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Syndrome d’Angelman : signes, diagnostic, soins et suivi

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Le syndrome d’Angelman est un trouble neurodéveloppemental génétique qui entraîne notamment un retard important du développement, une déficience intellectuelle, une expression orale très limitée et des troubles de l’équilibre ou des mouvements. [1] [2] Des crises d’épilepsie, des troubles du sommeil, une petite taille du crâne appelée microcéphalie et un comportement marqué par des rires ou sourires fréquents peuvent également être présents. [1] [2] Les signes orientent l’évaluation, mais le diagnostic repose sur des critères cliniques et sur des analyses génétiques adaptées. [1]

Quelle est l’origine du syndrome d’Angelman ?

Le syndrome résulte d’une expression ou d’un fonctionnement insuffisant de la copie maternelle du gène UBE3A dans le système nerveux. [1] [2] Ce gène se situe dans la région 15q11.2-q13 du chromosome 15. [1] [2] Dans les neurones, la copie paternelle de UBE3A est normalement rendue silencieuse par un mécanisme appelé empreinte génomique, ce qui rend la fonction de la copie maternelle particulièrement importante. [2] La perte de fonction maternelle peut provenir de plusieurs mécanismes, dont une délétion de la région chromosomique, la présence de deux copies paternelles du chromosome 15, une anomalie de l’empreinte ou une variation pathogène de UBE3A. [1] [2] Ces mécanismes peuvent influencer la sévérité des manifestations et le risque qu’un autre membre de la famille soit atteint. [1] [2]

Quels signes peuvent faire évoquer le syndrome ?

Les constatations à la naissance peuvent être peu caractéristiques, tandis que le retard du développement devient généralement perceptible entre 6 et 12 mois. [1] [2] Les traits cliniques les plus caractéristiques se précisent souvent après l’âge d’un an. [1] Le développement intellectuel est fortement affecté et le langage parlé reste absent ou très limité chez de nombreuses personnes. [1] [2] La compréhension du langage peut être meilleure que la capacité à s’exprimer oralement. [2] La marche, lorsqu’elle est acquise, peut être instable, à base élargie et associée à des tremblements ou à d’autres troubles des mouvements. [1] [2] Le comportement peut associer une excitabilité importante, une attention brève, une hyperactivité et des rires facilement déclenchés. [1] [2] Cette apparence souvent joyeuse est un trait évocateur, mais elle ne suffit pas à établir le diagnostic. [1] Des difficultés d’alimentation, un reflux gastro-œsophagien, une constipation, un strabisme, une scoliose et des anomalies des chevilles ou des tendons d’Achille peuvent compléter le tableau. [1] [2]

L’épilepsie est fréquente et peut prendre plusieurs formes, notamment des absences atypiques, des crises myocloniques, atoniques ou tonico-cloniques généralisées. [1] [2] Les troubles du sommeil peuvent comporter des difficultés d’endormissement, des réveils nocturnes et un rythme veille-sommeil perturbé. [2] L’intensité et l’association de ces manifestations varient d’une personne à l’autre et selon le mécanisme génétique en cause. [2]

Comment le diagnostic est-il confirmé ?

L’évaluation associe l’histoire du développement, l’examen clinique et la recherche des caractéristiques reconnues du syndrome. [1] [2] Une analyse de la méthylation de la région 15q11.2-q13 permet de détecter environ 80 % des personnes atteintes, notamment en cas de délétion, de disomie uniparentale paternelle ou de défaut d’empreinte. [1] Un résultat anormal de méthylation confirme le diagnostic, mais des analyses supplémentaires peuvent être nécessaires pour déterminer le mécanisme génétique exact. [2] Lorsque la méthylation est normale malgré une forte suspicion clinique, l’analyse de la séquence de UBE3A et la recherche de délétions ou duplications de ce gène peuvent être proposées. [1] [2] L’association de l’analyse de méthylation et de l’étude de UBE3A identifie une anomalie moléculaire chez environ 90 % des personnes présentant le syndrome. [1] Une minorité de personnes ayant un tableau clinique classique ne présente toutefois aucun mécanisme génétique identifiable avec les analyses actuellement décrites. [1] [2] Un électroencéphalogramme peut mettre en évidence des anomalies caractéristiques et contribuer à l’évaluation de l’épilepsie, mais il ne remplace pas la confirmation moléculaire. [2]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Les traitements actuellement décrits visent principalement à réduire les symptômes, à soutenir les apprentissages et à préserver la qualité de vie. [1] [2] [3] La prise en charge est multidisciplinaire en raison de l’association possible de difficultés neurologiques, motrices, comportementales, digestives, orthopédiques et visuelles. [1] [2] L’épilepsie est traitée par des médicaments antiépileptiques choisis en fonction du type de crises et de la situation individuelle. [1] [2] Le choix du traitement nécessite une attention particulière, car certains médicaments peuvent aggraver certains types de crises dans le syndrome d’Angelman. [2] La kinésithérapie et l’ergothérapie peuvent soutenir la mobilité, les capacités motrices et l’autonomie. [1] [2] L’accompagnement de la communication privilégie les moyens non verbaux et la communication améliorée ou alternative, par exemple les images, les tableaux de communication ou les signes. [1] [2] Les adaptations scolaires doivent être individualisées et suffisamment souples pour tenir compte du profil de développement. [1] Les interventions comportementales peuvent aider lorsque l’agitation, les conduites perturbatrices ou les comportements auto-agressifs ont des conséquences dans la vie quotidienne. [1] Le reflux, les difficultés alimentaires, la constipation et le strabisme font l’objet d’une prise en charge adaptée à chaque manifestation. [1] Une scoliose ou certaines anomalies des chevilles et des tendons peuvent nécessiter une orthèse et, dans certaines situations, une intervention chirurgicale. [1]

