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Syndrome de Chilaïditi : signes, diagnostic et prise en charge

Le syndrome de Chilaïditi correspond à l’interposition d’une partie de l’intestin entre le foie et le diaphragme lorsqu’elle s’accompagne de symptômes digestifs ou d’autres manifestations. [1] La même disposition anatomique découverte sur une image sans symptôme est appelée signe de Chilaïditi. [1] Cette distinction est importante, car le signe radiologique est souvent découvert fortuitement et ne nécessite pas en lui-même de traitement, mais des maladies plus graves doivent d’abord être écartées. [1]

Quels symptômes peut provoquer le syndrome de Chilaïditi ?

Les manifestations les plus fréquentes comprennent une douleur abdominale, une diminution de l’appétit, des nausées, des vomissements, des gaz, une constipation ou une modification du transit intestinal. [1] Une gêne respiratoire peut également survenir et, plus rarement, des symptômes cardiaques tels qu’une douleur thoracique ressemblant à un angor ou des troubles du rythme ont été rapportés. [1] L’intensité des symptômes digestifs est variable, depuis une gêne légère jusqu’à un tableau sévère d’abdomen aigu. [1] Les symptômes sont décrits comme souvent plus marqués la nuit lorsque la personne est allongée sur le dos. [1]

Pourquoi l’intestin peut-il se placer entre le foie et le diaphragme ?

Habituellement, les ligaments de soutien et les points de fixation du côlon empêchent celui-ci de se placer entre le foie et le diaphragme. [1] Une absence, un relâchement ou un allongement de certains ligaments peut favoriser cette interposition. [1] D’autres facteurs associés comprennent une constipation chronique avec allongement du côlon, une distension gazeuse, certaines malpositions congénitales, une diminution du volume du foie, une ascite ou une élévation anormale du diaphragme. [1] Une paralysie diaphragmatique, une maladie pulmonaire obstructive chronique, une perte de poids importante après une obésité et des grossesses multiples figurent aussi parmi les situations prédisposantes décrites. [1] Ces éléments sont des facteurs favorisants et leur présence ne suffit pas, à elle seule, à établir le diagnostic. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le signe de Chilaïditi est généralement découvert sur une radiographie du thorax ou sur un scanner abdominal. [1] L’image montre une anse intestinale contenant de l’air entre le foie et le diaphragme, ce qui peut donner l’apparence trompeuse d’air libre dans l’abdomen. [1] Cette apparence est appelée pseudo-pneumopéritoine, par opposition au pneumopéritoine véritable qui peut notamment signaler une perforation digestive. [1] Lorsqu’une radiographie paraît montrer de l’air libre, un scanner abdominal peut être utilisé pour distinguer l’interposition intestinale d’un véritable pneumopéritoine. [1]

Le diagnostic ne repose pas seulement sur la présence d’air sous le diaphragme : les médecins analysent notamment la position de l’intestin, du foie et de l’hémidiaphragme droit. [1] Ils doivent aussi rechercher d’autres causes possibles, parmi lesquelles une perforation digestive, une occlusion, une hernie diaphragmatique, un abcès sous-diaphragmatique, un volvulus ou une ischémie intestinale. [1] Cette vérification évite à la fois de méconnaître une urgence et de pratiquer une intervention chirurgicale inutile en confondant le signe de Chilaïditi avec un pneumopéritoine. [1]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

En l’absence de symptôme, le signe de Chilaïditi ne nécessite généralement aucune intervention après exclusion d’une affection plus grave. [1] Lorsque des symptômes constituent un syndrome de Chilaïditi sans complication imposant une opération, la prise en charge initiale est habituellement conservatrice. [1] Sous surveillance médicale, elle peut associer du repos, une hydratation intraveineuse, une décompression digestive par sonde nasogastrique et des mesures destinées à faciliter l’évacuation des selles. [1] Une nouvelle imagerie après décompression peut montrer la disparition de l’air sous le diaphragme et conforter le diagnostic. [1]

Une intervention chirurgicale est indiquée lorsque le traitement conservateur échoue, lorsque l’occlusion ne se résout pas ou lorsqu’il existe des signes d’ischémie intestinale. [1] La technique opératoire dépend de la complication et de la partie de l’intestin concernée, sans consensus clair sur une méthode unique pour corriger l’interposition. [1] Une coloscopie doit être réalisée avec une prudence particulière en présence de cette disposition anatomique, car l’insufflation d’air dans un intestin angulé et interposé peut augmenter le risque de perforation. [1] Le repérage de l’intestin anormalement positionné est également important avant une biopsie du foie, notamment par voie percutanée transhépatique, afin de tenir compte du risque de perforation intestinale. [1]

Évolution, complications et situations urgentes

Le syndrome de Chilaïditi est généralement bénin, mais des complications potentiellement mortelles peuvent survenir. [1] Les complications rapportées comprennent une torsion de l’intestin appelée volvulus, une perforation du cæcum, une ischémie mésentérique et une péritonite. [1] Ces complications nécessitent une prise en charge chirurgicale en urgence. [1]

Un tableau d’abdomen aigu, notamment avec une douleur abdominale sévère, ne doit pas être attribué d’emblée au caractère habituellement bénin du syndrome et justifie une évaluation médicale immédiate afin de rechercher une complication nécessitant une opération urgente. [1]

Peut-on prévenir le syndrome de Chilaïditi ?

Les facteurs décrits sont en grande partie anatomiques ou liés à d’autres maladies, et la source disponible ne présente pas de méthode établie permettant de prévenir spécifiquement l’interposition intestinale. [1] Chez une personne dont le signe de Chilaïditi est connu, son identification sur les examens d’imagerie aide surtout les soignants à éviter une confusion diagnostique et à prendre des précautions lors de certains gestes. [1]

Sources et références

[1] Chilaiditi Syndrome - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Chirurgie générale, digestive et de l’obésité
Chirurgien viscéral et digestifOption : endoscopie chirurgicale
Gastro-entérologue et hépatologue