Aller au contenu principal

Syndrome de Bernard-Soulier : signes, diagnostic et prise en charge

Le syndrome de Bernard-Soulier est une maladie hémorragique héréditaire très rare qui affecte le nombre, la taille et le fonctionnement des plaquettes sanguines. [1] [2] Il associe habituellement une thrombopénie, c’est-à-dire un nombre réduit de plaquettes, à la présence de plaquettes anormalement grandes et à une tendance aux saignements prolongés. [1] [2] Les manifestations commencent souvent dès la naissance ou pendant l’enfance, mais leur fréquence et leur gravité varient fortement d’une personne à l’autre. [1] [2] Le diagnostic ne peut pas être établi sur les seuls symptômes ou sur une simple numération sanguine, car d’autres maladies peuvent produire des saignements, une thrombopénie ou de grandes plaquettes. [1] [2]

Pourquoi les plaquettes fonctionnent-elles moins bien ?

Les plaquettes participent à l’hémostase primaire, la première étape qui permet de limiter un saignement après la lésion d’un vaisseau. [1] [2] Dans le syndrome de Bernard-Soulier, des anomalies génétiques touchent le plus souvent les gènes GP1BA, GP1BB ou GP9, qui interviennent dans la formation du complexe plaquettaire GPIb-IX-V. [1] [2] Ce complexe sert notamment à fixer le facteur von Willebrand et à permettre l’adhésion des plaquettes à la paroi du vaisseau lésé. [1] [2] Son absence ou son fonctionnement défectueux réduit l’adhésion et l’activation des plaquettes, ce qui fragilise la formation du premier bouchon hémostatique. [1] [2]

La majorité des formes classiques sont transmises sur un mode autosomique récessif, ce qui signifie que les deux copies d’un gène sont généralement atteintes. [1] [2] Des formes monoalléliques plus rares, parfois décrites comme dominantes, peuvent provoquer une thrombopénie et des saignements souvent moins marqués, sans exclure des manifestations sévères chez certains patients. [1] [2] L’identification d’un cas peut donc conduire à proposer une évaluation ou une analyse génétique à d’autres membres de la famille. [1]

Quels sont les signes possibles ?

Les saignements concernent principalement la peau et les muqueuses. [1] [2] Ils peuvent se manifester par des bleus spontanés, un purpura, des saignements de nez ou des gencives et des règles abondantes. [1] [2] Des saignements digestifs ou la présence de sang dans les urines sont rapportés plus rarement. [1] [2] Un saignement peut devenir particulièrement important après un traumatisme, une extraction dentaire, une opération ou un accouchement. [1] [2] Certaines personnes n’ont que des ecchymoses ou un purpura inexpliqué, tandis que d’autres connaissent des épisodes hémorragiques graves. [1] [2]

Des pertes de sang répétées, notamment en cas de règles abondantes, peuvent entraîner une carence en fer et une anémie associée à de la fatigue. [1] Une surveillance de la carence en fer peut donc être nécessaire, avec une supplémentation si elle est médicalement indiquée. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le syndrome est recherché devant des saignements prolongés, surtout lorsqu’ils ont commencé pendant l’enfance et s’accompagnent d’une thrombopénie avec de grandes plaquettes. [1] [2] La première évaluation comprend une numération des cellules sanguines et l’examen d’un frottis sanguin au microscope. [1] [2] Les très grandes plaquettes peuvent être mal reconnues par certains automates, ce qui peut rendre nécessaire une vérification spécialisée du résultat. [2] Les examens généraux de la coagulation peuvent ne pas suffire à mettre en évidence cette maladie plaquettaire. [1]

Des tests fonctionnels évaluent ensuite la réaction des plaquettes à différentes substances, notamment à la ristocétine. [1] [2] Dans le syndrome de Bernard-Soulier, la réponse à la ristocétine est fortement réduite ou absente et n’est pas corrigée par l’ajout de plasma normal. [1] [2] Cette caractéristique aide notamment à distinguer le syndrome de certaines formes de maladie de von Willebrand. [1] [2] La cytométrie en flux recherche une diminution importante des glycoprotéines plaquettaires CD42a et CD42b et constitue un examen de confirmation. [1] [2] Une analyse génétique peut identifier l’anomalie en cause et contribuer à l’étude familiale. [1] [2]

