Anémie dysérythropoïétique congénitale de type I : signes, diagnostic et prise en charge

Les anémies dysérythropoïétiques congénitales regroupent plusieurs maladies héréditaires distinctes, notamment les types I, II, III et IV. [1] Les informations disponibles ici concernent exclusivement le type I et ne doivent pas être transposées aux autres types. [1] L’anémie dysérythropoïétique congénitale de type I, ou CDA I, se caractérise par une fabrication inefficace des globules rouges et par une anémie macrocytaire, c’est-à-dire associée à des globules rouges plus volumineux que la normale. [1] Elle peut être découverte avant la naissance, chez un nouveau-né, pendant l’enfance ou seulement à l’âge adulte. [1]
Quels sont les signes de la CDA I ?
Pendant la grossesse, la maladie se manifeste rarement par une anémie fœtale sévère pouvant être associée à un hydrops fœtal. [1] Chez le nouveau-né, les manifestations décrites comprennent une augmentation du volume du foie, une jaunisse précoce et un retard de croissance dans l’utérus. [1] Après la période néonatale, la plupart des personnes atteintes présentent une anémie modérée persistante, généralement accompagnée d’une jaunisse et d’une augmentation du volume de la rate. [1] L’augmentation du volume de la rate peut être absente chez le nourrisson ou le jeune enfant, puis apparaître avec l’âge. [1] Des anomalies des extrémités, comme des ongles insuffisamment développés ou des doigts soudés, sont rapportées chez une minorité de personnes atteintes. [1]
Pourquoi une surcharge en fer peut-elle apparaître ?
Une surcharge en fer, aussi appelée hémochromatose secondaire, peut se développer avec l’âge en raison d’une absorption accrue du fer par l’organisme. [1] Cette complication peut survenir même chez une personne qui ne reçoit pas de transfusions sanguines. [1] L’accumulation de fer dans les organes, notamment dans le cœur, peut provoquer une insuffisance cardiaque ou des troubles du rythme cardiaque. [1] Des calculs biliaires, une fragilité osseuse avec ostéoporose, une scoliose, une production de cellules sanguines en dehors de la moelle osseuse et de rares atteintes visuelles ont également été décrits. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
La CDA I est d’abord suspectée devant une anémie macrocytaire modérée à sévère alors que les concentrations de vitamine B12 et de folates sont normales. [1] Le nombre de réticulocytes, qui sont les jeunes globules rouges libérés dans le sang, est insuffisamment élevé par rapport à l’importance de l’anémie. [1] Le frottis sanguin peut montrer de grands globules rouges, des elliptocytes, des ponctuations basophiles et quelques globules rouges nucléés matures. [1] L’examen de la moelle osseuse peut révéler une augmentation des précurseurs des globules rouges, quelques érythroblastes à deux noyaux et des ponts entre les noyaux de certaines cellules. [1] Ces résultats doivent être distingués de ceux d’autres anémies congénitales et d’autres causes de macrocytose ou de dysérythropoïèse. [1] Le diagnostic est établi par l’identification de deux variants pathogènes, un sur chaque copie du gène concerné, dans CDAN1 ou CDIN1 chez une personne ayant des signes évocateurs. [1] Selon la présentation clinique, l’analyse génétique peut cibler un seul gène, utiliser un panel de plusieurs gènes ou recourir à une analyse plus large de l’exome ou du génome. [1]
Type Ia et type Ib : quelle différence ?
La CDA I liée au gène CDAN1 est aussi appelée type Ia, tandis que celle liée au gène CDIN1 est appelée type Ib. [1] La synthèse disponible ne décrit pas de différence de manifestations selon que CDAN1 ou CDIN1 est en cause. [1] Une variabilité clinique importante reste possible, y compris entre des personnes porteuses des mêmes variants pathogènes. [1]
Quels sont les principes du traitement ?
L’interféron alpha est utilisé dans la CDA I afin d’augmenter le taux d’hémoglobine et de réduire la surcharge en fer. [1] La synthèse rapporte une amélioration chez la majorité des personnes traitées, mais souligne que le nombre de patients ayant reçu ce traitement reste limité. [1] Ce traitement doit être administré par un médecin expérimenté dans l’utilisation de l’interféron. [1] Une greffe allogénique de moelle osseuse n’est envisagée que chez les personnes dépendantes des transfusions et résistantes au traitement par interféron. [1] La surcharge en fer peut nécessiter un traitement chélateur destiné à retirer une partie du fer accumulé. [1] Les autres traitements dépendent des complications présentes, avec notamment une prise en charge des calculs biliaires, de la scoliose, de l’ostéoporose, de l’hématopoïèse extramédullaire ou des atteintes visuelles. [1]
La splénectomie, qui consiste à retirer la rate, est d’efficacité non démontrée dans la CDA I et peut exposer à des complications thromboemboliques. [1] La source recommande donc de ne l’envisager qu’avec prudence, notamment en présence d’une augmentation douloureuse de la rate ou de certaines diminutions symptomatiques des cellules sanguines. [1]
Quel suivi est proposé ?
La synthèse GeneReviews indique qu’aucune recommandation de pratique clinique propre à la CDA I n’avait été publiée lors de sa mise à jour de 2021. [1] Les traitements et calendriers de surveillance présentés dans cette fiche sont donc issus de cette synthèse mise à jour en juillet 2021 et ne constituent pas un parcours français actualisé pour 2026. [1] Elle propose de mesurer l’hémoglobine tous les trois à six mois et plus fréquemment pendant les infections. [1] À partir de dix ans, elle propose une surveillance de la bilirubine, du fer, de la transferrine et de la ferritine tous les six à douze mois. [1] Une IRM annuelle du foie et du cœur pondérée en T2 est également proposée à partir de dix ans lorsqu’elle est disponible, afin d’évaluer la surcharge en fer. [1] Le suivi décrit comprend aussi une échographie abdominale annuelle à partir de cinq ans, une recherche de scoliose si nécessaire et une densitométrie osseuse selon l’avis du spécialiste des os. [1] Une évaluation annuelle de l’acuité visuelle et du fond d’œil est proposée à partir de quarante ans, ou plus tôt si des symptômes visuels apparaissent. [1]
Fer, grossesse et conseil génétique
Dans la CDA I, la synthèse recommande d’éviter toute préparation contenant du fer. [1]
La grossesse d’une femme atteinte de CDA I est considérée comme à haut risque de complications et un suivi par une équipe obstétricale spécialisée dans les grossesses à haut risque est recommandé. [1] La CDA I se transmet selon un mode autosomique récessif, ce qui signifie qu’une personne atteinte possède habituellement deux copies pathogènes du gène concerné. [1] Lorsque les deux parents sont porteurs d’un variant pathogène responsable de la maladie, chaque grossesse comporte une probabilité de 25 % d’avoir un enfant atteint, de 50 % d’avoir un enfant porteur sans symptômes et de 25 % d’avoir un enfant ni atteint ni porteur. [1] Les porteurs d’une seule copie pathogène sont décrits comme asymptomatiques et ne sont pas considérés comme exposés au risque de développer la maladie. [1] Lorsque les variants familiaux ont été identifiés, un test des apparentés à risque ainsi qu’un diagnostic prénatal ou préimplantatoire peuvent être envisagés dans le cadre d’un conseil génétique. [1]
Sources et références
[1] Congenital Dyserythropoietic Anemia Type I - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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