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Protéinurie : définition, causes, analyses et suivi

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Protéinurie par ville

La protéinurie correspond à la présence de protéines dans les urines, le plus souvent de l’albumine. [1] Il s’agit d’une anomalie biologique et non d’une maladie unique, car elle peut résulter de plusieurs mécanismes et de nombreuses affections différentes. [1] Elle peut être découverte fortuitement, sans symptôme, ou s’accompagner d’une urine très mousseuse, de gonflements ou d’autres anomalies urinaires. [1] Son interprétation dépend notamment de sa persistance, de la quantité et du type de protéines détectées, des autres résultats urinaires et du contexte médical. [1]

Protéinurie, albuminurie et protéinurie isolée : quelles différences ?

Les reins laissent normalement passer une petite quantité de protéines dans le filtrat, puis les tubules rénaux en réabsorbent une partie. [1] Une protéinurie apparaît lorsque l’excrétion urinaire de protéines dépasse la limite considérée comme normale. [1] L’albuminurie désigne plus précisément la présence d’albumine dans les urines, tandis que la protéinurie peut aussi comprendre d’autres protéines. [1] Une excrétion d’albumine comprise entre 30 et 300 mg par jour est désormais qualifiée d’albuminurie modérément augmentée, anciennement appelée microalbuminurie. [1] La protéinurie est dite isolée lorsque des protéines sont présentes sans autre symptôme ni anomalie urinaire. [1]

Quels sont les principaux mécanismes ?

La protéinurie glomérulaire est liée à une perméabilité accrue des glomérules, les structures rénales qui filtrent le sang. [1] Elle permet à une quantité plus importante de protéines plasmatiques de passer dans le filtrat urinaire. [1] La protéinurie tubulaire survient lorsque les tubules proximaux réabsorbent mal les protéines filtrées, souvent de petites protéines plutôt que de l’albumine. [1] La protéinurie de surcharge apparaît lorsqu’une production excessive de petites protéines dépasse les capacités de réabsorption des tubules. [1] La protéinurie fonctionnelle peut accompagner une fièvre, un effort intense ou certaines situations d’augmentation du débit sanguin rénal. [1] Cette forme fonctionnelle disparaît lorsque le débit sanguin rénal revient à la normale. [1]

La protéinurie orthostatique ou posturale se manifeste surtout pendant les périodes passées debout et diminue pendant le sommeil. [1] Cette forme, particulièrement rencontrée chez l’enfant et l’adolescent, est bénigne et possède un pronostic très favorable. [1] Elle ne nécessite pas d’intervention particulière une fois son caractère orthostatique établi. [1]

Quels signes peuvent accompagner une protéinurie ?

Une concentration élevée de protéines peut rendre l’urine très mousseuse ou écumeuse. [1] Cet aspect ne permet toutefois pas, à lui seul, de déterminer la quantité de protéines ni leur origine, qui sont évaluées par les analyses urinaires. [1] Certaines personnes ne ressentent aucun symptôme, en particulier en l’absence de surcharge en liquide manifeste. [1] Des paupières gonflées au réveil, un gonflement des jambes ou de l’abdomen peuvent traduire une surcharge en liquide ou un faible taux d’albumine dans le sang. [1] Des urines rouges ou brunes, une pression artérielle élevée et d’autres anomalies de l’analyse urinaire peuvent orienter vers une atteinte glomérulaire. [1]

Quelles maladies ou situations peuvent être en cause ?

Les troubles glomérulaires figurent parmi les causes les plus fréquentes de protéinurie. [1] Chez l’adulte, les exemples fréquents comprennent la néphropathie diabétique, la néphropathie membraneuse et la glomérulosclérose segmentaire et focale. [1] Chez l’enfant, la maladie à lésions minimes est notamment rencontrée chez les plus jeunes, tandis que la glomérulosclérose segmentaire et focale est citée chez les enfants plus âgés. [1] D’autres causes comprennent des maladies tubulo-interstitielles, le lupus, la pré-éclampsie, l’amylose, certaines maladies du sang et le myélome multiple. [1] Le contexte recherché comprend aussi une maladie récente avec fièvre, un effort physique intense, une maladie rénale connue, un diabète, une grossesse, une drépanocytose ou un cancer. [1]

Comment une protéinurie est-elle confirmée et interprétée ?

La bandelette urinaire détecte principalement l’albumine. [1] Elle est relativement peu sensible pour repérer une albuminurie modérément augmentée et peut également manquer les petites protéines caractéristiques des formes tubulaires ou de surcharge. [1] Un résultat positif à la bandelette doit être complété par un examen microscopique des urines. [1] L’examen microscopique peut notamment rechercher des globules rouges anormaux ou des cylindres urinaires orientant vers une glomérulonéphrite. [1] La quantité de protéines peut être mesurée sur un recueil d’urines de 24 heures ou estimée par un rapport protéines sur créatinine dans un échantillon d’urine. [1]

Lorsque le reste de l’analyse urinaire est normal, le médecin peut demander un nouveau dosage afin de déterminer si la protéinurie persiste. [1] La disparition de la protéinurie après une fièvre, un effort intense ou l’aggravation d’une insuffisance cardiaque oriente vers une forme fonctionnelle. [1] Une protéinurie persistante justifie des investigations supplémentaires et une consultation en néphrologie. [1] Le bilan peut comprendre une numération sanguine, le dosage de la créatinine, de l’urée, des électrolytes et de la glycémie, ainsi qu’une estimation du débit de filtration glomérulaire. [1] Une échographie ou une tomodensitométrie peut être utilisée pour évaluer la taille des reins. [1] Lorsque les examens non invasifs ne déterminent pas la cause d’un trouble glomérulaire, une biopsie rénale peut être nécessaire. [1]

Comment recherche-t-on une protéinurie orthostatique ?

Chez une personne de moins de 30 ans, une protéinurie orthostatique peut être envisagée. [1] Son diagnostic repose sur deux prélèvements distincts, l’un recueilli pendant la journée et l’autre pendant la nuit. [1] Le diagnostic est confirmé lorsque les protéines dépassent les valeurs normales dans l’échantillon de jour mais restent dans les valeurs normales dans l’échantillon de nuit. [1]

Quels sont le suivi et le principe du traitement ?

La persistance sur plusieurs analyses distingue généralement une protéinurie liée à une maladie rénale d’une élévation transitoire. [1] Une protéinurie importante peut entraîner une perte notable de protéines, notamment lorsqu’elle atteint le niveau dit néphrotique. [1] Lorsqu’elle est provoquée par une maladie rénale, la présence persistante de protéines dans les urines contribue aux lésions rénales. [1] Le traitement de la protéinurie est dirigé contre sa cause plutôt que contre le seul résultat urinaire. [1] Le choix des examens et des soins dépend donc du mécanisme suspecté, des maladies associées et des autres anomalies mises en évidence au cours du bilan. [1]

Sources et références

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