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Stries angioïdes : causes associées, diagnostic et surveillance

Les stries angioïdes sont des ruptures de la membrane de Bruch, une fine structure située entre la rétine externe et la circulation de la choroïde. [3] Elles peuvent être isolées ou associées à une maladie générale, notamment à une affection touchant les tissus élastiques, le collagène ou le sang. [3] Leur principal enjeu est le risque de néovascularisation choroïdienne, c’est-à-dire la formation de vaisseaux anormaux susceptibles d’endommager la région centrale de la rétine et de faire baisser la vision. [3]

Que sont les stries angioïdes ?

La membrane de Bruch contient des fibres élastiques et du collagène et participe aux échanges entre l’épithélium pigmentaire de la rétine et la choriocapillaire. [3] Dans les stries angioïdes, cette membrane rigidifiée par la calcification se rompt. [3] Malgré leur nom et leur apparence, ces stries correspondent donc à des ruptures d’une membrane de l’œil et non à des vaisseaux sanguins. [3] Au fond d’œil, elles apparaissent généralement comme des lignes grises ou rouge foncé disposées en rayons autour de la papille, qui correspond à la zone de départ du nerf optique. [3] Les stries elles-mêmes évoluent généralement peu, mais elles peuvent s’accompagner d’une atrophie choriorétinienne ou se compliquer de vaisseaux anormaux issus de la choroïde. [3]

Quelles maladies peuvent être associées ?

Une maladie systémique, c’est-à-dire ne concernant pas uniquement l’œil, est retrouvée dans environ la moitié des cas. [3] Le pseudoxanthome élastique est l’association la plus fréquente. [3] Cette maladie génétique rare provoque une calcification progressive et une fragmentation des fibres élastiques de la peau, de la rétine et des parois artérielles. [3] Un aspect particulier du fond d’œil appelé « peau d’orange » est caractéristique du pseudoxanthome élastique. [3] D’autres associations sont décrites avec la maladie de Paget, le syndrome d’Ehlers-Danlos et plusieurs hémoglobinopathies, dont la drépanocytose et la thalassémie. [3] Des stries angioïdes sont notamment observées chez certains patients atteints de drépanocytose, plus particulièrement dans la forme homozygote SS. [2] La découverte de stries angioïdes ne suffit cependant pas, à elle seule, à conclure qu’une personne est atteinte de l’une de ces maladies, puisque les stries sont isolées dans environ la moitié des cas. [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose sur l’examen ophtalmologique et sur l’imagerie de la rétine. [3] Les stries sont souvent mieux visibles sur les clichés en infrarouge et en autofluorescence que sur les photographies couleur du fond d’œil. [3] La tomographie par cohérence optique, ou OCT, produit des coupes détaillées de la rétine et permet notamment de visualiser les calcifications, les ondulations de la membrane de Bruch et les complications néovasculaires. [3] L’angiographie à la fluorescéine aide à délimiter les stries et surtout à diagnostiquer les néovaisseaux choroïdiens. [3] D’autres techniques, comme l’angiographie OCT ou l’angiographie au vert d’indocyanine, peuvent compléter l’évaluation selon la situation observée. [3]

Comme une maladie générale est fréquemment associée, la découverte de stries angioïdes justifie un bilan destiné à en rechercher la cause. [3] Une enquête familiale est également indiquée en raison des associations possibles avec des maladies génétiques. [3]

Pourquoi une surveillance régulière est-elle nécessaire ?

Une surveillance ophtalmologique régulière est nécessaire en raison du risque de néovascularisation choroïdienne. [3] Cette complication correspond au développement de vaisseaux anormaux à travers une rupture de la membrane de Bruch. [3] Le risque est plus élevé lorsque les stries sont longues, larges et proches de la macula, qui est la zone centrale de la rétine utilisée pour la vision précise. [3] Une baisse de vision peut aussi résulter d’une rupture de la membrane de Bruch située au niveau de la macula. [3] Une complication néovasculaire peut toucher les deux yeux et peut récidiver après plusieurs années d’inactivité. [3] Le suivi doit donc être poursuivi même après une période prolongée sans signe d’activité. [3]

Quel traitement peut être proposé ?

La prise en charge décrite vise principalement les complications néovasculaires plutôt que les stries elles-mêmes. [3] Les néovaisseaux choroïdiens répondent le plus souvent aux médicaments anti-VEGF administrés dans l’œil. [3] Ces traitements cherchent à contrôler l’activité des vaisseaux anormaux, mais ils n’excluent pas une récidive ultérieure ou l’apparition d’un nouveau foyer. [3] Le choix des examens, le rythme du suivi et les modalités du traitement dépendent de l’atteinte observée et de son évolution sur l’imagerie. [3]

Quand demander rapidement une évaluation médicale ?

Toute modification récente de la vision, notamment une vision brouillée, une vision double, des éclairs lumineux ou des formes inhabituelles, nécessite une évaluation médicale urgente. [1] L’apparition d’une ombre sombre se déplaçant dans le champ visuel nécessite également une évaluation urgente. [1] Une perte soudaine de la vision d’un œil ou des deux yeux, ou une douleur oculaire intense apparue brutalement, impose une prise en charge médicale immédiate. [1]

En dehors de ces situations, une baisse de vision ou une difficulté nouvelle à lire doit aussi conduire à faire contrôler la vue, car un diagnostic et un traitement précoces peuvent parfois limiter l’aggravation. [1] Les symptômes visuels ne permettent pas d’identifier soi-même des stries angioïdes, car de nombreuses affections oculaires différentes peuvent provoquer une baisse ou une modification de la vision. [1] [3]

Sources et références

[1] Vision loss - NHS

NHS · Consulté le 2026-09-11

[2] cdo

www.cahiers-ophtalmologie.fr · Consulté le 2026-09-15

[3] RC3

www.realites-cardiologiques.com · Consulté le 2026-09-15

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