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Cystinurie : symptômes, diagnostic, traitements et prévention des calculs

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La cystinurie est une maladie héréditaire rare dans laquelle les reins réabsorbent mal la cystine, un acide aminé normalement filtré puis récupéré par les tubules rénaux. [1] [2] La cystine se retrouve alors en quantité excessive dans les urines et peut y former des cristaux puis des calculs dans les reins ou les voies urinaires. [1] [2] Ces calculs ont tendance à récidiver, ce qui justifie une prévention et un suivi prolongés même après leur élimination. [2] [4]

Pourquoi la cystinurie provoque-t-elle des calculs ?

L’anomalie concerne un système de transport situé dans le tubule proximal du rein, qui participe à la réabsorption de la cystine et de plusieurs autres acides aminés dits dibasiques. [2] [4] L’excrétion accrue de lysine, d’ornithine et d’arginine ne forme habituellement pas de calculs, car ces acides aminés sont plus solubles dans l’urine que la cystine. [2] [4] La cystine est en revanche peu soluble, surtout lorsque l’urine est acide ou concentrée. [2] [4] Lorsqu’elle dépasse sa limite de solubilité, elle précipite sous forme de cristaux qui peuvent s’agréger en calculs. [2] [3] La quantité de cystine, le volume des urines et leur pH influencent donc directement le risque de formation des calculs. [3] [4]

Une maladie génétique distincte de la cystinose

La cystinurie est le plus souvent transmise sur un mode autosomique récessif, ce qui signifie que la maladie est généralement liée à des variants génétiques hérités des deux parents. [1] [3] Les deux principaux gènes concernés, SLC3A1 et SLC7A9, codent les deux parties d’un même système de transport des acides aminés. [2] [4] La classification génétique distingue principalement un type A associé à SLC3A1 et un type B associé à SLC7A9, tandis que des configurations mixtes ou plus complexes ont également été décrites. [4] Le génotype ne permet toutefois pas de prévoir précisément la sévérité, qui peut varier fortement entre des personnes porteuses des mêmes anomalies. [3] [4] Une personne porteuse d’une seule anomalie peut parfois éliminer davantage de cystine sans en excréter assez pour former des calculs. [1] La cystinurie ne doit pas être confondue avec la cystinose, qui est une autre maladie liée à la cystine. [2]

Quels sont les symptômes et les complications possibles ?

Les manifestations peuvent commencer dès la petite enfance, mais apparaissent le plus souvent entre 10 et 30 ans. [1] [2] La présentation la plus fréquente est une colique néphrétique, c’est-à-dire une douleur intense provoquée par un calcul bloqué dans un uretère. [1] [2] Une crise peut également s’accompagner de sang dans les urines ou de nausées. [4] Un calcul peut favoriser une infection urinaire ou obstruer l’écoulement de l’urine. [1] [2] La répétition des obstructions, des calculs et des interventions urologiques expose certains patients à une dégradation progressive de la fonction rénale. [3] [4] Une maladie rénale chronique peut ainsi survenir, même si son évolution et sa gravité diffèrent d’une personne à l’autre. [2] [4]

Comment le diagnostic est-il établi ?

La cystinurie est notamment recherchée devant des calculs urinaires récidivants, précoces, bilatéraux ou associés à des antécédents familiaux. [1] [4] L’analyse de la composition d’un calcul recueilli ou retiré peut confirmer qu’il est constitué de cystine. [1] [3] L’examen microscopique d’un échantillon d’urine peut montrer des cristaux plats et hexagonaux très évocateurs de la maladie. [2] [3] [4] L’absence de ces cristaux n’exclut cependant pas la cystinurie, car ils ne sont pas visibles chez tous les patients. [4] Le bilan repose également sur la mesure de la cystine et, selon la méthode employée, des autres acides aminés dibasiques dans les urines. [2] [4] Chez un jeune enfant qui ne peut pas effectuer un recueil d’urines sur 24 heures, une mesure sur un échantillon ponctuel rapportée à la créatinine peut être utilisée. [4]

L’imagerie sert à localiser les calculs, à apprécier leur taille et à rechercher une obstruction. [3] [4] L’échographie est privilégiée pour le suivi des enfants et lorsque la réduction de l’exposition répétée aux rayonnements est importante. [3] [4] Un scanner sans injection peut être utilisé lorsque des informations plus précises sur les calculs sont nécessaires. [3] [4] L’analyse génétique n’est pas indispensable dans toutes les situations, mais elle peut être envisagée si le diagnostic est incertain, pour un conseil génétique ou pour étudier la famille. [3] [4] Un résultat génétique doit être interprété avec les données cliniques et biologiques plutôt que considéré isolément. [3]

Comment prévenir la formation de nouveaux calculs ?

