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Maladie de Camurati-Engelmann : symptômes, diagnostic et prise en charge

La maladie de Camurati-Engelmann, également appelée dysplasie diaphysaire progressive, est une maladie génétique caractérisée par un épaississement anormal de certains os longs et du crâne. [3] Elle peut notamment provoquer des douleurs osseuses, une faiblesse des muscles proches du tronc, une fatigabilité et une démarche dandinante avec les pieds écartés. [3] Son expression varie beaucoup d'une personne à l'autre, y compris au sein d'une même famille. [3] Le diagnostic repose sur l'aspect caractéristique des os en imagerie et peut être confirmé ou établi par l'identification d'une anomalie pathogène du gène TGFB1. [3]

Quels os et quelles fonctions peuvent être touchés ?

L'atteinte des os longs commence habituellement au niveau de leur partie centrale, appelée diaphyse, avec un épaississement de la corticale et parfois un rétrécissement du canal médullaire. [3] Elle est souvent symétrique, mais une atteinte asymétrique est possible. [3] L'épaississement du crâne débute notamment à sa base et peut concerner l'os frontal. [3] La maladie de Ribbing est aujourd'hui considérée comme une variation d'expression du même trouble lié à TGFB1, avec une atteinte des os longs radiologiquement semblable et des douleurs apparaissant habituellement après la puberté. [3]

Quels sont les symptômes possibles ?

La faiblesse et la diminution de la masse musculaire prédominent souvent au niveau des cuisses et des hanches, ce qui peut rendre difficile le passage de la position assise à la position debout. [3] Des difficultés à marcher, un retard dans l'acquisition de la marche ou des rétractions articulaires peuvent également survenir. [3] Les douleurs osseuses touchent surtout les membres inférieurs et peuvent aller d'une gêne légère à des épisodes sévères limitant la marche. [3] Elles sont souvent décrites comme continues et sourdes, avec une aggravation possible lors de l'activité, du stress ou par temps froid. [3] Un gonflement intermittent, une rougeur, une chaleur ou une sensibilité des membres peuvent accompagner l'atteinte osseuse. [3]

Lorsque les ouvertures osseuses traversées par les nerfs crâniens se rétrécissent, une compression nerveuse peut entraîner une baisse de l'audition, des troubles visuels ou une paralysie faciale. [3] L'atteinte auditive peut être liée à un obstacle à la transmission des sons, à une atteinte du nerf auditif, ou associer ces deux mécanismes. [3] Des acouphènes, des vertiges, une vision floue, une saillie des yeux ou un glaucome ont aussi été rapportés. [3] Un épaississement important du crâne peut augmenter la pression à l'intérieur de celui-ci et provoquer des maux de tête chroniques parfois sévères. [3] Chez certaines personnes très atteintes, surtout plus tard dans la vie, le crâne ou la mandibule peuvent paraître élargis et le front plus proéminent. [3]

Plus rarement, une atteinte de l'hypophyse peut perturber la croissance, la puberté ou la production de certaines hormones. [3] Une anémie peut aussi être observée, notamment lorsque le canal médullaire est fortement rétréci. [3] L'âge de début est très variable, depuis la naissance jusqu'à l'âge adulte avancé dans les cas publiés. [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

La maladie peut être évoquée devant l'association d'une faiblesse musculaire proximale, d'une fatigabilité, de douleurs osseuses des membres inférieurs et d'une démarche dandinante. [3] Ces manifestations ne suffisent cependant pas à poser seules le diagnostic, car d'autres maladies osseuses, musculaires ou inflammatoires peuvent produire des signes proches. [3] L'étude radiographique du squelette recherche l'épaississement caractéristique des os longs et une éventuelle atteinte du crâne ou d'autres os. [3] Lorsque les images sont peu concluantes, la mise en évidence d'une variation pathogène ou probablement pathogène de TGFB1 chez une personne présentant des signes évocateurs permet d'établir le diagnostic moléculaire. [3] Une variation de signification incertaine dans TGFB1 ne confirme pas et n'exclut pas la maladie. [3]

Après le diagnostic, l'évaluation peut porter sur la force, la marche, les articulations, la douleur, l'audition, la vision et le fonctionnement des nerfs crâniens. [3] La croissance, le développement pubertaire, la pression artérielle et la numération sanguine peuvent également être contrôlés selon l'âge, les symptômes et les traitements envisagés. [3] En présence d'une atteinte de la base du crâne et de symptômes neurologiques, une imagerie de la tête et du cou peut préciser l'étendue de la maladie et aider à discuter les options chirurgicales. [3]

Quelle est la cause et comment la maladie se transmet-elle ?

