Schistosomiase : transmission, symptômes, diagnostic, traitement et prévention

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La schistosomiase, aussi appelée bilharziose, est une infection aiguë ou chronique provoquée par des vers parasites du genre Schistosoma. [1] [2] Elle se contracte lorsque des larves présentes dans une eau douce contaminée traversent la peau pendant la baignade, la nage, le passage à gué ou une autre activité exposant à cette eau. [1] [3] La maladie peut rester sans symptôme, provoquer un épisode aigu quelques semaines après l’exposition ou entraîner progressivement des atteintes intestinales, urinaires, génitales, hépatiques et, plus rarement, neurologiques ou pulmonaires. [2] [3]
Comment la schistosomiase se transmet-elle ?
Les larves infectantes sont libérées dans l’eau douce par certains gastéropodes qui participent au cycle du parasite. [1] Après avoir traversé la peau, elles gagnent la circulation sanguine, deviennent des vers adultes et s’installent dans les vaisseaux situés autour de l’intestin ou des voies urinaires selon l’espèce. [2] Les femelles pondent des œufs dont certains sont éliminés dans les selles ou les urines, tandis que d’autres restent dans les tissus et y déclenchent une inflammation responsable des lésions. [1] [2] La transmission est surtout présente dans des régions tropicales et subtropicales, notamment en Afrique, mais des foyers ont également été décrits dans d’autres régions, dont la Corse. [1] [3] Les voyageurs, les personnes originaires d’une zone d’endémie et celles dont les activités agricoles, professionnelles, domestiques ou récréatives impliquent un contact avec de l’eau douce exposée peuvent être concernées. [1] [3]
Quelles sont les principales formes de la maladie ?
Il existe deux formes principales : la schistosomiase intestinale et la schistosomiase urogénitale. [1] La forme intestinale atteint principalement l’intestin et peut aussi provoquer des lésions du foie lorsque des œufs y sont entraînés par la circulation sanguine. [2] [3] La forme urogénitale touche surtout la vessie et les voies urinaires, mais elle peut également atteindre les organes génitaux féminins ou masculins. [1] [2] Le prurit du nageur provoqué par des schistosomes d’animaux est une affection cutanée distincte, car ces parasites ne parviennent normalement pas à se développer chez l’être humain ni à atteindre ses organes. [2]
Quels symptômes peuvent apparaître ?
La plupart des personnes infectées ne présentent pas de symptôme. [2] Lors de la pénétration des larves, une éruption cutanée accompagnée de démangeaisons peut apparaître au point de contact. [2] [3] La forme aiguë, appelée aussi fièvre de Katayama, peut survenir environ 14 à 84 jours après l’exposition et associer notamment fièvre, frissons, toux, douleurs musculaires, fatigue, nausées, diarrhée ou douleurs abdominales. [2] [3]
La forme intestinale chronique peut entraîner des douleurs abdominales, une diarrhée et du sang dans les selles. [1] [2] Une atteinte hépatique avancée peut s’accompagner d’une augmentation du volume du foie ou de la rate, d’une accumulation de liquide dans l’abdomen et d’une hypertension portale, c’est-à-dire une pression trop élevée dans la veine qui conduit le sang digestif vers le foie. [1] [2] Le signe classique de la forme urogénitale est la présence de sang dans les urines, parfois associée à des douleurs ou à des mictions fréquentes. [1] [2] Chez la femme, une atteinte génitale peut provoquer des lésions, des saignements vaginaux, des douleurs pendant les rapports sexuels et des troubles de la fertilité. [1] [2] Chez l’homme, elle peut provoquer des douleurs pelviennes ou lors de l’éjaculation, du sang dans le sperme, une atteinte de la prostate ou des vésicules séminales et des troubles de la fertilité. [1] [2]
Quelles complications sont possibles ?
