Rétention urinaire : signes, causes, diagnostic et traitements

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La rétention urinaire désigne l’impossibilité d’uriner ou une vidange incomplète de la vessie, qui conserve alors de l’urine après la miction. [2] Elle peut être complète, avec une impossibilité totale d’uriner, ou partielle, lorsqu’une personne urine encore mais ne vide pas suffisamment sa vessie. [1] [4] Une impossibilité totale d’uriner nécessite une prise en charge immédiate afin de vider la vessie. [2]
Quels signes peuvent évoquer une rétention urinaire ?
Lorsque la vessie ne se vide que partiellement, les signes possibles comprennent une difficulté à commencer à uriner, un jet faible ou la sensation que la vessie reste pleine après la miction. [2] Le maintien d’une vessie relativement pleine peut également entraîner des envies fréquentes, des levers nocturnes ou des fuites urinaires par trop-plein. [2] Une rétention partielle peut progresser lentement et rester peu douloureuse, de sorte que l’intensité des symptômes ne permet pas à elle seule d’évaluer la quantité d’urine retenue. [2] [4]
En cas de rétention complète, la vessie peut se distendre douloureusement en quelques heures et provoquer un gonflement du bas-ventre. [2] Cette impossibilité totale d’uriner impose un drainage immédiat par une équipe médicale et ne doit pas être confondue avec une simple diminution de la quantité d’urine. [2] [3]
Pourquoi la vessie peut-elle ne plus se vider ?
La rétention peut résulter de contractions insuffisantes du muscle de la vessie, d’un obstacle à sa sortie ou d’un défaut de coordination entre la contraction de la vessie et le relâchement du sphincter urinaire. [2] Chez l’homme, l’augmentation du volume de la prostate est une cause fréquente parce qu’elle peut rétrécir l’urètre, le canal par lequel l’urine quitte la vessie. [2] Un calcul, un fécalome correspondant à une accumulation de selles dures, ou une autre obstruction peut également gêner l’écoulement de l’urine. [1] [2] Chez la femme, un prolapsus pelvien, une compression de l’urètre, une intervention pelvienne antérieure ou certaines lésions de l’urètre font partie des causes obstructives possibles. [4]
Des atteintes nerveuses associées notamment au diabète, à la maladie de Parkinson, à la sclérose en plaques ou à une chirurgie pelvienne peuvent perturber la commande de la vessie. [2] Certains médicaments, en particulier ceux ayant des effets anticholinergiques comme certains antihistaminiques et antidépresseurs, peuvent aussi favoriser une rétention chez l’homme comme chez la femme. [2] L’anesthésie, les opioïdes, la diminution de la sensation de vessie pleine et une contraction moins efficace de la vessie expliquent une partie des rétentions survenant après une opération. [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Lorsque la personne ne peut plus uriner du tout alors que sa vessie est pleine, la rétention est généralement manifeste. [2] Si une miction reste possible, le diagnostic repose sur la mesure du résidu post-mictionnel, c’est-à-dire la quantité d’urine encore présente dans la vessie juste après avoir uriné. [2] Ce résidu est mesuré par une échographie de la vessie ou par la quantité d’urine recueillie lors de l’introduction d’une sonde. [2] La sensation de mauvaise vidange ne suffit pas à confirmer une rétention, car elle ne correspond pas toujours à un résidu élevé. [4]
L’examen clinique recherche notamment une vessie distendue, un fécalome et, chez l’homme, une augmentation du volume de la prostate. [2] Une analyse d’urine peut rechercher une infection, tandis que des analyses sanguines et des examens d’imagerie peuvent être nécessaires pour identifier la cause ou évaluer ses conséquences. [2] Dans les rétentions chroniques ou inexpliquées chez la femme, un bilan urodynamique peut aider à distinguer une contraction insuffisante de la vessie d’un obstacle à son évacuation. [4]
Quels sont les principes du traitement ?
Le premier objectif en cas d’impossibilité d’uriner est de vider rapidement la vessie au moyen d’une sonde urinaire afin de soulager la distension. [2] Selon la situation, le drainage peut reposer sur une sonde laissée temporairement en place ou sur des sondages intermittents encadrés par l’équipe soignante. [2] [3] [4] Le choix de la méthode dépend notamment du contexte aigu ou prolongé, du volume retenu, des maladies associées et de la capacité de la personne à effectuer des autosondages. [4]
Le drainage ne traite pas nécessairement l’origine du problème, qui doit être recherchée puis prise en charge. [2] Le médecin peut réexaminer les médicaments susceptibles de provoquer la rétention et décider si leur modification est possible. [2] Une obstruction liée à une prostate augmentée de volume peut être traitée par des médicaments ou une intervention, selon l’évaluation médicale. [2] Une rétention liée à un trouble neurologique peut nécessiter des sondages répétés, tandis qu’une intervention destinée à dériver l’urine est parfois envisagée dans des situations sélectionnées. [2]
Quelles complications sont possibles ?
L’urine qui reste dans la vessie favorise la prolifération bactérienne et peut conduire à une infection urinaire. [2] Dans la rétention postopératoire, une distension importante ou prolongée peut altérer le muscle de la vessie et, dans les cas sévères, contribuer à une atteinte rénale. [3] Après le drainage d’un volume très important, certaines personnes nécessitent une surveillance de la quantité d’urine produite et des électrolytes en raison d’un risque de diurèse post-obstructive. [4]
Quel suivi est réalisé après le drainage ?
Le suivi vérifie si une miction efficace reprend après le traitement de la cause et la décompression de la vessie. [3] [4] Un essai sans sonde peut être organisé sous contrôle clinique, avec une nouvelle mesure du résidu après la miction afin d’éviter une nouvelle distension silencieuse. [3] [4] Le moment de cet essai varie selon le contexte, le volume initialement retenu, la récupération attendue de la vessie et le protocole de l’équipe soignante. [3] [4] Dans la rétention postopératoire, l’échec d’un ou de plusieurs essais de miction ou la suspicion d’un trouble plus important justifie une évaluation urologique complémentaire. [3]
Chez les femmes présentant une rétention chronique avec une pression vésicale durablement élevée, une surveillance de la fonction rénale et une échographie rénale peuvent être nécessaires. [4] Une nouvelle impossibilité totale d’uriner doit conduire à une prise en charge immédiate, même après un premier épisode déjà traité. [2]
Peut-on prévenir une nouvelle rétention ?
Les mesures de prévention dépendent de la cause, car une obstruction, un médicament, un trouble neurologique et une rétention postopératoire ne relèvent pas de la même prise en charge. [2] [3] La révision des traitements avec un professionnel de santé permet de repérer les médicaments susceptibles de favoriser ou d’aggraver une rétention. [2] [4] Avant une opération, l’équipe peut identifier les personnes les plus exposées à une rétention postopératoire et organiser une information ainsi qu’une surveillance adaptées. [3] Après une opération, la reprise précoce de la marche lorsqu’elle est autorisée et la limitation raisonnée des opioïdes par l’équipe soignante font partie des mesures associées à une réduction du risque. [3]
Sources et références
[1] Quick Facts:Urinary Retention - MSD Manual Consumer Version
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Urinary Retention - Urinary Tract Disorders - MSD Manual Consumer Version
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Postoperative Urinary Retention - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[4] Female Urinary Retention - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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