La maladie de Camurati-Engelmann est généralement liée à une variation pathogène de TGFB1 et se transmet sur un mode autosomique dominant. [3] Chaque enfant d'une personne porteuse de la variation pathogène a une probabilité de 50 % de l'hériter. [3] Certaines personnes ont hérité la variation d'un parent, tandis que d'autres présentent une variation apparue de novo, c'est-à-dire non retrouvée chez leurs parents. [3] Une personne qui hérite la variation peut avoir peu de signes, voire des radiographies normales, car la pénétrance est incomplète et sa valeur exacte n'est pas connue. [3] La sévérité de la maladie chez un enfant ou un autre membre de la famille ne peut pas être prédite à partir de celle observée chez ses proches. [3] Un conseil génétique aide la personne et sa famille à comprendre le mode de transmission, les possibilités d'évaluation des proches et les choix liés à un projet parental. [3]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Il n'existe actuellement pas de traitement permettant de guérir la maladie de Camurati-Engelmann. [3] La prise en charge vise à diminuer les symptômes, préserver la mobilité et l'autonomie, et prévenir ou traiter les complications. [3] Elle peut associer médecine physique et réadaptation, kinésithérapie, traitement de la douleur et suivi orthopédique adapté aux dysplasies osseuses. [3] Des aides à la mobilité et des mesures de prévention des chutes peuvent être proposées lorsque la faiblesse ou les difficultés de marche le justifient. [3] Les atteintes de l'audition, de la vision, des nerfs crâniens ou de la pression intracrânienne nécessitent une évaluation spécialisée. [3]

Les corticoïdes ont réduit les douleurs et la faiblesse et amélioré la marche ou la tolérance à l'effort chez plusieurs personnes rapportées dans la littérature. [3] Ils exposent toutefois notamment à une hypertension, à une diminution de la densité osseuse et à des fractures vertébrales par compression, ce qui impose une prescription et une surveillance médicales. [3] Le losartan a été associé à une diminution des douleurs et à une amélioration de l'activité physique dans plusieurs observations, mais il s'est révélé inefficace chez certaines personnes. [3] Ce médicament peut provoquer une hypotension et nécessite notamment une surveillance de la pression artérielle. [3] Les bénéfices et les risques à long terme des corticoïdes, du losartan et de leur association restent insuffisamment évalués. [3] Les résultats des interventions chirurgicales sur l'audition ou les compressions crâniennes sont variables, et l'épaississement osseux peut récidiver après une décompression. [3]

Quel suivi peut être proposé ?

Le suivi est adapté aux atteintes présentes, à l'âge et aux traitements reçus. [3] Il recherche notamment une aggravation de la faiblesse, de la douleur, des rétractions articulaires, des difficultés de marche ou des symptômes liés aux nerfs crâniens. [3] Une évaluation régulière de l'audition, de la vision, de la croissance et de la puberté peut être indiquée. [3] Chez les personnes traitées par corticoïdes, une surveillance de la densité minérale osseuse est recommandée en raison du risque d'ostéoporose vertébrale lié au traitement. [3] Lorsqu'une variation familiale de TGFB1 est connue, son dépistage peut être proposé aux proches à risque afin de permettre un diagnostic précoce. [3] Si la variation familiale n'est pas connue, une évaluation radiographique peut être envisagée chez les proches à risque. [3]

Quand demander une aide médicale rapidement ?

Chez une personne atteinte de la maladie, l'apparition ou l'aggravation de maux de tête, de troubles visuels, d'une baisse de l'audition ou d'une faiblesse du visage doit être signalée au médecin, car ces manifestations peuvent accompagner une atteinte du crâne ou des nerfs crâniens. [3] Un mal de tête soudain, violent ou immédiatement maximal, notamment s'il s'accompagne d'une paralysie, d'un trouble de la parole, d'une confusion, d'une crise convulsive, de vomissements avec fièvre et raideur de la nuque, ou d'une douleur oculaire avec vision floue, impose d'appeler sans tarder le 15 ou le 112. [1] Une faiblesse ou un engourdissement brutal d'un membre ou du visage, une déformation soudaine du visage, un trouble brutal de la parole, de l'équilibre ou de la vision peuvent évoquer un accident vasculaire cérébral et nécessitent également un appel immédiat au 15 ou au 112. [2] Même si ces signes disparaissent en quelques minutes, l'urgence reste la même. [2]

Sources et références

[2] AVC : que faire ? | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11

[3] Camurati-Engelmann Disease - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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