Une inflammation prolongée peut cicatriser et obstruer les uretères, ce qui favorise une accumulation d’urine et des lésions rénales. [1] [2] La schistosomiase urogénitale chronique peut également augmenter le risque de cancer de la vessie. [1] [2] Une atteinte rare du cerveau ou de la moelle épinière peut se manifester par des convulsions, une faiblesse musculaire ou une paralysie. [2] [3] Une atteinte pulmonaire chronique peut provoquer une hypertension pulmonaire, un essoufflement, des vertiges ou une douleur thoracique. [2] Chez l’enfant, la maladie peut être associée à une anémie, un retard de croissance et une diminution des capacités d’apprentissage, effets généralement réversibles avec le traitement. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
La possibilité d’une schistosomiase est évaluée en tenant compte des symptômes, des régions fréquentées et d’un éventuel contact avec de l’eau douce. [2] Le diagnostic est confirmé principalement par la recherche microscopique d’œufs dans les selles pour les formes intestinales ou dans les urines pour les formes urogénitales. [1] [3] Plusieurs prélèvements peuvent être nécessaires, car l’élimination des œufs n’est pas constante. [2] [3] Un résultat négatif obtenu peu après l’exposition n’exclut pas l’infection, car les selles et les urines ne contiennent pas encore d’œufs au début de la maladie. [2]
Chez une personne ne vivant pas dans une zone où la maladie est fréquente, une analyse sanguine peut aider à mettre en évidence une exposition, notamment lorsque l’infection est peu intense. [1] [3] Ces analyses sanguines sont généralement réalisées six à huit semaines après la dernière exposition à risque. [2] La détection d’anticorps ne permet pas à elle seule de distinguer une infection ancienne d’une infection actuelle ni d’en mesurer la gravité. [2] [3] Une échographie, une tomodensitométrie ou une IRM peut être utilisée pour évaluer une atteinte des voies urinaires, du foie ou d’autres organes. [2]
Quel est le principe du traitement ?
Le praziquantel est le médicament antiparasitaire recommandé contre les différentes formes de schistosomiase. [1] [2] Il agit surtout contre les vers adultes et non contre les formes immatures présentes au début de l’infection, ce qui conduit le médecin à adapter le moment du traitement à la date de l’exposition. [2] [3] Selon les recommandations de l’OMS, les personnes infectées doivent avoir accès au praziquantel, avec une décision fondée sur les tests et le jugement clinique chez les enfants de moins de deux ans. [4] Cette recommandation inclut les femmes qui allaitent et les femmes enceintes après le premier trimestre, mais exclut le premier trimestre de la grossesse. [4] Les effets indésirables rapportés avec le praziquantel sont le plus souvent légers et transitoires, notamment des douleurs abdominales, des maux de tête, des vertiges ou une diarrhée. [4]
Lorsque des œufs vivants étaient initialement présents, un nouveau contrôle des selles ou des urines peut être effectué un à deux mois après le traitement. [2] La persistance d’œufs vivants peut conduire le médecin à renouveler le traitement. [2] Une nouvelle infection reste possible après un traitement réussi si la personne est de nouveau exposée à une eau douce contaminée. [1]
Comment prévenir une infection ou une réinfection ?
La principale mesure individuelle consiste à éviter de se baigner, de nager, de patauger ou d’avoir un autre contact avec de l’eau douce dans les zones où la schistosomiase est présente. [2] [3] La schistosomiase humaine ne se contracte pas au contact de l’eau salée ou saumâtre, comme celle des mers et des océans. [3] Il n’existe actuellement ni vaccin ni médicament préventif permettant d’empêcher l’infection. [3] Après un contact possible, la date, le lieu et la nature de l’exposition sont importants pour planifier les examens, car certains tests ne deviennent informatifs qu’après un délai. [2] [3] À l’échelle collective, l’accès à l’eau potable, l’assainissement, l’éducation sanitaire, la réduction des contacts avec l’eau infestée et la lutte contre les gastéropodes contribuent à interrompre la transmission. [1]
Sources et références
[1] Schistosomiase
Organisation mondiale de la santé · Consulté le 2026-09-11
[2] Schistosomiase - Infections - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Schistosomiasis - CDC Yellow Book, 2026 edition - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[4] Safety of praziquantel for treatment of schistosomiasis - WHO guideline on control and elimination of human schistosomiasis - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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