Les approches destinées à restaurer l’expression de UBE3A ou à apporter une copie fonctionnelle du gène restent des traitements expérimentaux étudiés dans des essais cliniques. [2] [3] Leur bénéfice, leur sécurité, les personnes susceptibles d’en bénéficier et la durée nécessaire du traitement restent des questions de recherche. [3]

Quels éléments doivent être surveillés au fil du temps ?

Le suivi recherche l’apparition de nouvelles crises d’épilepsie ou une modification des crises déjà connues. [1] Il évalue également les progrès du développement, la communication, le comportement, la mobilité et les capacités motrices. [1] Les difficultés d’alimentation, le reflux gastro-œsophagien et la constipation doivent être recherchés au cours du suivi. [1] Chez les enfants plus âgés, une prise de poids excessive associée à un appétit important peut nécessiter une surveillance. [1] Un examen clinique annuel du dos est recommandé pour rechercher ou suivre une scoliose. [1] Un suivi ophtalmologique est indiqué en présence d’un strabisme et doit ensuite être adapté aux constatations de l’ophtalmologiste. [1]

Quelle est l’évolution du syndrome ?

Le syndrome d’Angelman n’est pas considéré comme une maladie neurodégénérative. [2] L’état de santé général peut rester bon et l’espérance de vie est décrite comme proche de la normale, même si des complications neurologiques, respiratoires ou accidentelles peuvent survenir. [2] Les crises d’épilepsie et les troubles du sommeil peuvent s’améliorer avec l’âge, mais l’épilepsie peut réapparaître à l’âge adulte. [2] L’hyperactivité tend souvent à diminuer, tandis que les besoins d’aide et de surveillance restent généralement importants à l’âge adulte. [2]

Pourquoi identifier le mécanisme génétique familial ?

La plupart des personnes atteintes sont les seules de leur famille à présenter le syndrome en raison d’une anomalie génétique survenue de novo. [1] Certaines anomalies de UBE3A ou de l’empreinte peuvent toutefois être héritées et s’accompagner d’un risque de récurrence nettement plus élevé. [1] [2] Une estimation fiable du risque pour une future grossesse nécessite donc d’identifier le mécanisme moléculaire chez la personne atteinte et, lorsque cela est pertinent, d’étudier les parents. [1] Une détection prénatale des anomalies moléculaires connues est possible lorsque le mécanisme familial a été identifié. [1]

Quels repères de sécurité faut-il connaître ?

Les proches doivent recevoir une information adaptée pour reconnaître les crises d’épilepsie, y compris leurs formes discrètes, et appliquer la conduite d’urgence définie avec l’équipe soignante. [2] Lorsqu’un médicament de secours a été prévu, il doit rester disponible conformément au plan établi pour la personne. [2] Certains mouvements anormaux peuvent être confondus avec des crises, ce qui expose à un traitement antiépileptique excessif. [1] Les médicaments sédatifs ne doivent pas être utilisés de façon excessive dans le seul but de réduire l’excitabilité ou l’activité motrice. [1]

Sources et références

[1] Angelman Syndrome - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

GeneReviews, University of Washington, diffusion NCBI Bookshelf · Consulté le 2026-09-13

[2] Angelman Syndrome - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[3] Crossing the finish line towards a disease-modifying treatment for Angelman syndrome

www.ebi.ac.uk · Version : 2026-03-07 · Consulté le 2026-09-16

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