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Albuminurie : définition, mesure et interprétation

L’albuminurie correspond à une quantité excessive d’albumine dans les urines. [1] L’albumine est une protéine du sang que des reins en bonne santé ne laissent normalement passer dans les urines qu’en faible quantité. [1] Une albuminurie peut signaler une atteinte rénale, mais son interprétation nécessite de tenir compte de sa persistance, de la fonction rénale et du contexte médical général. [1] [2]

Pourquoi l’albumine peut-elle apparaître dans les urines ?

Les reins filtrent le sang tout en retenant normalement les protéines comme l’albumine. [1] Lorsque leur barrière de filtration est endommagée, une partie de l’albumine peut passer du sang vers les urines. [1] Le diabète, l’hypertension artérielle, les maladies cardiaques et les antécédents familiaux d’insuffisance rénale sont associés à un risque accru de maladie rénale et justifient de discuter du dépistage avec un professionnel de santé. [1]

L’albuminurie provoque-t-elle des symptômes ?

Une atteinte rénale débutante peut évoluer sans symptôme évident et être découverte lors d’une analyse d’urines. [3] L’absence de manifestation ressentie ne permet donc pas d’exclure une albuminurie ou une atteinte rénale. [3] Inversement, un résultat isolé ne suffit pas à identifier à lui seul une maladie rénale précise. [2]

Comment l’albuminurie est-elle mesurée ?

Le dépistage peut commencer par une bandelette urinaire, dont la couleur change lorsqu’elle détecte de l’albumine. [1] La mesure du rapport albumine-créatinine urinaire, souvent abrégé en RAC ou UACR, permet ensuite d’estimer la quantité d’albumine éliminée en tenant compte de la concentration des urines. [1] [2] Cette analyse est réalisée sur un échantillon recueilli dans un récipient adapté puis examiné sur place ou envoyé au laboratoire. [1] Un prélèvement des premières urines du matin est généralement plus proche de la mesure obtenue sur 24 heures et présente moins de variabilité qu’un échantillon recueilli à un moment quelconque. [2]

Comment interpréter le rapport albumine-créatinine ?

La classification rapportée pour le rapport albumine-créatinine distingue une albuminurie normale à légèrement augmentée en dessous de 30 mg/g, modérément augmentée entre 30 et 299 mg/g, et fortement augmentée à partir de 300 mg/g. [2] Ces catégories facilitent l’évaluation du risque, mais celui-ci évolue de manière continue plutôt que de changer brutalement au franchissement d’un seuil. [2] Une valeur inférieure à 30 mg/g n’exclut pas toute atteinte rénale, car la fonction de filtration peut diminuer alors que le rapport reste dans cette catégorie. [2] À l’inverse, une valeur unique, notamment lorsqu’elle est peu élevée, ne constitue pas automatiquement un diagnostic de maladie rénale chronique. [2]

L’activité physique, l’hydratation, la fièvre, la glycémie et la pression artérielle peuvent faire varier temporairement l’excrétion urinaire d’albumine. [2] La concentration de créatinine urinaire varie aussi avec l’âge, la masse musculaire, la corpulence, l’alimentation et le sexe, ce qui peut modifier le rapport sans refléter exactement la même perte absolue d’albumine. [2] Un résultat anormal ou limite doit donc être confirmé plutôt qu’interprété à partir d’une seule mesure. [2] L’interprétation associe habituellement l’albuminurie à l’estimation du débit de filtration glomérulaire, aux maladies déjà connues et au risque cardiovasculaire global. [2]

Quelle prise en charge peut réduire l’albuminurie ?

La prise en charge ne se déduit pas d’un chiffre isolé : elle dépend notamment de la cause suspectée, du niveau d’albuminurie, de la fonction rénale et des maladies associées. [2] Certains médicaments qui abaissent la pression artérielle, notamment les inhibiteurs de l’enzyme de conversion et les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II, peuvent réduire l’albuminurie dans les situations où ils sont indiqués. [1] [2] Dans le diabète et la maladie rénale chronique, le choix des traitements dépend également du débit de filtration, de la catégorie d’albuminurie, du contrôle glycémique et de l’éventuelle présence d’une insuffisance cardiaque. [2] Un accompagnement diététique peut aider à adapter les apports en sel et en protéines ainsi qu’à rechercher une perte de poids en cas de surpoids. [1]

Pourquoi surveiller l’albuminurie dans le temps ?

La mesure de l’albuminurie contribue au diagnostic et à la surveillance de l’évolution d’une maladie rénale. [1] Une valeur stable ou en diminution peut indiquer que la prise en charge agit, tandis que des mesures répétées décrivent mieux l’évolution qu’un résultat ponctuel. [1] [2] La fréquence des contrôles doit être adaptée au niveau d’albuminurie, à la fonction rénale et aux facteurs de risque individuels. [1] [2]

Sources et références

[1] Albuminuria: Albumin in the Urine - NIDDK

www.niddk.nih.gov · Consulté le 2026-09-11

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