Sadisme : définition, formes et distinction avec le trouble du sadisme sexuel

Le sadisme désigne, au sens général, le plaisir qui peut être éprouvé devant la souffrance physique ou émotionnelle d’une autre personne. [3] [4] Il ne correspond pas automatiquement à une maladie psychiatrique et ne doit pas être confondu avec le trouble du sadisme sexuel, qui répond à des critères cliniques particuliers. [4] [1] [2] Le mot recouvre en effet des phénomènes différents, allant d’un trait non sexuel étudié par la recherche jusqu’à une excitation sexuelle liée à la souffrance infligée à autrui. [3] [4] [2]
Quelles sont les principales formes de sadisme ?
Les travaux de recherche distinguent notamment le sadisme indirect, qui consiste à prendre plaisir à observer une souffrance que l’on n’a pas provoquée, du sadisme direct, dans lequel la personne inflige elle-même cette souffrance. [4] L’expression « sadisme quotidien » est employée par certains chercheurs pour désigner des tendances subcliniques, c’est-à-dire des traits étudiés en dehors d’un diagnostic psychiatrique. [4] Ces tendances peuvent être évaluées au moyen de questionnaires portant sur le plaisir de voir souffrir, de blesser ou de dominer autrui. [4] Les réponses à ces questionnaires ne correspondent toutefois pas toujours aux comportements observés, notamment parce que les déclarations peuvent être influencées par le désir de donner une image socialement acceptable de soi. [4]
Le sadisme sexuel désigne une excitation ou une gratification sexuelle obtenue en infligeant une souffrance physique ou psychologique, telle que la douleur, l’humiliation ou la terreur. [3] [2] Une pratique sexuelle légère entre adultes consentants, limitée et organisée de manière à ne pas causer de dommage, ne répond généralement pas aux critères d’un trouble paraphilique. [1] [2] Le consentement ne suffit cependant pas à lui seul à écarter un trouble si les fantasmes, les pulsions ou les comportements provoquent une détresse clinique importante ou altèrent le fonctionnement quotidien. [1] [2]
Quand parle-t-on de trouble du sadisme sexuel ?
Le trouble du sadisme sexuel est une forme de sadisme sexuel associée à une détresse clinique importante, à une altération du fonctionnement ou à des actes commis sur une personne non consentante. [1] [2] Les critères décrits dans le DSM-5-TR comprennent une excitation sexuelle récurrente et intense liée à la souffrance physique ou psychologique d’autrui, exprimée par des fantasmes, des pulsions ou des comportements. [2] Pour répondre à ces critères, la personne doit en outre avoir agi avec une personne non consentante, ou bien présenter une détresse cliniquement significative ou une altération importante de sa vie professionnelle, sociale ou personnelle. [2] La situation doit être présente depuis au moins six mois. [1] [2] La présence d’un intérêt, d’un fantasme ou d’une pratique sexuelle ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à un trouble. [1] [2]
Les actes imposés à une personne non consentante peuvent provoquer des dommages physiques ou psychologiques graves, voire entraîner la mort dans les formes extrêmes. [1] [2] Le sadisme sexuel n’est néanmoins pas synonyme de viol, même si les deux phénomènes peuvent se rencontrer dans certaines situations de violence sexuelle. [1] [2]
Le sadisme est-il un trouble de la personnalité ?
Un « trouble de la personnalité sadique » a été proposé à la fin des années 1980, mais il n’a pas été conservé comme diagnostic autonome dans les versions ultérieures du DSM. [4] L’une des raisons rapportées est que ce concept n’était pas jugé suffisamment distinct des troubles de la personnalité antisociale et narcissique. [4] À l’inverse, le trouble du sadisme sexuel demeure décrit séparément parmi les troubles paraphiliques. [4] [2] Le terme général « sadisme » ne constitue donc pas, sans autre précision, un diagnostic médical unique. [4] [1] [2]
Quels liens avec la psychopathie et les autres traits de personnalité ?
Les études trouvent une association entre le sadisme et certains traits psychopathiques, notamment la cruauté, l’insensibilité émotionnelle, la désinhibition et les comportements antisociaux. [3] [4] Une association ne signifie toutefois pas que le sadisme et la psychopathie sont équivalents ni que l’un cause nécessairement l’autre. [3] [4] Les résultats varient selon que les recherches portent sur des personnes incarcérées, des patients en psychiatrie légale, des étudiants ou des échantillons de la population générale. [3] [4] Ils varient également selon la définition du sadisme et selon l’utilisation d’un diagnostic clinique, d’un questionnaire ou d’une mesure comportementale. [3] [4] La qualité globale de ces données est souvent faible ou très faible en raison de l’hétérogénéité des études, de leurs méthodes observationnelles et de la taille parfois limitée des échantillons. [3]
Comment le diagnostic est-il évalué ?
Le diagnostic du trouble du sadisme sexuel repose sur une évaluation psychiatrique et sur des critères cliniques. [2] L’évaluation porte notamment sur la nature et la répétition de l’excitation, des fantasmes, des pulsions et des comportements, ainsi que sur leur durée. [2] Elle examine aussi l’existence d’actes envers une personne non consentante, la détresse ressentie et les conséquences sur la vie sociale, professionnelle ou personnelle. [2] Un questionnaire en ligne, un trait de personnalité isolé ou une préférence sexuelle déclarée ne suffit pas à établir personnellement ce diagnostic. [4] [2]
Quels sont les principes généraux du traitement ?
Lorsqu’un trouble du sadisme sexuel est identifié, des thérapies cognitivo-comportementales individuelles ou en groupe font partie des approches employées. [1] [2] Les données disponibles sur l’efficacité des traitements restent limitées. [1] Lorsque le trouble du sadisme sexuel est associé à un trouble de la personnalité antisociale, les traitements n’ont pas montré d’efficacité particulière dans les données rapportées par ces sources. [1] [2] Les sources mentionnent aussi des traitements médicamenteux, mais elles ne fournissent pas ici les informations suffisantes sur leurs indications précises, leurs risques et leur place dans le parcours de soins français pour permettre une présentation destinée à guider un patient. [1] [2] La prise en charge doit donc être distinguée d’une simple interprétation du mot « sadisme », car elle concerne un trouble évalué selon ses conséquences, le consentement et le retentissement clinique. [1] [2]
Sources et références
[1] Sexual Sadism Disorder - Mental Health - MSD Manual Consumer Version
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Sexual Sadism Disorder - Psychiatry - MSD Manual Professional Edition
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Psychopathy and Sadism: A Systematic Review of Their Association, Core Dimensions, and Nosological Implications
www.ebi.ac.uk · Version : 2026-07-06 · Consulté le 2026-09-16
[4] Sadism and Personality Disorders
www.ebi.ac.uk · Version : 2023-10-19 · Consulté le 2026-09-16
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.