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Syndrome de Marfan : signes, diagnostic, traitements et suivi

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Le syndrome de Marfan est une maladie génétique rare du tissu conjonctif, le tissu qui soutient et relie les différentes structures de l’organisme. [1] Il peut principalement toucher l’aorte et les valves cardiaques, le squelette, les articulations et les yeux, mais aussi les poumons et le système nerveux. [2] Ses manifestations et leur gravité varient fortement d’une personne à l’autre, y compris entre les différents organes d’une même personne. [2] [3] Un diagnostic précoce et un suivi tout au long de la vie permettent de surveiller les complications et de les prévenir ou de les traiter lorsqu’elles apparaissent. [3]

Quelle est la cause du syndrome de Marfan ?

Le syndrome de Marfan est causé par un variant pathogène du gène FBN1, qui commande la production de la fibrilline-1. [2] Cette protéine participe à la résistance et à l’élasticité du tissu conjonctif ; son altération fragilise certains tissus, qui peuvent se distendre, se déformer ou se rompre. [1] La transmission est autosomique dominante, ce qui signifie qu’une personne atteinte présente un risque de 50 % de transmettre le variant concerné à chacun de ses enfants. [3] Environ un quart des personnes atteintes ont toutefois un variant apparu de novo, c’est-à-dire absent chez leurs parents, et n’ont donc pas nécessairement d’antécédent familial. [3] [2]

Quels sont les principaux signes ?

Les signes musculosquelettiques peuvent comprendre une grande taille par rapport à l’âge et à la famille, des membres et des doigts longs, ainsi qu’une envergure des bras supérieure à la taille. [2] Une déformation du sternum vers l’intérieur ou l’extérieur, une scoliose, des pieds plats, une hyperlaxité de certaines articulations ou au contraire une limitation de l’extension des coudes peuvent également être observées. [2] Ces caractéristiques sont d’intensité variable et leur présence isolée ne suffit pas à établir un syndrome de Marfan. [2]

L’atteinte oculaire caractéristique est le déplacement partiel ou complet du cristallin, appelé ectopie ou luxation du cristallin. [2] Une myopie importante et un décollement de la rétine peuvent aussi survenir, avec un risque d’altération durable de la vision. [1] [2] Une ectasie durale, correspondant à un élargissement de l’enveloppe située autour de la moelle épinière, peut provoquer des céphalées, des douleurs lombaires ou des troubles neurologiques. [1] [2] Des anomalies pulmonaires peuvent favoriser un pneumothorax, c’est-à-dire la présence d’air autour d’un poumon après la rupture d’une bulle pulmonaire, avec douleur thoracique et essoufflement possibles. [1] [2]

Pourquoi l’aorte fait-elle l’objet d’une surveillance particulière ?

L’aorte est la principale artère qui conduit le sang du cœur vers le reste de l’organisme. [1] Dans le syndrome de Marfan, la fragilité de sa paroi peut entraîner une dilatation progressive de la racine ou de l’aorte ascendante. [2] Cette dilatation peut favoriser une fuite de la valve aortique et augmente le risque de dissection aortique, une déchirure au cours de laquelle le sang s’insinue entre les couches de la paroi. [1] [2] La dissection aortique constitue la complication la plus dangereuse et potentiellement mortelle du syndrome. [2] Le syndrome peut aussi provoquer un prolapsus ou une fuite de la valve mitrale, susceptible d’altérer le fonctionnement du cœur lorsqu’elle est importante. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic ne repose pas sur la seule apparence physique, mais sur des critères associant les antécédents familiaux, les manifestations cliniques, l’atteinte de l’aorte ou du cristallin et les résultats génétiques. [2] [3] L’évaluation comprend généralement un examen clinique détaillé, une échocardiographie ou une IRM cardiaque pour mesurer la racine aortique, ainsi qu’un examen ophtalmologique. [2] Des radiographies du rachis et du bassin ou une IRM de la région lombo-sacrée peuvent compléter le bilan afin de rechercher certaines manifestations squelettiques ou une ectasie durale. [2] Une analyse génétique de FBN1 peut soutenir ou établir le diagnostic dans certaines situations, mais l’absence de variant identifié n’exclut pas à elle seule le syndrome. [2] Le diagnostic peut être plus difficile chez l’enfant ou l’adolescent, car certaines caractéristiques évoluent avec l’âge, ainsi que chez une personne sans antécédent familial connu. [2]

Quelles maladies peuvent ressembler au syndrome de Marfan ?

Le syndrome de Marfan partage certains signes cardiovasculaires ou squelettiques avec d’autres aortopathies héréditaires, notamment le syndrome de Loeys-Dietz et l’arachnodactylie contracturale congénitale. [3] Le syndrome d’Ehlers-Danlos vasculaire, certaines maladies héréditaires de l’aorte thoracique et l’homocystinurie font également partie des diagnostics à distinguer. [2] Ces maladies ne sont pas des sous-types du syndrome de Marfan et peuvent relever de gènes, de risques et de modalités de surveillance différents. [3] L’interprétation conjointe de l’examen clinique, de l’histoire familiale, de l’imagerie et des analyses génétiques aide à les différencier. [3]

Quels sont les principes du traitement ?

Il n’existe pas de traitement capable de corriger l’altération du tissu conjonctif, mais une prise en charge adaptée peut prévenir ou traiter de nombreuses complications. [1] [3] Des bêtabloquants, des antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II ou leur association peuvent être utilisés pour ralentir la dilatation aortique et réduire les contraintes exercées sur l’aorte. [1] [2] Une intervention programmée sur la racine aortique peut être proposée avant une complication lorsque la dilatation et le profil de risque le justifient. [2] [3] Une fuite valvulaire sévère peut également nécessiter une réparation chirurgicale. [1] [2] Selon les manifestations, la prise en charge peut aussi comprendre une correction de la vision ou une chirurgie oculaire, ainsi qu’un corset ou une intervention pour une scoliose importante. [1] [2]

Quel suivi et quelles précautions au quotidien ?

Le suivi est prolongé et multidisciplinaire, car les atteintes cardiovasculaires, oculaires et musculosquelettiques peuvent évoluer ou n’apparaître qu’avec l’âge. [3] Les manifestations cardiaques, osseuses et oculaires doivent être réévaluées régulièrement, tandis que la fréquence de l’imagerie de l’aorte dépend de son diamètre et de la vitesse de son évolution. [1] [3] L’activité physique reste bénéfique, mais les sports de contact ou de collision, l’exercice d’intensité maximale et les efforts impliquant une forte poussée, comme l’haltérophilie lourde, peuvent être déconseillés. [1] [2] Le choix des activités doit être personnalisé selon l’état de l’aorte, les articulations, les yeux et le risque de choc. [1] [2] Un conseil génétique peut aider la personne et sa famille à comprendre le mode de transmission et les enjeux d’un projet parental. [2] [3] En cas de projet de grossesse, les risques liés à l’aorte doivent être discutés avant la conception, car la grossesse augmente le risque de complication aortique chez les personnes présentant une aortopathie. [1] [2]

Quelle est l’évolution du syndrome de Marfan ?

Grâce aux progrès de la surveillance et des traitements, l’espérance de vie des personnes atteintes d’une forme classique du syndrome de Marfan approche aujourd’hui celle de la population générale. [2] [3] La qualité de vie peut néanmoins être affectée par les douleurs chroniques, les limitations physiques, les troubles visuels et le retentissement psychologique de la maladie. [1] [2] [3] Le syndrome de Marfan néonatal est une forme beaucoup plus sévère, qui se manifeste avant l’âge d’un an et comporte notamment une atteinte valvulaire importante et un risque d’insuffisance cardiaque. [2]

Sources et références

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Spécialités médicales concernées

Chirurgien thoracique et cardio-vasculaire