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Obésité pédiatrique : diagnostic, conséquences et accompagnement

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L’obésité pédiatrique correspond à un excès d’adiposité chez un enfant ou un adolescent, apprécié en tenant compte de la croissance, de l’âge et du sexe. [2] Elle résulte généralement d’interactions complexes entre les prédispositions génétiques, le développement et l’environnement, plutôt que d’une cause unique ou d’un simple manque de volonté. [2] En France, la prise en charge repose sur un dépistage précoce, une évaluation globale de la situation de l’enfant et un accompagnement personnalisé associant sa famille. [1]

Comment le diagnostic est-il évalué chez l’enfant ?

L’indice de masse corporelle, ou IMC, est utilisé comme un indicateur indirect de l’adiposité, mais il ne mesure pas directement la quantité de graisse corporelle. [2] Les seuils numériques fixes employés chez l’adulte ne peuvent pas être appliqués tels quels aux enfants, car les valeurs habituelles de l’IMC évoluent avec l’âge et diffèrent selon le sexe. [2] La Haute Autorité de santé recommande de mesurer l’IMC tout au long de l’enfance et de l’adolescence afin de repérer précocement un surpoids ou une obésité. [1] L’évolution de l’IMC au cours du temps est aussi importante que sa valeur à un moment donné. [1] La mesure de l’IMC et l’analyse de sa trajectoire ne suffisent toutefois pas, à elles seules, à caractériser toute la situation médicale, psychologique et sociale de l’enfant. [1] Lorsque l’IMC paraît discordant avec l’examen clinique, des méthodes plus précises d’évaluation de la composition corporelle peuvent être envisagées dans un cadre médical. [2]

Pourquoi une obésité peut-elle apparaître pendant l’enfance ?

La prédisposition à l’obésité et à ses maladies associées peut commencer pendant la vie intra-utérine, se prolonger pendant la petite enfance et être modifiée par la puberté. [2] Les antécédents familiaux et les trajectoires de croissance observées dans la famille contribuent à apprécier le risque de persistance de l’obésité. [2] Une prise de poids rapide au début de la vie et certaines trajectoires précoces d’IMC sont associées à un risque ultérieur plus élevé de surpoids ou d’obésité. [2] Les habitudes alimentaires, l’activité physique, les comportements sédentaires et le sommeil font partie des éléments susceptibles d’influencer l’adiposité. [2] Les conditions économiques, le quartier, l’accès aux aliments et les possibilités d’activité physique peuvent également peser sur le risque d’obésité. [2] Certains médicaments sont susceptibles de favoriser une prise de poids et doivent donc être recherchés dans l’histoire médicale. [2] Plus rarement, une maladie endocrinienne, une atteinte de l’hypothalamus ou un syndrome génétique peut faire partie d’un tableau associant l’obésité à d’autres signes cliniques. [2] Un ralentissement de la croissance en taille, un retard du développement ou d’autres particularités physiques peuvent orienter l’évaluation vers certaines de ces causes rares. [2]

Quelles conséquences faut-il rechercher ?

L’obésité de l’enfant peut être associée à des complications touchant plusieurs organes, mais leur présence et leur gravité varient d’une personne à l’autre. [2] Les complications métaboliques et cardiovasculaires possibles comprennent notamment l’hypertension artérielle, des anomalies des lipides sanguins et le diabète de type 2. [2] Une maladie du foie liée à l’accumulation de graisse peut également être associée à l’obésité pédiatrique. [2] Des problèmes respiratoires, dont l’apnée obstructive du sommeil, ainsi que certaines complications articulaires ou osseuses peuvent survenir. [2] Chez certaines adolescentes, l’obésité est associée à des troubles des règles ou à un syndrome des ovaires polykystiques. [2] Le retentissement peut aussi être fonctionnel, esthétique, psychologique, social ou scolaire. [1] [2] La stigmatisation liée au poids peut favoriser l’insatisfaction corporelle, l’anxiété, l’isolement, des comportements alimentaires défavorables et une prise de poids supplémentaire. [2] La prévention de cette stigmatisation fait partie intégrante du parcours de soins recommandé en France. [1]

En quoi consiste l’évaluation médicale globale ?

L’évaluation commence par l’histoire de la croissance, les antécédents médicaux et familiaux ainsi que les traitements pris par l’enfant. [2] Elle explore les habitudes alimentaires de l’enfant et de sa famille sans se limiter à un aliment ou à un comportement isolé. [2] Elle prend également en compte l’activité physique à l’école et en dehors, les déplacements quotidiens et les activités sédentaires. [2] L’examen clinique recherche des complications liées au poids et des signes pouvant évoquer une cause particulière de prise de poids. [2] L’évaluation française est multidimensionnelle et examine aussi les difficultés psychologiques, les perturbations de l’alimentation, les troubles des conduites alimentaires et les vulnérabilités sociales. [1] Les examens biologiques ne sont pas nécessairement identiques pour tous les enfants et doivent être prescrits de manière ciblée. [1] Les résultats de cette évaluation permettent d’adapter l’intensité des soins à la complexité de la situation et aux besoins de la famille. [1]

Quels sont les principes de l’accompagnement ?

Un accompagnement doit être proposé dès le diagnostic de surpoids ou d’obésité. [1] Le projet de soins est personnalisé et construit avec l’enfant ou l’adolescent et sa famille. [1] Il vise des changements durables des habitudes de vie grâce à une éducation thérapeutique adaptée à la situation individuelle. [1] La perte de poids n’est pas l’objectif prioritaire dans toutes les situations, sauf notamment lorsque des complications la rendent nécessaire. [1] L’accompagnement porte aussi sur le rapport au corps et sur les difficultés psychologiques, sociales, scolaires ou fonctionnelles. [1] Un suivi régulier faisant intervenir plusieurs professions peut se poursuivre pendant plusieurs années afin d’adapter les soins à l’évolution des besoins. [1] Dans les situations complexes, la prise en charge comprend le traitement des complications, le soulagement des symptômes et, si nécessaire, des adaptations de la vie quotidienne ou de la scolarité. [1] Un séjour en soins de suite et de réadaptation peut être évalué en complément lorsque la complexité de la situation le justifie. [1] À partir du début de l’adolescence, la préparation de la transition vers les soins de l’adulte contribue à préserver la continuité du suivi. [1]

Quelle peut être l’évolution à long terme ?

L’obésité présente pendant l’enfance ou l’adolescence peut persister à l’âge adulte, sans que cette évolution soit inévitable pour chaque enfant. [2] Le risque de persistance augmente avec l’âge de l’enfant et dépend notamment de la trajectoire de croissance et des antécédents familiaux. [2] Un IMC élevé pendant l’enfance est aussi associé à un risque ultérieur accru de diabète et de maladie cardiovasculaire. [2] Le repérage précoce et le suivi dans le temps permettent d’agir sur les habitudes de vie et de rechercher les complications avant qu’elles ne s’aggravent. [1] [2]

Sources et références

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Spécialités médicales concernées

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Chirurgie générale, digestive et de l’obésité
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