Le syndrome peut être confondu avec un purpura thrombopénique immunologique, qui est une maladie acquise et non une anomalie plaquettaire héréditaire. [1] [2] Une absence de réponse aux traitements habituels du purpura thrombopénique immunologique, associée à de grandes plaquettes et à une histoire familiale, doit faire réévaluer le diagnostic. [1] D’autres macrothrombocytopénies héréditaires peuvent présenter des résultats proches et nécessitent elles aussi des examens spécialisés. [1] [2]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La prise en charge vise à prévenir les saignements, à préparer les gestes invasifs et à traiter rapidement les épisodes hémorragiques. [1] [2] Une transfusion de plaquettes constitue le traitement de première intention décrit pour une hémorragie aiguë et peut aussi être préparée avant une intervention programmée. [1] Les transfusions répétées peuvent toutefois provoquer la formation d’anticorps dirigés contre les plaquettes transfusées et rendre les transfusions ultérieures moins efficaces. [1] [2] Lorsque la situation le permet, la compatibilité des plaquettes et la recherche d’anticorps sont prises en compte par l’équipe spécialisée. [1]

L’acide tranexamique peut être utilisé avec des mesures locales pour certains saignements des muqueuses ou pour des règles abondantes. [1] Ce médicament doit être évité en cas d’hémorragie pulmonaire ou de sang actif dans les urines en raison d’un risque de formation de caillots à l’intérieur des voies concernées. [1] L’efficacité de la desmopressine est très limitée dans le syndrome de Bernard-Soulier et repose principalement sur des observations isolées. [1] Des traitements plus exceptionnels ont été rapportés lors d’hémorragies sévères ou de formes particulièrement graves, mais ils relèvent d’une décision spécialisée et certains ne sont pas autorisés spécifiquement pour ce syndrome. [1]

Comment réduire le risque de saignement ?

Les patients doivent informer les professionnels de santé de leur diagnostic avant une opération, une extraction dentaire ou tout autre geste susceptible de provoquer un saignement. [1] [2] Une planification avec une équipe d’hématologie permet d’anticiper les besoins transfusionnels et les autres mesures hémostatiques. [1] [2] Le port d’une carte ou d’un bracelet mentionnant le syndrome peut aider les équipes d’urgence à reconnaître rapidement le risque hémorragique. [1] Une bonne hygiène dentaire réduit le risque de soins invasifs, tandis que les sports de contact et les activités exposant à des traumatismes importants sont à éviter. [1] [2]

L’aspirine et d’autres médicaments qui altèrent les plaquettes peuvent augmenter le risque de saignement. [1] [2] Tout nouveau médicament, y compris un produit disponible sans ordonnance ou une préparation à base de plantes, doit être vérifié avec un professionnel connaissant le trouble hémorragique. [1] Un projet de grossesse nécessite une coordination entre l’hématologie et une équipe obstétricale spécialisée en raison du risque de saignement maternel et de complications plaquettaires chez le nouveau-né. [1]

Quand faut-il demander une aide urgente ?

Un saignement incontrôlé nécessite une prise en charge médicale urgente dans une structure capable de traiter les complications hémorragiques. [1] Une évaluation urgente est également nécessaire après un traumatisme important, notamment à la tête, car une hémorragie grave peut survenir même si elle reste rare. [1] [2] Le suivi dans un centre en mesure d’organiser une prise en charge d’urgence facilite l’accès aux traitements adaptés lors d’un épisode hémorragique. [1]

Quelle est l’évolution du syndrome ?

Le syndrome de Bernard-Soulier est présent toute la vie, mais une prévention adaptée et une bonne préparation des interventions permettent à de nombreux patients de mener une vie relativement normale. [1] [2] Le risque principal reste la survenue d’un saignement sévère lors d’un traumatisme, d’une intervention chirurgicale ou d’un autre événement hémorragique important. [1] [2] La gravité ne peut pas être déduite uniquement de l’anomalie génétique ou du nombre de plaquettes, ce qui justifie une prise en charge individualisée. [1] [2]

Sources et références

[1] Bernard-Soulier Syndrome - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[2] Bernard-Soulier syndrome (Hemorrhagiparous thrombocytic dystrophy)

www.ebi.ac.uk · Version : 2006-11-16 · Consulté le 2026-09-16

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées