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Babésiose : symptômes, diagnostic, traitement et prévention

La babésiose est une infection provoquée par des parasites microscopiques du genre Babesia, qui pénètrent dans les globules rouges et peuvent les détruire. [1] Elle est le plus souvent transmise par la piqûre d'une tique infectée, mais une transmission par transfusion sanguine et, plus rarement, de la personne enceinte au fœtus est également possible. [1] L'infection peut ne provoquer aucun symptôme ou entraîner une maladie ressemblant au paludisme, notamment avec de la fièvre et une anémie due à la destruction des globules rouges. [1] La Haute Autorité de santé classe la babésiose parmi les maladies vectorielles à tiques présentes en France. [3]

Comment la babésiose se transmet-elle ?

Lors d'une piqûre, une tique infectée peut transmettre Babesia, puis le parasite entre dans les globules rouges, s'y multiplie et se propage lorsque les cellules infectées se rompent. [1] Cette destruction des globules rouges, appelée hémolyse, explique notamment l'anémie, la jaunisse et la présence possible d'hémoglobine dans les urines. [1] En Europe, Babesia divergens est une cause importante de babésiose humaine, en particulier chez les personnes ayant subi une ablation de la rate. [1] Une tique peut porter simultanément Babesia et d'autres agents infectieux responsables notamment de la maladie de Lyme ou de l'anaplasmose, si bien que plusieurs infections peuvent parfois être contractées au cours d'une même piqûre. [1]

Quels sont les symptômes de la babésiose ?

Certaines infections restent entièrement asymptomatiques, y compris pendant des mois ou des années chez des personnes par ailleurs en bonne santé. [1] Lorsqu'ils apparaissent après une piqûre de tique, les symptômes débutent généralement après une incubation d'une à deux semaines. [1] Les manifestations initiales sont peu spécifiques et peuvent comprendre un malaise, une fatigue, des frissons, de la fièvre, des maux de tête ainsi que des douleurs musculaires ou articulaires. [1] La destruction des globules rouges peut ensuite provoquer une anémie hémolytique, une coloration jaune de la peau ou du blanc des yeux et des urines foncées. [1] [2] Une augmentation du volume du foie et de la rate, une diminution des plaquettes ou de certains globules blancs peuvent également être observées. [1] Ces symptômes ne suffisent pas à reconnaître soi-même une babésiose, car ils peuvent ressembler à ceux du paludisme ou d'autres infections transmises par les tiques. [1]

Qui risque une forme grave ?

Les formes graves concernent particulièrement les personnes âgées, celles qui n'ont plus de rate et celles dont les défenses immunitaires sont affaiblies. [1] Le risque est notamment accru en cas d'infection par le VIH à un stade avancé, de transplantation ou d'un autre état d'immunodépression. [1] Chez ces personnes, la maladie peut associer une fièvre élevée, une anémie hémolytique, des urines foncées, une jaunisse et une insuffisance rénale. [1] Les complications sévères décrites comprennent notamment un œdème pulmonaire, une détresse respiratoire, des atteintes rénale ou hépatique, un choc et une défaillance de plusieurs organes. [1] [4] Une babésiose sévère nécessite une hospitalisation et peut être mortelle, surtout chez les personnes appartenant aux groupes à risque. [1] [4]

Comment le diagnostic est-il établi ?

L'évaluation tient compte des symptômes, des résultats de la prise de sang et d'une éventuelle résidence ou d'un voyage dans une région où la babésiose circule. [1] L'absence de souvenir d'une piqûre n'exclut pas l'infection, car la plupart des personnes diagnostiquées ne se rappellent pas avoir été piquées. [1] Le diagnostic repose habituellement sur l'examen au microscope d'un frottis sanguin afin de rechercher Babesia à l'intérieur des globules rouges. [1] L'aspect du parasite peut ressembler à celui de Plasmodium, responsable du paludisme, ce qui rend parfois la distinction difficile au microscope. [1] Une PCR peut rechercher le matériel génétique du parasite, confirmer une infection lorsque peu de globules rouges sont atteints et aider à identifier l'espèce de Babesia. [1] La sérologie recherche des anticorps, mais un résultat positif isolé ne prouve pas nécessairement une infection active, car ces anticorps peuvent persister au moins un an après la disparition apparente de l'infection. [1] Un résultat sérologique positif doit donc être interprété avec le contexte clinique et confirmé par un frottis sanguin ou une PCR. [1] Dans les formes graves, les analyses peuvent aussi révéler des anomalies des reins ou du foie, des protéines ou de l'hémoglobine dans les urines. [1]

