santé dentaire et la recherche clinique d'une scoliose font également partie des domaines surveillés. [1] Le calcium mérite notamment une surveillance autour des interventions chirurgicales et pendant la grossesse. [1]
Chez un nourrisson présentant des anomalies des lymphocytes, les vaccins vivants ne doivent pas être administrés avant une réévaluation du statut immunitaire. [1] Lorsque la normalisation du système immunitaire n'a pas encore été confirmée, la synthèse clinique recommande l'utilisation de produits sanguins irradiés si une transfusion est nécessaire. [1]
Que sait-on du lien entre immunité et troubles neuropsychiatriques ?
Des travaux de recherche examinent l'hypothèse selon laquelle des autoanticorps pourraient contribuer à certaines manifestations neuropsychiatriques du syndrome. [2] Cette relation causale n'est toutefois pas démontrée, car une grande partie des arguments disponibles est indirecte ou provient d'études qui ne portaient pas directement sur des personnes atteintes de délétion 22q11.2. [2] Le dépistage systématique des autoanticorps chez les personnes ayant des symptômes neuropsychiatriques ne constitue donc pas une pratique standard établie pour ce syndrome. [2]
Sources et références
[1] 22q11.2 Deletion Syndrome - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
GeneReviews, University of Washington, diffusion NCBI Bookshelf · Consulté le 2026-09-13
[2] The role of autoantibodies in the neuropsychiatric manifestations of 22q11 deletion syndrome
www.ebi.ac.uk · Version : 2025-11-26 · Consulté le 2026-09-16
[3] The acoustic startle response in 22q11 deletion syndrome: from animal models to humans
www.ebi.ac.uk · Version : 2025-08-15 · Consulté le 2026-09-16
[4] Synaptic Plasticity Dysfunctions in the Pathophysiology of 22q11 Deletion Syndrome: Is There a Role for Astrocytes?
www.ebi.ac.uk · Version : 2022-04-16 · Consulté le 2026-09-16
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