Le traitement de fond vise à maintenir la cystine dissoute en diluant les urines et en les rendant moins acides. [1] [2] [3] Une hydratation importante et répartie sur la journée constitue la première mesure de prévention. [1] [2] [3] La période nocturne demande une attention particulière, car l’absence de boisson pendant plusieurs heures concentre les urines et augmente le risque de précipitation de la cystine. [1] [2] [4] L’objectif d’hydratation est adapté à l’âge, à la corpulence et à la situation médicale, notamment chez l’enfant. [2] [3] [4] Le citrate ou le bicarbonate de potassium peuvent être prescrits pour alcaliniser les urines, car la cystine devient plus soluble lorsque le pH urinaire augmente. [1] [2] Cette alcalinisation nécessite une surveillance du pH, car une élévation excessive peut favoriser d’autres types de calculs. [3]

Une réduction du sel alimentaire peut diminuer l’excrétion urinaire de cystine. [2] [3] [4] Une limitation adaptée des protéines animales et des aliments riches en méthionine peut également contribuer à réduire cette excrétion. [1] [2] [4] Chez l’enfant, une restriction générale excessive des protéines doit être évitée, car les protéines restent indispensables à la croissance. [1] [2] [4] Les changements alimentaires doivent donc être personnalisés avec l’équipe soignante plutôt qu’entrepris sous la forme d’un régime très restrictif. [1] [4]

Quels médicaments peuvent être proposés ?

Lorsque l’hydratation, l’alcalinisation et les mesures alimentaires ne suffisent pas à prévenir les calculs, un médicament liant la cystine peut être envisagé. [1] [2] [3] La tiopronine et la D-pénicillamine transforment la cystine en complexes beaucoup plus solubles. [1] [2] [4] Ces traitements peuvent réduire la masse ou la récidive des calculs sans supprimer complètement le risque. [1] [2] Ils peuvent provoquer des effets indésirables cutanés, articulaires, sanguins ou rénaux qui imposent une surveillance étroite. [2] [4] Une supplémentation en vitamine B6 est associée à la D-pénicillamine en raison de l’effet de ce médicament sur cette vitamine. [1] [2] [4] Plusieurs autres traitements sont à l’étude, mais les données disponibles sont encore trop limitées pour les considérer comme des options établies en pratique courante. [2] [3] [4]

Quand une intervention sur le calcul est-elle envisagée ?

Une intervention urologique peut être nécessaire en cas de calcul douloureux, obstructif, infecté, en croissance ou responsable de sang dans les urines. [4] Le choix de la technique dépend notamment de la taille et de la localisation du calcul. [3] [4] Les calculs de cystine résistent relativement à la lithotritie extracorporelle par ondes de choc, ce qui rend ses résultats moins prévisibles. [3] [4] L’urétéroscopie permet d’atteindre certains calculs par les voies urinaires, tandis qu’une néphrolithotomie percutanée peut être utilisée pour des calculs rénaux volumineux ou complexes. [3] [4] L’élimination d’un calcul ne traite pas l’anomalie génétique, de sorte que la prévention médicale doit se poursuivre entre les interventions. [3] [4]

Quel suivi est nécessaire ?

La tendance aux récidives et le risque rénal justifient un suivi régulier et prolongé. [2] [4] Le suivi peut associer une imagerie, une évaluation de la fonction rénale, une recherche de protéines dans les urines et des mesures du pH ou de la cystine urinaire. [2] [4] Chez les personnes prenant un médicament liant la cystine, il sert aussi à évaluer l’efficacité du traitement et à rechercher ses effets indésirables. [2] [4] La fréquence des contrôles est individualisée selon l’âge, la présence de calculs, les récidives, la fonction rénale et le traitement suivi. [4] En raison du caractère héréditaire de la maladie, une évaluation des frères et sœurs peut être proposée, y compris lorsqu’ils ne présentent pas de symptôme. [4]

Sources et références

[3] Cystinuria: Diagnosis, Medical and Surgical Management, and Emerging Therapies. A Narrative Review

www.ebi.ac.uk · Version : 2026-07-27 · Consulté le 2026-09-16

[4] Cystinuria in children: diagnosis and treatment

www.ebi.ac.uk · Version : 2025-04-15 · Consulté le 2026-09-16

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