Retard de croissance staturo-pondérale chez l’enfant : signes, causes, diagnostic et prise en charge

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Le retard de croissance staturo-pondérale désigne une prise de poids et une croissance physique inférieures à celles attendues chez un nourrisson ou un enfant. [1] Ce terme décrit une évolution de la croissance plutôt qu’une maladie ayant une cause unique. [2] [1] Son évaluation repose surtout sur la succession des mesures de poids et de taille, complétée par l’examen de l’enfant et l’étude de son alimentation, de ses antécédents et de son environnement familial. [1] Une identification précoce est importante, car une nutrition insuffisante peut affecter la croissance et le développement, particulièrement au début de la vie. [1] [2]
Comment reconnaître un ralentissement de la croissance ?
Les mesures successives de poids et de taille sont reportées sur des courbes de croissance afin de les comparer aux mesures antérieures et à celles des enfants du même âge et du même sexe. [1] Un percentile indique la position de l’enfant parmi les enfants du même âge et du même sexe, mais une mesure basse isolée ne suffit pas à elle seule à caractériser une croissance anormale. [1] [2] Un enfant qui reste régulièrement sur un percentile bas peut suivre son potentiel de croissance, tandis qu’une baisse de sa trajectoire habituelle est plus préoccupante. [2] Le retard peut ainsi être envisagé lorsque le poids ou l’indice de masse corporelle est inférieur aux valeurs attendues, mais aussi lorsque le poids chute continuellement de percentile alors que sa valeur actuelle n’est pas encore basse. [1] Une perte de poids par rapport à une mesure précédente constitue un signal qui nécessite d’en rechercher la raison. [2] Dans les formes sévères, la taille et le périmètre crânien peuvent également être affectés. [1]
Quelles sont les causes possibles ?
Le retard de croissance staturo-pondérale peut résulter d’apports alimentaires insuffisants, d’une mauvaise absorption ou de pertes de nutriments, ou encore de besoins énergétiques augmentés par une maladie. [2] Plusieurs mécanismes médicaux, alimentaires, sociaux ou familiaux peuvent être associés chez un même enfant. [1] [2]
Des apports insuffisants peuvent être liés à des difficultés de succion, de mastication ou de déglutition, à des vomissements ou à un reflux, à un refus alimentaire ou à une préparation inadaptée du lait infantile. [1] [2] L’insécurité alimentaire, le manque de ressources, des difficultés de santé mentale chez les parents ou un environnement familial très stressant peuvent également empêcher l’enfant de recevoir des repas réguliers et suffisamment nutritifs. [1] [2] Ces facteurs environnementaux ne signifient pas nécessairement qu’il existe une négligence, car de nombreuses difficultés échappent au contrôle de la famille. [2]
Les causes médicales comprennent notamment les troubles digestifs responsables de malabsorption, tels que la maladie cœliaque, les maladies inflammatoires intestinales ou l’insuffisance pancréatique liée à la mucoviscidose. [1] [2] Une maladie cardiaque, rénale ou hépatique, une infection chronique, un trouble hormonal ou métabolique, une maladie génétique ou une tumeur peuvent aussi perturber la croissance. [1] [2] Le retard de croissance staturo-pondérale est donc un signe qui conduit à rechercher une cause, et non le diagnostic automatique de l’une de ces maladies. [2] [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
L’évaluation commence par la vérification de la trajectoire du poids et de la taille sur plusieurs mesures. [1] [2] Le professionnel tient compte des conditions de mesure, car une balance différente, les vêtements portés ou une maladie aiguë récente peuvent faire varier ponctuellement le poids. [2] Il recherche ensuite des informations sur les repas, les quantités consommées, les difficultés d’alimentation, les vomissements, le transit intestinal et les maladies antérieures de l’enfant. [1] [2] Les antécédents familiaux ainsi que la stabilité sociale, émotionnelle, financière et du logement sont également examinés lorsqu’ils peuvent influencer l’accès à la nourriture ou le déroulement des repas. [1] [2] Chez un jeune nourrisson, l’observation d’une tétée, d’un biberon ou de la préparation du lait peut aider à comprendre la difficulté. [2]
L’examen clinique recherche des signes pouvant orienter vers une affection digestive, cardiaque, respiratoire, endocrinienne, neurologique ou génétique. [2] Il apprécie aussi l’état général de l’enfant, son développement, son tonus, son apparence nutritionnelle et ses interactions avec son entourage. [2] Lorsque l’histoire et l’examen ne révèlent aucun signe préoccupant, une surveillance rapprochée de la croissance après adaptation nutritionnelle peut précéder des examens complémentaires étendus. [2] Des analyses de sang, d’urine ou de selles et des examens d’imagerie peuvent être demandés lorsque la sévérité ou les signes associés font suspecter une cause médicale. [1] [2] Il n’existe donc pas un bilan identique pour tous les enfants, les examens étant choisis en fonction du contexte clinique. [1] [2]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge vise à assurer des apports nutritionnels suffisants tout en traitant la cause médicale, alimentaire ou sociale identifiée. [1] [2] Le programme alimentaire doit être individualisé selon l’âge de l’enfant, ses besoins, ses difficultés d’alimentation et les éventuelles maladies associées. [2] Dans les formes légères à modérées, la prise en charge peut comporter des repas nutritifs et plus riches en énergie donnés à des horaires réguliers. [1] Les modifications de la concentration d’un lait ou l’emploi de compléments nutritionnels doivent être adaptés aux besoins de l’enfant et à ses éventuelles restrictions alimentaires. [2] La prise en charge peut aussi inclure une aide concernant l’allaitement, les techniques d’alimentation, les difficultés comportementales pendant les repas ou l’accès de la famille à une alimentation suffisante. [2] Un retard sévère doit être évalué et pris en charge en milieu hospitalier par une équipe pouvant associer compétences médicales, nutritionnelles et sociales. [1] [2]
Pourquoi le suivi de la croissance est-il important ?
Le suivi consiste à répéter les mesures de poids et de taille afin de vérifier la reprise pondérale et le maintien d’une trajectoire de croissance satisfaisante. [2] La réponse au traitement dépend de la cause du ralentissement, de la possibilité de corriger les apports et de l’efficacité du traitement d’une éventuelle maladie sous-jacente. [2] Une prise en charge précoce des apports insuffisants favorise de meilleurs résultats pour la croissance et le développement à long terme. [2] Sans correction, la dénutrition peut s’aggraver et entraîner notamment une perte de masse musculaire, des carences, une faiblesse musculaire et une plus grande vulnérabilité aux infections. [2] Une sous-alimentation au cours de la première année de vie peut également être associée à des difficultés ultérieures de développement et d’apprentissage. [1]
Dans quelles situations faire évaluer la croissance de l’enfant ?
Une perte de poids, une baisse durable de la trajectoire pondérale ou une croissance qui ne suit plus l’évolution attendue justifient une évaluation médicale. [1] [2] Cette évaluation est également nécessaire lorsque les mesures anormales s’accompagnent de difficultés persistantes pour manger, garder ou digérer les aliments. [1] La courbe de croissance doit être interprétée avec l’état général et les symptômes de l’enfant, car elle ne permet pas à elle seule d’identifier la cause. [1] [2]
Sources et références
[1] Retard de croissance staturo-pondérale chez l’enfant - Santé des enfants - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Failure to Thrive - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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