Quels sont les principes du traitement ?

Une infection asymptomatique ne nécessite généralement pas de traitement, sauf notamment lorsque la présence du parasite dans le sang persiste. [1] Un traitement est indiqué dans certaines situations telles qu'une fièvre élevée persistante, une augmentation rapide de la proportion de globules rouges infectés ou une baisse de l'hématocrite. [1] Les associations médicamenteuses décrites sont l'atovaquone avec l'azithromycine ou, comme autre option, la quinine avec la clindamycine. [1] L'association atovaquone-azithromycine est généralement privilégiée car elle entraîne moins d'effets indésirables tout en ayant une efficacité comparable à l'association quinine-clindamycine. [1] La quinine nécessite une surveillance attentive en raison de ses effets indésirables possibles. [1] Chez les personnes immunodéprimées, le traitement peut être plus long en raison du risque de persistance ou de rechute de l'infection. [1] [4] Dans certaines formes très graves comportant une quantité élevée de parasites dans le sang, une exsanguinotransfusion peut être envisagée afin de remplacer une partie des globules rouges infectés. [1] Le choix du traitement, sa voie d'administration, sa durée et la surveillance nécessaire dépendent donc de la gravité, du terrain immunitaire et des résultats des examens. [1] [4]

Quelle évolution et quel suivi sont possibles ?

Chez une personne immunocompétente, l'évolution est généralement favorable et la rechute après traitement est rare. [1] La disparition des symptômes et la négativation du frottis sanguin servent à apprécier la réponse au traitement. [1] Une PCR peut toutefois rester positive après la fin du traitement sans signifier à elle seule une rechute, car du matériel génétique parasitaire peut rester détectable. [1] [4] Une surveillance plus attentive peut être nécessaire chez les personnes sans rate ou immunodéprimées, chez lesquelles l'infection peut persister ou récidiver. [1] [4]

Comment prévenir les piqûres de tiques en France ?

En forêt, dans une zone végétalisée ou pendant le jardinage, la prévention repose d'abord sur des vêtements clairs et couvrants, des chaussures fermées et le passage des bas de pantalon dans les chaussettes. [3] Marcher sur les chemins et emporter un tire-tique contribuent également à réduire l'exposition ou à permettre un retrait rapide. [3] Si un répulsif cutané est utilisé, il faut privilégier un produit disposant d'une autorisation de mise sur le marché et respecter sa notice, notamment chez les enfants et pendant la grossesse. [3] L'imprégnation des vêtements par la perméthrine n'est plus recommandée en France en raison de risques de toxicité individuelle et environnementale. [3] Au retour, il est recommandé d'examiner rapidement tout le corps, en particulier les aisselles, les plis des genoux, les zones génitales, le nombril, les oreilles et le cuir chevelu, puis de refaire l'examen le lendemain. [3] Une tique fixée doit être retirée le plus rapidement possible avec un tire-tique, par un mouvement de rotation-traction, sans appliquer de produit avant le retrait. [3] À défaut de tire-tique, une pince à épiler peut être utilisée avec le même mouvement, puis le site doit être désinfecté avec un antiseptique ou avec de l'eau et du savon. [3] En cas de difficulté pour retirer la tique, il est possible de demander l'aide d'un pharmacien ou d'un professionnel de santé. [3]

Sources et références

[2] Babésiose - Infections - Manuels MSD pour le grand public

Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13

[3] FIN1

Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-16

[4] Babesiosis - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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